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ETUDE CHIMIQUE DES EAUX SULFUREUSES DE DIGNE

Travaux divers

On n'est pas bien d'accord sur l’époque exacte à laquelle furent faits les premiers travaux chimiques sur les eaux minérales de Digne. On retrouve dans les œuvres de Sébastien Richard (1619), de David Tavan de Lautaret (1620), de Gassendi et de Ricavy des renseignements précieux sur la valeur médicale de nos eaux. Bouche et Darluc en parlent dans l'Histoire naturelle de la Provence, et ce fut probablement Clarion pharmacien de Sa Majesté l'Empereur à Saint-Cloud qui trouva pour la première fois à côté du gaz hydrogène sulfuré déjà signalé : le sulfate de magnésie et le sulfate de chaux,

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Les seconds travaux au point de vue chimique, entrepris sur la station, furent les analyses de Chirol pharmacien qui découvrit dans ces eaux à côté du gaz sulfhydrique, des sels de chaux, de magnésie de Clarion : le fer, l'alumine et l’acide carbonique (1809).

En 1812 ‘Laurens fit une étude approfondie sur ces sources minérales; c’est à partir de cette époque seulement que nous pourrons compter sur l’exactitude des résultats.

Il donne les températures de deux sources :

Source des Etuves..... 350 r/2 Réaumur Source Saint-Gille::.." 340 —

Il indiquait que la densité de ces eaux comparée à celle de l’eau distillée offrait peu de différence à l’aréomètre de Beaumé qui lui décelait 3/4 de degré. 11 faisait réagir successivement sur cette eau quelques réactifs et voici ses observations :

« Le sirop de violettes perdait sa couleur bleue et paraissait tourner au vert.

L’acide sulfurique produisait un dégagement de gaz sans depôt de soufre, et une petite quantité d'acide muriatique détruisait l'odeur de l’eau.

Un trouble apparaissait avec l’eau de chaux et les divers flocons formés qui se déposaient lentement étaient attaqués avec effervescence par les acides acétique et sulfurique.

Le prussiate de chaux et l'alcool gallique n'exerçaient sur cette eau aucune action qui devait indiquer la présence du fer.

Il trouvait le muriate magnésien en faisant évaporer dix litres d'eau et traitait les résidus par l'alcool.

Quant au principe sulfureux il l'a reconnu au moyen de l’acétate de plomb, de l'azotate d'argent, des oxy-plombures de soude et de potasse, d’une solution d'hyperoxymuriate mercuriel qui faisaient naître des précipités dont la couleur était brune.

Voici en résumé sa manière d'opérer pour les analyses.

Dosage de l'hydrogène sulfuré. — 11 chauftait dans une cornue un kilog. d’eau à son issue dela source et recevait les gaz dans une dissolution d’acétate de plomb avec un excès d’acide acétique.

Résultat: «Un kil. de cette eau fournissait la quantité d'hydrogène sulfuré, nécessaire à la formation de deux grains d’hydrosulfure de plomb oxydé. Dixneuf grains de cette dernière substance devant correspondre à 10 pouces cubiques d'hydrogène sulfuré, il en concluait qu'il existait dans l’eau minérale un pouce cubique de ce dernier gaz ».

I1 traitait ensuite ces eaux par le muriatede baryte qui les louchissait instantanément et donnaitun produit que l'acide nitrique ne dissolvait pas.

L'oxalate d’ammoniaque lui décelait très sensiblement la présence de la chaux.

Pour l'appréciation des substances salines il faisait évaporer dix litres d’eau et constatait que l'eau évaporée pendant une heure sous-l’action du calorique, exhalait une odeur d'hydrogène suifuré et qu’elle se

Ro troublait légèrement avec formation d’une mince pellicule.

Voici les divers résultats de ses analyses sur 10 litres d'eau :

Gaz hydrogène sulfure,2 Dix pouces cubiques Muviare magnésien "7 D Sans Lo )dlec. 0 DHHATeNIAONESIOM re 2 FD Du 0) SUITE CRSOUAE PTE DE 20 5 Murrate dehsoude re ir ete 8 » 5 Carbonéte calcaire eme I » D Q Carbonate magnésien....... One 9 » 0 Sulfate dé chat Pen Fe 2 0

I ajoutait : « Les eaux de Digne entrainent plusieurs flocons glaireux que leurs propriétés rapprochent des matières animales,les flocons qui s'y trouvent susdendus en plus où moins grande quantité existent abondamment sur le sol des bains et tapissent les parois des divers conduits qui reçoivent les eaux minérales ».

Ces résultats ne doivent pas être considérés comme entièrement exacts, étant donné les moyens très simples mis en usage pour faire les analyses, mais en fournissant un aperçu des travaux de Laurens il nous a paru utile de faire connaître les résultats obtenus.

Bardel quelque temps après Laurens, publia un mémoire sur la topographie médicale de Digne et sur ses eaux thermales, avec des observations sur leur situation et leurs propriétés médicinales,

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Plus tard en 1834, Melchior Yvan nous donna divers degrès de température pris à différentes époques, laissant soupçonner un travail que nous n'avons pu nous procurer.

Une observation qui lui est personnelle et dont le principe se rapproche des théories actuelles sur la minéralisation des eaux sulfureuses accidentelles est que : « Ces eaux ne prennent point leur source dans les profondeurs de la terre, dans des lieux très rapprochés du foyer incandescent, mais bien surgissent des couches les plus supérieures et que leur calorification est due à des réactions chimiques telles que celles qui se passent sous nos yeux lorsqu'on projette de l’eau sur la chaux vive etc..».

Après Melchior Yvan, les eaux de Digne passèrent sept ans sans être visitées par des chimistes ; en 1841 M. A. Boursier fit un essai sur la quantité de gaz acide sulfhydrique contenu dans les eaux de Digne d'après la méthode de M. Alphonse Dupasquier professeur de chimie à Lyon.

En juillet 1842, M: Eugène Bouvard. venu de Paris avec des instruments qui devaient servir aux observations sur l'état atmosphérique pendant l'éclipse prit le degré de température des eaux et voici les chiffres obtenus:

Soutcendes ITU VES ed. dus 429 °G DOHeS De Gilles. Ten... 40° DOUIDÉ GES ANETEUS. eut un ee 1708 DOULIENOITC DANTE. eue. ce 40° 9 Baignoire St%Henri.. 2007. "0n Se bars) BaignorrebSt-Augustin.l....u.. "30

Henry publia, eu 1855 et 1856 un mémoire sur les eaux minérales de Digne, et son travail fut le sujet de notes et de rapports à l’Académie de Médecine.

En 1879, le docteur Rebory, dans un rapport au Conseil départemental d'Hygiène et de Salubrité des Basses-Alpes (séance du 17 novembre), donna le compte rendu d'un travail du DrLagrange qui attribuait aux eaux de Digne pour agent de minéralisation, le sulfure de calcium auquel il joignait une proportion considérable d'hydrogène sulfuré libre:

Ce fut quelques années après, en 1886, que parut une étude historique sur les bains thermaux d'un de nos compatriotes, M. J. Arnoux professeur, puis inspecteur d'Académie à Digne. Ce travail est pré: cieux pour l'histoire de nos eaux.

C’est à lui que nous renvoyons le lecteur pour la partie historique.

C'est enfin en 1889 que parut l'analyse faite par le savant professeur M. Wilm. Là est le premier travail chimique exécuté d'après les procédés actuels; dans ce travail malheureusement trop court, sont indiquées, avec une exactitude parfaite les quantités de matières salines contenues dans les eaux de différentes sources. Nous donnons ci-dessous l'analyse des trois sources : Etuves, Saint-Augustin, Saint- Henri de cet auteur.

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