‹ Contribution à l'Étude des Écoulements Séro-Hématiques par le MamelonChapitre 13 sur 18 · ASS · texte numérisé non relu

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dans lesquels sont des saillies intrakystiques très vascu: laires. Ces cancers des galactophores sont relativement rares ; ils ont été étudiés en Angleterre, surtout par Bowlby. | è

On trouve tous les intermédiaires entre la production papillomateuse que nous avons étudiée dans le précédent paragraphe et les formations épithéliales qui ont une tendance à s’accroître et qui pénètrent dans le tissu mammaire entourant les galactophores et formant des fentes recouvertes d’un épithélium cubique ou cylindrique. «C’est alors le vrai duct-carcinoma. Ces duct-carcinoma se voient surtout chez les vieilles femmes et entraînent des écoulements séreux ou sanguinolents. » (Frédérick Trèves.) he

L'envahissement des Iymphatiques est’ tardif, ce que

Coyne et Labbé expliquent par la zone épaisse de tissu connectif dense qui entoure la formation épithélale.

Ces tumeurs dures, nodulaires, siègent sous l’aréole ou dans son voisinage. On les voit surtout dans l'âge avancé, tandis que les papillomes bénins se voient à un âge plus jeune. Nous verrons également que cette variété de tumeurs donne lieu moins fréquemment à des écoulements par le mamelon que les tumeurs villeuses bénignes.

SYMPTOMATOLOGIE ET ÉVOLUTION

Un des premiers, Richard a rapporté des observations de tumeurs du sein avec écoulement de liquide par le mamelon (1861) ; il s'agissait de 6 malades de la clinique de Nélaton. due . a

« Get écoulement, dit Vidal de Cassis, varie depuis l'aspect du sang le plus pur jusqu'à celui de l'eau claire. Il est très abondant, spontané dans certains cas, tandis que dans d’autres c'est un suintement, une simple gouttelette qu'on ne fait sortir qu’en pressant sur le mamelon. Malgré cette diversité d'aspect, le liquide peut être considéré comme une sécrétion habituellement lactiforme mélangée ou non avec du sang. Un autre résultat important, c'est que toutes les tumeurs étaient de même nalure ; on avait affaire à une hypertrophie partielle de la glande mammaire, mais la forme et le degré variatent. Le sang se rencontrait particulièrement dans les formes ramollies, avancées, avec commencement de kystes ; la sécrétion laiteuse dominait dans Îles formes assez avancées, mais encore dures. Cet écoulement paraît propre à l'hypertrophie mammaire simple, car sur 27 cas de cancers du sein confirmés, examinés pour la plupart

: A | au microscope, pas un n'a offert d'écoulement par le mamelôn, » Rs

L'auteur conclut finalement de ces observations que l'écoulement du mamelon est un symplôme fréquent de l'hypertrophie partielle et que son existence est d’un pronostic favorable dans les tumeurs du sein.

Ces lignes, écrites en 1861, mettent heureusement en lumière un fait clinique important, à savoir la fréquence dés écoulements séro-hématiques du sein dans certains cas de tumeurs bénignes de cet organe. Cependant elles établissent une confusion fâcheuse entre les différentes affections bénignes de la mamelle. Sous le nom d’hypertrophie mammaire simple, Vidal de Cassis englobe celaines inflammalions chroniques du sein, des cas d’hyperplasie simple et des tumeurs épithéliales bénignes.

Or, l'étude anatomo-pathologique montre que les kystes à contenu villeux entraînant un écoulement sérohématique du mamelon, se développaient aux dépens des canaux galactophores, c'est-à-dire aux dépens des canaux excréteurs et non de la portion sécrélante de la glande. [l s'ensuit que Jes écoulements séro-hématiques doivent être très nellement distingués des écoulements laiteux. Ces derniers doivent être entièrement rapportés à des lésions des acini, tandis que l'écoulement séro-hématique appartient en propre aux néoformalions kystiques développées aux dépens des canaux galactophores et que, sauf dans les cas où un double processus pourrait évoluer en même temps au niveau des lobules sécréteurs et des canaux d'excrélions, il n’y a jamais écoulement laiteux véritable dans les tumeurs des canaux galactophores. L'écoulement peut être séreux, séro-hématique où neltement hémorragique, mais il a toujours pour

La — 37 — origine la paroi des kystes galactophores el la surface des villosités intrakystiques. À En second lieu, Richard exagère Ja signification pronostique de J’écoulement séro- -hémaliq ue du mamelon. Lil ne constitue pas un signe exclusif de La. lumeur

bénigne du sein, et du reste, dès cette époque, Velpeau,

dans son Trailé des maladies du sein, signalait l’exis-

tence d'écoulements de cetle nature chez plusieurs malades atteintes de cancer de la mamellé. Il affirmait

même l'avoir vu plus souvent dans le squirrhe el l'encé-

‘phaloïde que dans les tumeurs bénignes a 11

Ces nolions générales indiquées, nous devons nous

demander d'une facon plus précise quelle est la Sym ho matologie de ces écoulements.

Deux cas peuvent se présenter suivant que lon se trouve en présence d’une tumeur villeuse bénigne où d'un épithélioma tubulaire avec productions intrakystiques.

1% Cas. — Productions papillaires béniqnes intrakys-

tiques. — On se trouve habituellement en présence d'une

femme ayant eu plusieurs enfants et ayant allaité. Le début de l'affection s’est fait d’une facon très insidieuse: La femme se trouve dans un état général de santé parfaite, n’accuse aucune douleur du côté des seins. Son attention a été simplement attirée de ce côté par l'existence d'un écoulement plus où moins abondant par lé mamelon. Cet écoulement, suivant les cas, peut être purement séreux, mais plus souvent il est roussätre, sanguinolent ; dans certains éas il est fortement Leinté de sang ou constitué par du sang pur.

La facon dont se fait cel écoulement est variable : «il est habituellement spontané; il peut ne consister qu'en ‘un simple suintement; dans certains eas il peut être

PAR Te sd considérable el son abondance peut être telle que la malade est obligée d’ appeler le médecin.» (Duplay et Reclus.)

Il peut être continu ou intermittent. Dans ce second cas il revient à des intervalles variables ; dans une observalion de M. le professeur Tédenat, 1l revenait tous les jours ; chez une autre de ses malades, 1l ne se produisait qu'au moment des règles.

Il peut ètre enfin provoqué par la pression du

mamelon. Cette pression donne issue à un écoulement séreux ou sanguinolent et l’on constate une dimi- nulion de volume de la mamelle.

Cet écoulement se fait habituellement-par un seul sein; beaucoup plus rarementil intéresse les deux mamelles.

Tel que nous venons de le décrire, l'écoulement con-

stitue la première manifestation clinique des kystes à contenu papillomateux développés aux dépens des canaux galactophores. Très souvent ce symptôme existe seul pendant longtemps, et ce n’est qu'au bout de plusieurs mois où même de plusieurs années que la malade ou le médecin constatent l'apparition d'une tuméfaction située sous le mamelon.

À l'inspection on peut constaler dans certains cas une petile tuméfaction occupant le mamelon ou l'aréole. Dans une observation de M. le professeur Tédenat, on voyail une petite masse rougeâtre, du volume d’un pois, faisant saillie à la pointe du mamelon et donnant quelques gouttes de sang de temps en temps.

La palpation permet d'apprécier l'existence d'une tumeur ferme et élastique, rarement fluctuante, indolente à la pression.

Son siège se trouve au niveau du mamelon où de l’'aréole. Son volume va de celui d’un pois à celui d'un œuf de poule. La pression donne lieu à l'issue d’une

quantité souvent considérable de liquide sanguinolent OÙ :. de sang pur. En même temps que le sein diminue de volume, la tuméur prend une consistance plus molle et devient moins distincte des tissus environnants. Il n'v a pas d’adhérence avec la peau; le mamelon conserve sa souplesse et sa mobilité. :

S1 l’on examine les autres régions du sein, on ne trouve rien d’anormal. L’exploration de l’aisselle ne out de constater l'existence d'aucun ganglion.

L'état général n'est pas modifié.

2 Cas. — Cancer lubülaire des canaux galactophores avec satllies intrakysliques. — Aucune de nos observations ne se rapporte à des malades de cé genre ; du reste, il'n’y a rien de bien spécial à dire sur l'écoulement séro-hématique dans ces cas de cancer.

Sans être aussi fréquent que dans les néoformations . villeuses intrakystiques, cet écoulement n 'est pas rare. Nous avons vu que Velpeau le considérait comme un symptôme souvent rencontré dans les squirrhes et les encéphaloïdes du sein.

Frédérick Trèves établit soigneusement la distinction entre les tumeurs malignes qui s’accompagnent d'écoulement séro-hématique et les tumeurs qui ne présentent pas cette manifestation. Il a montré que, dans les cancers ayant pour origine les acini glandulaires, les écoulements par le mamelon étaient exceplionnels, Landis qu'ils étaient fréquents et presque caractéristiques dans le cancer des canaux galactophores.

D’après Trèves, l'écoulement séro-hématique ou netlement sanglant serait plutôt l'anapage de ces cancers des galactophores, tandis que le papillome simple détermine rait le plus souvent des écoulements séreux.

HS tR

Contrairement à ce que l'on observe dans les cas de papillomes intrakystiques, ces tumeurs ne sont pas nettement isolables des tissus voisins ; ellès les pénètrent, perdent leur mobilité en adhérant à la peau ou aux tissus sous-jacents. On trouve des ganglions dans l’aisselle ;

l’état général peut présenter des modifications.

En somme, les symptômes qui accompagnent l' écoule-

ment séro-sanguinolent: sont, dans ces cas, ceux d'une

tumeur maligne, tandis que précédemment ils avaient tous les caractères des manifestations cliniques accompagnant les néoplasies bénignes.

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