RÉSIDU FIXE
L'étude des variations du résidu fixe de l'urine dans la tuberculose pulmonaire a fait l'objet d’un autre mémoire de M. Robin (1), qui a dosé les matériaux solides dans leur ensemble, puis séparément les matériaux organiques et les matériaux inorganiques. Les résultats fournis par ces analyses chez les tuberculeux aux diverses périodes, étant extrèmement variables, ne peuvent être présentés dans un tableau d'ensemble et doivent être interprétés en tenant compte de “divers facteurs, dont le plus important est l’augmentation ou Ja diminution du poids des malades. M. Robin est ainsi arrivé à établir un certain nombre de conclusions dont nous rappelons ici les plus importantes.
« Tout tuberculeux chez lequel les matériaux solides tombent au-dessous de 30 grammes (au lieu de la moyenne qui est de 45 à 50) arrive à la période cachectique.
« Chez les tuberculeux au début, n'ayant ni fièvre ni diarrhée, ni vomissement, ni sueurs abondantes, l’augmentation des matériaux solides indique une suractivité fonctionnelle de bon augure.
« Dans les mêmes conditions, les matériaux solides peuvent être inférieurs à 80, et cependant d’un bon pronostic si le malade augmente de poids.
« Les hémoptysies abaïissent les matériaux solides pendant plusieurs jours.
« La diminution graduelle des matériaux solides indique une aggravation de la phtisie.
« Les complications (tuberculose aigue, méningite, pneu-
(1) In Archives générales de Médecine, Avril 1895.
monie) survenant à la troisième période, abaissent les matériaux solides.
D'autre part, la considération du rapport des matériaux inorganiques MI aux matériaux solides MS, c’est à-dire l'étude du coefficient de déminéralisation, ou rapport MI: MS, a conduit M. Robiu à cette conclusion, que ce coefficient est plus élevé aux premières périodes de la phtisie qu'aux phases ultimes. La valeur maxima atteinte par le coefficient de déminéralisation a été en effet :
A Ja 1" période : de 44,7 à 48,9 0/0 sn = 42,4 0/0 HS 31,2 0/0 Il y a donc une déminéralisation organique dans la pre-
mière période de la tuberculose, peut être même avant l’invasion bacillaire,
URÉE
Ses variations au cours de la tuberculose pulmonaire ont fait, depuis environ cinquante ans, l’objet de très nombreuses recherches, qui n’ont cependant pas encore complètement élucidé la question dans tous ses détails. Tous les auteurs, à la vérité, ont trouvé la quantité de l’urée toujours bien descendue au-dessous de la normale dans les périodes avancées de la tuberculose.
Munot (1), à la première période de la tuberculose, a trouvé comme moyenne de l’urée, en 24 heures, 95,5%; à la deuxième période, 9 grammes ; à la troisième, 8 grammes.
Sur 14 malades, Chrétien (2) a trouvé dix fois l’urée des 24 heures inférieure à 20 grammes (19, 17,12, 11, 7 et même 4 gr.) et quatre fois seulement supérieure à 20 grammes (21, 21 et 26 gr.)
(1) Munor : Th. de Paris, 1881: Contribution à l'étude de l'élimination de l’urée dans la phlisie pulmonaire.
(2) CHRÉTIEN : Th. de Paris, 1895.
Mer: + eu
Audiganne (1), comme moyenne d'élimination d’urée chez
50 femmes atteintes de tuberculose aux divers degrés, a
trouvé 14#,50. Prenant 20 grammes comme minimum de l'excrétion normale de l’urée chez la femme, l’auteur ne trouve que 24 0/0 de ses malades à atteindre ou à dépasser ce chiffre, la moyenne générale de 144,50 ne représentant que 72 0/0 du chiffre normal.
Tous les traités classiques enregistrent aussi, au cours de la phüsie, une diminution progressive de l’urée « qui tombe aux chiffres de 10#,8 et même 6 grammes et audessous (2). »
Par contre, les auteurs se trouvent encore aujourd’hui divisés sur la question de la proportion de l’urée au début de la tuberculose : « Andral, Williams, Lebert et Munot admettent que l’hyperthermie symptomatique de la première période produit une diminution de l’urée » (3). Audiganne (4) dresse le tableau suivant qui concerne 17 femmes atteintes de tuberculose au premier degré :
Élimination normale de l'urée chez la femme : 20 à 28 grammes par 24 heures.
Urines contenant plus de 28 grammes... . . . . . 0