ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Les diverses pièces que l’on a pu examiner se rapportent à des tumeurs de siège et de nature variables.
Pour en comprendre les différentes formes, il nous parait nécessaire de faire un rapide résumé d'anatomie normale. |
La mamelle se compose essentiellement de trois parlies : 1° une partie glanduleuse, la glande mammaire proprement dite; 2 une enveloppe cellulo-graisseuse ; 3° une enveloppe cutanée.
La glande mammaire est une glande en grappe qui se compose d’un certain nombre de lobes (12 à 20); ces Jobes se subdivisent en lobules, et ceux-ci en acini. Les acini constituent le tissu noble de la glande, lorgane sécréteur. [ls forment de petites masses sphériques ou piriformes dont les dimensions sont de 130 à 1950 ». Chacun d'eux s'ouvre dans un canal excréteur.
Au point de vue de l'anatomie microscopique, l’acinus comprend un revétement interne formé d'une seule rangée de cellules épithéliales aplaties, pavimenteuses, et portant à leur centre un noyau arrondi ou ovoïde : c’est à ces cel- Jules qu'est dévolu le rôle de la sécrétion lactée. Cette
an
couche épithéliale est entourée d’une couche très mince et hyaline qui est elle-même environnée de tissu conjonctif. |
Le canal exeréteur de l'acinus se réunit à des Canaux aciniens semblables pour former un canal lobulaire ; puis, tous les canaux lobulaires forment en s'abouchant les uns dans les autres un conduit plus volumineux répondant à un lobe entier de la glande: c'est un canal galactophore. On en comple autant que de lobes, soit 12 à 20. Chacun de ces canaux galactophores vient déboucher isolément à la surface du mamelon sans s’anastomoser avec ses congénères. Sappey a formellement établi leur indépendance réciproque. Un peu avant d’ atteindre le mame- Jon, chacun d’eux présente une dilatation fusiforme de D à8 millimètres de diamètre ; c'est l'ampoule ou le sinus galactophore.
La paroi de tous les canaux excréteurs diffère de celle des acini par sa structure. Elle comprend une couche interne constituée par des cellules épithéhiales cylindriques reposant sur une basale très mince et une couche externe conjonctivo-élastique.
Ces quelques données d'anatomie normale permettent de comprendre l'anatomie pathologique des lésions pouÿant entraîner des écoulements séro-hématiques.
Get écoulement se rencontre dans le cancer, le sarcome, dans le fibro-adénome, mais il est surtout fréquent dans les tumeurs épithéliales développées aux dépens des canaux galactophores. Frédérick Trèves fait très Justement remarquer que, dans le cancer acineux ordinaire du sein, les écoulements par le mamelon sont très rares et qu'ils sont au contraire fréquents et presque caractéristiques dans le cancer des canaux galacto-
phores
ue si | |
Presque toujours 0: on se trouve en présence de Lumeuis villeuses des conduits mammaires, qui ont été désignées sous des noms s mulliples. a |
Brodie les dénomme: séro- cyslic- ne Coyne et Labbé les appellent ? épithéliomas egean ae en c’est le cancroïde glandulaire de Rindfleisch. En France, on les désigne plus communément sous le nom .d’épithéliomas dendritiques. :
- Ainsi que le fait remarquer Roger Williams, cès déno- .minations mullüples prêtent à la confusion, et il vaut mieux cistinguer Je papillome villeux bénin ét le cancer tubulaire.
Ces papillomes villeux siègent surtout dans le sinus des canaux galactophores. Ce sont de petites tumeurs du volume d’un pois, unies à la paroi par un pédicule mince et présentant des villosités très longues, très fines et très vasculaires. Elles saignent facilement et ainsi s'expliquent les hémorragies |
Au niveau de la tumeur il n’est pas rare de trouver un élargissement des-conduits galactophores ; cette dilatation peut donner à l’ampoule le volume d'une noisette ou d’un petit œuf.
Il y a formation d’un véritable kyste. La paroi de ces kystes est d'épaisseur variable, elle est souvent colorée en noir par Plinfiltration sanguine (Braquehaye et Binaud). Leur face interne est lissé ou recouverte par des végétations. Ces végétalions sont formées de troncs divisés en longues papilles qui se subdivisent elles-mêmes en de fins filamernts terminés par des extrémités Hibres ou renflées (Corril et Ranvier).
: La surface de ces productions papillomateuses est quelquefois grauleuse ; dans certains cas elle est veloutée. Leur coloration varie du rouge vif au noir. Elle
near flotte dans un liquide séro-hématique où l’on trouve des débris cellulaires, des globules sanguins allérés, ete.
Il peut n'exister qu'un papillome villeux, mais présque toujours les papillomes sont multiples. On peut en trou-
ver plusieurs dans un seul sinus, mais ordinairement il en existe un seul dans plusieurs canaux galactophores. La tumeur qui résulte alors de la congloméraltion de ces papillomes présente le volume d'une mandarine ou même d'une orange.
L'examen microscopique des tumeurs villeuses montre que chacune des villosités se compose d’un axe connectif très riche en vaisseaux el recouvert d’une ou de deux
couches de cellules épithéliales cubiques ou cylindriques avec des éléments épithéliaux subissant la dégéné-
rescence graisseuse.
L'évolution de ces productions néoplasiques est variable. Habituellement, il se fait un accroissement simple qui s'opère très lentement: dans ces cas, la tumeur reste entièrement bénigne. Le bourgeonnement de production villeuse nouvelle: donne lieu à la production d’une tumeur d'apparence unique ayant le volume d’une mandarine, L'accroissement de cette masse détermine une réaction fibreuse périphérique et la tumeur est encapsulée.
Dans aucun de ces cas on ne trouve de modifications anatomiques siégeant sur les Lissus voisins, exception
faite de la capsule fibreuse d’enkystement qui entoure les:
produétions un peu volumineuses. On ne trouve Jamais de retentissement ganglionnaire.
Cornilet Ranvier pensent que ces cancers répondent à des squirrhes accompagnés de saillies intrakystiques. En
réalité, 1l s’agit de productions tubuleuses néoformées :
développées aux dépens des cellules épithéliales des canaux galactophores. Il existe des renflements creux