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CHAPITRE PREMIER

Historique de la Station de Barbazan

Barbazan est une des plus vieilles stations des Pyrénées, située dans la haute vallée de la Garonne, adossée aux premiers contreforts des Pyrénées Centrales.

C’est au carrefour de deux vallées, celle de la Barousse et celle de Luchon, sur la rive droite de la Garonne que se rencontre cette station dans une région au-passé lourd d'histoire, puisque c’est à peine à quelques kilomètres de là que les Romains avaient établi une de leurs plus prospères cités, fondée par . Pompée :‘« Lugdunum convenarum » dont les ruines sont de nos jours le signe séculaire de la belle civilisation de ces temps-là.

Nul doute que nos conquérants de jadis connurent cette source. Lugdunum ne comprenait pas moins de 60.000 âmes; une ville de cette importance n’était pas limitée au petit oppidum qu’occupe aujourd’hui Saint-Bertrand de Comminges, mais s’étendait largement dans la plaine; « ce qu’il y a de certain c’est que dans cette plaine couverte aujourd’hui d’une

riche culture, on voit çà et là des pans de murailles romaines » [28].

Du reste des fouilles faites à proximité de la buvette de Barbazan permirent de metire à jour des

armes € remontant à l’époque de Jules-César » [20].

STRABON ne fait-il pas allusion à cette source lorsqu'il dit qu'au cours d’un voyage en Gaule « il a rencontré dans le pays de Convènes une eau admirable, très salutaire à la santé:». «: Aqua ad potum optima » dit CAZAUBON son traducteur [20].

Il faut attendre « le grand siècle » marqué par un essor du thermalisme en France, pour avoir la certitude de l’activité de la station thermale de Barbazan et voir s’ébaucher son histoire écrite.

En septembre 1667, M. de Froidour « grand maitre enquêteur des Eaux et Forêts » dépéché par

Louis XIV dans le Comminges parle de ces eaux :

&« Il existe à Barbazan une fontaine d’eau fort salutaire de laquelle on boiït et en laquelle on se baigne. Au matin elle est un peu tiède et le reste du jour elle n’est ni chaude n1 froide. » [6]

En 1670 Du Clos, Médecin du Roi, entreprend la première analyse et la cite dans ses communications

faites à l’Académie des Sciences en 1670-1671 [14].

Une longue nuit apparaît alors dans r historique de la station et il nous faut attendre plus de cent ans pour entendre parler à nouveau de la source de Barbazan. | R

En 1785, CarRÈRE la classe dans les eaux peu connues [4]. je sr

Survient alors la Révolution, le Seigneur de Barbazan, propriétaire du pré dans lequel coulait la source est dépossédé de ses biens.

Une famille de Saint-Gaudens, les Ebelot, acquiert la source la léguant par succession directe à: la famille Saust de Montréjeau, laquelle vend ses biens aux Descaillaux de Barbazan.

Nous sommes alors au XIX° siècle; si l’empirisme reste encore le grand maître en matière d’hydrologie, nous pouvons dire qu’à partir de ce moment Barbazan devient véritablement une station thermale. .

En 1813, M. de Saint-André publie une deuxième analyse des eaux minérales de Barbazan.

Cette analyse, quoique rudimentaire, présente beaucoup plus de précisions que celle de Du Clos et déjà au cours de ce travail son auteur ébauche certaines données physiques (température, densité) passées sous silence jusqu'alors [32].

En 1837, ParissiEr et BOUTRON parlent de Barbazan [31] et mentionnent certaines observations cliniques du Docteur DuLAc, médecin traitant en renom qui fut considéré comme « l’oracle du pays où il exerça » [11].

De plus en plus les observations médicales vont tendre à préciser les indications cliniques de ces eaux.

… Quelques années plus tard, en 1851 VerDo [39] fait entrevoir les résultats que l’on est en droit d’at- tendre de la pratique thermale et, consacrant un article à Barbazan, il pose les premières indications de ces eaux : « Employées dans les engorgements de

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