VOLUME DES URINES
Les variations de la quantité des urines au cours de la tuberculose ont été principalement étudiées par M. Robin (1). D'après cet auteur, « dans la tuberculose chronique, surtout aux premières périodes, la quantité d'urine tend plutôt à augmenter qu'à diminuer. Plus tard, malgré les pertes liquides auxquelles les sueurs, la fièvre, la diarrhée, l’expectoration soumettent les malades, cette quantité d'urine diminue moins qu'on ne le penserait au premier abord ». Par suite, la quantité d’urine légèrement augmentée dans la première période de la phtisie, est normale dans la seconde et diminuée dans la troisième. Mais, à chacune de ces périodes, un certain nombre de malades s’écartent notablement de la règle générale, et ces exceplions se font le plus souvent du
(1) ROBIN : Études cliniques sur la nutrition dans la tuberculose pulmonaire, (Archives générales de Medecine, Mai et Juin 1894.)
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côté de la polyurie. M. Robin a en effet trouvé, dans la tuberculose :
A Ja 4re période : 48.7 polyuriques pour 100 tuberculeux. : 25.9 — — —
9me 5 en to 100 + à : -
Les causes de la polyurie chez les tuberculeux sont nombreuses et de divers ordres. Il convient d'abord de mettre à part les polyuries transitoires, comme celles qui tiennent au régime, en particulier au régime lacté; ou celles qui s’établissent pour quelques jours, à la suite de la suppression de déperditions liquides pathologiques, comme la diarrhée, les vomissements, les sueurs ou une expecioration très abondante. La polyurie chez les diabétiques devenus secondairement tuberculeux ne doit pas non plus entrer en ligne de compte, car elle appartient manifestement plus au diabète antérieur qu’à la tuberculose.
Ces réserves faites, M. Robin assigne comme principales causes : à la polyurie du début de la phtisie, la phosphaturie, et à celles des périodes plus avancées, les lésions rénales (néphrite caséeuse, néphrite mixte, dégénérescence amyloiïde). Mais beaucoup de polyuries chez les tuberculeux ne peuvent rentrer clans les catégories précédentes, et sont rangées dans le groupe d’attente des polyuries dites simples. De ce groupe, M. Robin s’est attaché à distraire de nombreux cas de polyurie prétuberculeuse, qui est quelquefois phosphaturique, mais le plus souvent simplement hydrurique, et qui traduit dans certains cas, avant tout autre désordre des divers appareils, la première réaction de l’organisme contre le bacille tuberculeux ou ses toxines.
L'oligurie, chez les tuberculeux, peut reconnaitre comme la polyurie des causes accidentelles, les urines diminuent de quantité, quand les sueurs nocturnes, les vomissements ou la-diarrhée apparaissent. Les causes habituelles de l’oligurie
permanente sont la fièvre, les complications inflammatoires, la tuberculose aiguë et l'hémoptysie.
Quant à l’anurie, surtout totale, elle est exceptionnelle.