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< Quand on inocule le bacille pyocyanique, dit Charrin, on détermine de la fièvre, de l’entérite, de l’albuminurie, des paralysies, des hémorragies. Or, en introduisant non plus ce bacille mais ses sécrétions, j'ai, le premier, reproduit non un symptôme, non une lésion, inais l’ensemble des symptômes, des lésions qui caractérisent le mal; et même parmi ces symptômes, il en est un, la paralysie spasmodique, qui apparaît à titre de signe pathognomonique. La démonstration péremptoire était donnée ; les réactions cellulaires, au cours des infections, sont occasionnées par les toxines » (1).
Le processus infectieux doit donc être assimilé à une intoxication ; c’est par les matières solubles qu’ils sécrètent, que les microbes agissent et arrivent à nuire à l'organisme.
En ce qui concerne la tuberculose, les matières sécrétées par le bacille de Koch nous sont maintenant bien connues, depuis les recherches de Hammerschlag, Zuelzer, Crookshank et Herroun. Ces auteurs, en opérant soit sur des cultures, soit sur des toxines tuberculeuses, ont pu isoler dans les poisons tuberculeux une matière albuminoïde, une ptomaïne et une peptone qui ont chacune une action déterminée. L’injection de ces substances sous la peau du cobaye sain détermine localement des foyers de nécrose, puis des adénopathies douloureuses, des perturbations thermiques, de la dypsnée, de l’exophtalmie et des foyers hémorragiques sur diverses muqueuses. Ces phénomènes ne laissent aucun doute sur l’activité de la tuberculine, dont les eflets chez l’homme même ont été, du reste, bien souvent constatés.
En outre, au moins dans les cas avancés, la tuberculose pulmonaire demeure rarement pure; en dehors du bacille de Koch, les cavernes renferment en effet de nombreuses espèces de microbes et il y a là, comme le dit Le Noir (2), une nouvelle source de produits toxiques d’origine bactérienne.
(1) CHarrin : Trailé de Médecine, 2»° Éd., Tome I, p. 146. (2) Le Norr : Thèse de Paris, 1890.