‹ Contribution à l'Étude des Eaux sulfurreuses de DigneChapitre 12 sur 20 · EAUX THERMALES DE DIGNE · texte numérisé non relu

EAUX THERMALES DE DIGNE

Analyse de 1889 par Willm

Acide carbonique des bicarbonates.…. .

te tels haies ets

Carbonate de Calcium

nie 9e 0e dore ea «

de Magnésium

Hyposulfite de Sodinm

Chlorure de Sodium

CRC

Jodure de Sodium

de ptoassium,. ..... Rte

de calcium

Silice

Oxyde ferrique et phosphate... .....

Acide borique

NAN EE ge ee MTL LOL RS ARE

Ammoniaque..... es te

Matière organique

+ fee) @ etere ste slatets

Poids du résidu à 1800

ts

See ne Sie Rae |

£t-Heori 36° 5

Og1858

non dosé

051800 0 0262 0 0022 2 41303 traces

traces

traces

traces

traces

SOURCES | Etuves | St-Augustin 43° 35 à 37° 081857 | 051780 0 0175 | O0 0184 0 0005 0 0003 051797 | 0g1720 0 0263 | 0 0252 0 0044 0 C087 2 5100 | 2 4763 0 0008 traces traces traces 0 7608 | 0 7388 } 0 1623 | 0 1596 \ 0 6227 0 6478 0 3526 |. 0 3704 Es 0 0150 0 0007 \ ‘ {races traces traces à peine sensibles traces traces traces traces 456350 | 426138 4 6447 4 6332

Dans les pages précédentes, nous nous sommes attaché à exposer l'état actuel de la question au point de vue chimique.

Il semble à priori que les eaux de Digne ne présentaient pour le chimiste qu'un intérêt secondaire, la question paraissait épuisée ; cependant, en y regardant de près nous remarquons que l'analyse minérale présente quelques lacunes.

* Tout d’abord nous dirons, que les eaux de Digne appartiennent à la classe des eaux sulfureuses accidentelles; l'hydrogène sulfuré est donc ici le résultat direct et plus probablement indirect de la vie microbienne et anaérobie; son origine ne semble présenter aucun doute; il résulte de la réduction du sulfaté calcique emprunté aux formations géologiques que l’eau a traversées. |

Cette formation géologique ne peut être que le trias, si nous remarquons d'une part la présence dans l’eau, d'une quantité très notable de NaCI et de SofCa, d'autre part que le trias est le gîte habituel de ces deux combinaisons.

D’après son origine le trias contient toujours un peu de matières organiques et c'est à la décomposition ou la fermentation de ce reste de la vie qu'il convient d'attribuer la formation de sulfure de calcium d’abord et ultérieurement d'hydrogène sulfuré par suite de l’action de l’acide carbonique sur ce sulfure.

Les eaux minérales sulfureuses proprement dites qui forment la presque totalité des sources de la chaine pyrénéenne et que Fontan classait dans

le groupe des eaux sulfureuses primitives ou naturelles, ne renferment que peu ou point d'acide carbonique libre; aussi à l'émergence constate-t-on très facilement la présence d'un sulfure ou tout au moins d’un ion calcium maintenu en charge par un ion soufre.

En ce qui concerne les eaux de Digne ce fait ne se produit pas, l'acide carbonique décomposant les sulfures, 11 en résulte que ces eaux comme la presque totalité des eaux sulfureuses accidentelles sont minéralisées par l'hydrogène sulfuré.

Toutefois l'acide carbonique et l'hydrogène sulfuré étant rangés dans ce que l’on est convenu d’appeler les acides faibles, on conçoit que la décomposition du sulfure de calcium initial soit sous la dépendance de la proportion d'acide carbonique, et c'est ainsi que nous pensons que l'eau de Digne contient du sulfure de calcium. Sans insister sur ce sujet, qui en somme nest pas à sa place et que nous retrouverons ultérieurement, nous terminerons cette courte vue d'ensemble par l'indication des principaux points de notre travail.

Tout d'abord, nous exposerons Îles propriétés physiques des eaux de Digne, puis l’analysé; c'est au cours de cet exposé que nous présenterons quelques considérations sur la sulfuration de ces eaux et les formes sous lesquelles le soufre peut s'y rencontrer.

Enfin nous étudierons les sulfuraires, tant au point de vue microscopique que fonction chimique, et nous verrons qu’elles appartiennent à deux genres de Beggiatoacées.

PR

Propriétés Physiques et Chimiques des Eaux minérales de Digne

Les eaux thermales de Digne, captées plus ou moins complètement, forment un ensemble d'eaux sulfureuses paraissant avoir la même origine; par suite de trajets différents elles subissent quelques modifications dans la température initiale et la teneur en principe sulfureux. Toutes ces eaux sont à l'émergence incolores, au contact de l'air elles ne subissent pas le phénomène du blanchiment.

Leur odeur rappelle faiblement celle de l’hyärogène sulfuré, elle est due à la mise en liberté de ce gaz par l'acide carbonique de l'air. Le débit varie avec les saisons et les conditions climatériques de l'année; il s’en suit que la densité est également variable d’une année à l’autre; nous ne possédons pas de détermination de cette densité nous permettant de constater les limites maxima et minima entre lesquelles elle varie.

L'air, la lumière favorisent dans une large mesure la disparition de l'hydrogène sulfuré, Cette action est manifeste au point d'émergence dans la source des Etuvés. C'est ainsi que dans le réservoir des étuves naturelles, creusées dans le rocher, nous percevons à la surface du liquide une pellicule blanchâtre, composée en grande partie de sulfate de chaux, de carbonate de chaux, de soufre et d’une matière organisée ; l’eau qui contient en solution de l'hydrogène sulfuré abandonne à l'air une certaine quantité de ce gaz, l'oxygène réagissant sur cet acide

ni.

sulfhydrique fournit de l'eauetdel'acidesulfurique et, cet acide rencontrant la roche qui forme la voûte de ces étuves, donne le sulfate de chaux qui tapisse complètement leurs parois. Dans cette transformation les beggiatoacées semblent jouer un rôle prépondérant; on sait qu'elles absorbent le soufre, lemmagasinent et le rejettent sous la forme de SOTH?, mais cet acide, rencontrant du Co? Ca donne du Sof Ca au dépend de H?S.

Parmi les propriétés les plus curieuses non encore constatées, qu'offrent ces eaux, il en est une sur laquelle nous désirons appeler non seulement l’attention des chimistes, mais aussi celle des médecins appelés à traiter les diverses affections qui relèvent du traitement sulfureux de Digne.

Les eaux des Etuves arrivent au fond de la voûte naturelle par une faille, viennent se réunir dans un bassin déjà en contact avec l'atmosphère ambiante, sa surface est occupée par une abondante végétation de Beggiatoacées,englobées dans du sulfate calcique.

De ce bassin part un tuyau de plomb qui dirige l'eau à l'extérieur et sert à l'alimentation des baignoires : Les Vertus, St-Georges et St-Louis.

D'après la disposition de la canalisation il semblerait que l'eau puisée au tuyau d'alimentation de chacune des baignoires dût avoir une composition identique; or l'analyse prouvele contraire; le dosage du principe sulfureux total varie comme nous pourrons nous en rendre compte dans les tableaux suivants ; et nous arrivons àcette conclusion que; durant le trajet cependant très court une transformation

= O0 + profonde survient qui change la nature de la minéralisation, introduit des composés nouveaux et aboutit à une série d'eaux applicables à des cas différents.

En effet, il est bien connu que dans les Pyrénées, les eaux sulfureuses qui ont eu directement ou indirectement lecontactde l'air contiennent des hyposulfites et que les propriétés thérapeutiques des unes sont différentes de celles des autres; 1l s'en suit que des faits semblables se reproduisant pour l’eau des baignoires, chacune d'elles doit avoir une indication thérapeutique spéciale.

Cette particularité non encore signalée, et que nous avons observée comme conséquence de nos dosages soigneusement faits d'hydrogène sulfuré, comporte d’autres recherches.

Si la radio-activité d’une eau est fonction de cette même eau en azote et en même temps qu'une richesse relativement minime en oxygène et acide carbonique ainsi qu'on l’observe pour les eaux radio-actives, il s en suit que dans ces diverses baiïgnoires l'eau doit avoir une radio-activité différente pour chacune d'elle, de là la variété d'indication que nous avons signalée. |

Dans cette thèse, nous ne voulous parler que des différences en H°S, nous réservant, pour un travail plus approfondi sur la détermination de la radioactivité de ces eaux.

Température des Eaux

Des observations faites jusqu'ici sur les degrés de thermalité des eaux de Digne, il résulte que le ther-

y — Ji —

momèêtre donne des indications variant suivant la Saison, et souvent aussi suivant les observateurs.

Nous avons remarqué fré juemment que les indications fournies par le thermomètre étaient variables.

Mais des changements très appréciables se sont produits dans les sources de Digne depuis que, pour la première fois elles furent examinées par Laurens.

Le tableau suivant, dans lequel nous inscrivons les résultats obtenus par plusieurs chimistes va donner une idée exacte de ces variations.

TES ; \ a For TEMPÉRATURES rene de Etiyes uit | 35° 5 Resumur Ü 440 4 Centigr. Laurens 1812 ET a Ce 420 — E. Bouvard 1842 ne AR Te 4To — Annuaire 1853 ie da 430 — Willm 1889 2. 340 Réaumur ren 420 5 Centig. Laurens 1812 TT 400 — E. Bouvard 1842 Mic 410 — Annuaire 1853 Pre 35 à 370 — Willm 1889 SÉHenreere 380 9 C Bouvard 1842 » 36€ Annuaire 1853 » 360 5 C Wilm 1889 St-Augustin .. . | 399 4 C E. Bouvard 1842 » TOC Wilm 1889 Versace 310 1 E. Bouvard 1842 ) é SORT Annuaire À 1853 » Do TC Wilm 1889

On peut constater, d'après ce tableau une variation très nette dans lestempératures de certaines sources,

ES puisque nous trouvons d’un côté une augmentation maximum de 30 Cet de l'autre une perte maximum de 50 C.

Il sera très intérssant de renouveler ces observations de température lorsque ces sources seront captées d’une manière convenable, pour se rendre compte si onn'arrive pas à des résultats différents des précédents.

Nous allons donner dans un tableau comparatif les températures que nous avons observées à des époques et des saisons différentes,

NOMS ANNÉE des Sources de l'observation

» 1907 Vertus 1900 Source

l'extérieur de l'établissement 1907

Comme on le voit, les résultats obtenus varient de l'hiver à l'été. Les sources étant malcaptées en géné.

ral, ces résultats ne doivent pas être regardés comme rigoureusement exacts, mais nous croyons que pour lessources des Etuves, Saint-Augustinet Saint-Gilles, la vérité est bien approchée.

Sulfuration des Eaux

Le principe sulfuré de ces eaux provient de la réduction du sulfate calcique et cette réduction se produit sous l'influence de plusieurs agents, les uns biologiques, les autres chimiques.

La fermentation de la cellulose ou d'un hydrate de carbone plus ou moins transformé donne en milieu alcalin et anaérobie du glucose qui devient de l'acide lactique puis de l'acide butyrique, d’après l'équation:

(1) 2 (C3 H6 O3) — Ci H8 O2 + 2 CO? + 2 H2 Acide lactique Acide butyrique.

L'hydrogène réagit ensuite sur le sulfate calcique. (2) SO! Ca + 4 H? — 4 H?20 + Cas GC NO CHOC TILS

Ce qui explique la présence simultanée de Cas, H? $ et CO® dans les eaux.

De même par voie chimique le sulfate de calcium peut être réduit par le forméne qui prend naissance, soit par fermentation lente, soit par décomposition dans les terrains carbonifères et tourbeux des débris végétaux, d’après l'équation:

(1) SO Ca + CH4 = Ca S + CO? + H20 (2) Ca S COL H?0 — COS Ca + H9S.

D'ou formation de sulfure de calcium et transfor-

mation de ce sulfure en hydrogène sulfuré libre,

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