CAS
lement susceptibles d'application pratique (1) et nous retiendrons seulement ici celles qui reposent sur l’étude biologique et chimique des sécrétions et des excrétions, devant même nous limiter à l’étude des sécrétions et des excrétions externes, puisqu'il n’existe pas, à notre connaissance, de méthode directe, qui puisse nous renseigner sur le produit des sécrétions internes, telles que les sucs thyroïdien, surrénal, pituitaire, orchitique ou ovarien. De plus, comme le dosage de ce qui est éliminé par la peau et l’intestin est difficile à pratiquer, et n’a donné jusqu'ici que peu de résultais, il nous sera permis de le négliger, pour nous attacher plus particulièrement à l’étude des éliminations par les poumons et par les reins chez les tuberculeux.
La capacité respiratoire du poumon est diminuée dès le début de la tuberculose et la diminution s’accentue progressivement avec le développement des lésions pulmonaires. Par suite la quantité d'oxygène absorbée diminue aussi progressivement et finit par devenir insuffisante. Pourtant, au début, la quantité d’oxygène introduite dans les poumons peut demeurer suffisante, car la diminution du champ respiratoire se trouve compensée par une polypnée manifeste ; à la dernière période, Quinquaud a même observé la persistance de ce phénomène de suppléance, et trouvé la quantité d'oxygène absorbée supérieure à la normale; il est probable pourtant que ces faits sont exceptionnels.
Les troubles de l’exhalation de l’acide carbonique dans la tuberculose ont été étudiés d’abord par Regnard qui trouva la AU de CO? diminuée. Quinquaud, au contraire, admet qu’à la troisième période, souvent à la deuxième, et parfois même dès le début, l’exhalation de C0? par kilogramme de poids et par heure est augmentée, même en dehors de la fièvre. Plus rarement, avec de la fièvre, la quantité de CO?
(1) Cf. Boucxarp : La Calorimétrie appliquée à l'étude de la nutrition, Path. (gén. Tome-III, p, 262).
serait égale ou à peine supérieure à la normale. Tant que le tuberculeux n’exhale que 0£',65 de CO? par kilogramme et par heure, le pronostie n’est pas trop défavorable; mais il devient mauvais si l’exhalation monte à 05,80, et il est fatal dans l'espace de quelques mois, si le dernier chiffre est dépassé d’une manière régulière (Quinquaud).
M. Bouchard, pour mesurer la quantité du sucre et de la graisse élaborés, a entrepris aussi des recherches laborieuses sur la consommation de l'oxygène et l'élimination de l’acide carbonique. Par un appareil très ingénieux, il est arrivé à recueillir complètement les produits de la respiration (vapeur d'eau et acide carbonique) et à doser l'oxygène consommé dans un temps déterminé. Le procédé de M. Bouchard n’a pas été, du moins à notre connaissance, appliqué à l’étude des échanges gazeux et par suile de l'élaboration du sucre et de la graisse chez les tuberculeux.
De toutes les mesures qui peuvent nous servir pour étudier les manifestations de l’activité nutritive, « une est encore impossible, dit M. Bouchard, c’est la calorimétrie directe; une autre est rendue difficile par l’imperfection de la technique, c'est l’analyse des échanges respiratoires ; une seule, relativement longue et délicate, est actuellement acceptée ou subie, c’est l'analyse des urines. »
Si donc, de tous les moyens dont nous disposons pour apprécier les diverses phases de la nutrition, normale ou pathologique, la méthode de beaucoup la plus simple, et pouvant rendre par suite le plus de services est l’analyse des urines, on conçoit facilement que les recherches urologiques appliquées à la tuberculose soient fort nombreuses. Entreprises depuis très longtemps déjà, ces recherches ont largegement profité des acquisitions nouvelles de la science et ont vu ainsi leur champ d’action considérablement agrandi dans ces dernières années.