‹ Contribution À L'Étude Des Éléments Qui Engagent Le Pronostic Chez Des Malades Traités Par Le Pneumothorax Artificiel Pour Tuberculose PulmonaireChapitre 15 sur 42 · DER · texte numérisé non relu

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Nous ne relevons en effet que deux cas de symphyse. Ce sont les seuls pour lesquels le pneumothorax dut être interrompu en dehors de la volonté medicale, et encore ne le fut-il chaque fois qu'après 1 an et 1/2 de compression, Chez Mile A. le collapsus paraît avoir été maintenu un temps suffisant malgré tout pour être efficace puisque nous avons pu classer celle malade dans la catégorie des améliorés. Chez MileS. le résultat fut moins heureux, et le décès ne tarda pas à suivre la décompression du foyer, conséquence de la symphyse,

Chez tous nos autres malades en revanche, les insufflations purent être continuées régulièrement sans que le reliquat liquidien plus ou moins abondant semble avoir été en quoi que ce soit un obstacle au développement normal du traitement. Ilre fut nullement l’amorce

-d’une symphyse et le collapsus put être entretenu au gré des nécessités. >

L’'existeñce préalable de l’épanchement et le peu de tendance à la resorption qu’il manifesta par la suite, n'ayant pas crée des conditions défavorables au maintien du pneumothorax, nos malades ne se sont vus privés en rien des bénéfices possibles de l'intervention.

C’est là le fait important puisque c’est à des pleurésies secondaires que nous avions à faire, et que ce que l’on cherchait avant tout c'était conserver les moyens d'agir vis-à-vis du foyer parenchymateux qui constituait le vrai danger.

Il éclaire nettement l'avenir dans ces formes, puisqu'il laisse entières pour le malade les chances quelui donnent la collapsothérapie, dans le cadre toutefois des con-

ditions cliniques où elle fut entreprise, et dont on parait pouvoir écarter la pleurésie elle-même qui garde seulement la valeur d’une cause occasionnelle qui poussa à agir,

€) Pneumos entretenus après pneumo-naturels,

Nous avons pu réunir huit observations de pneumothorax spontanés entretenus ultérieurement dans un but thérapeutique; tous sont naturellement des pneumothorax refermés.

En proportion égale, ils restèrent «secs » ou s’accompagnèrent d’un épanchement plus ou moins abondant. Dans l’un ou l'autre cas, la conduite de la cure fut exactement la même que ce qu’elle eût été dans des circonstances analogues pour un pneumothorax artificielle-

ment crée, Guérison

M. F..., 17 ans (homme) unil. droit. — Fibreuse abortive. — P. naturel droit complet, (Fracas) août 1926. Entretenu sans incident. — Pas d'épanchement consécutif. — Mars 1927, — Guéri.

Améliorations

Mme B..., 20 ans (femme) bil. év. simple. — Ul. cas. ext. gauche. — Début 6 ans. — P. naturel gauche (côté le plus atteint) Partiel: — Fait à bas bruit et découvert à l’ausculta- Lion janvier 192% — Epanchement purulent, plusieurs fois ponclionné, entretenu jusqu'à l'apparition fistule plearo-pul- :monaire avril 1924. — Perdu de vue avril 1926. — Persistance fistule. — P. A. sec. — Améliorée.

M. B.., 45 ans (homme) unil. — UI. cas ext. droite. — Début juillet 1923. -—"P. naturel ‘droit. Subtotal, juillet

out

192%. — Grand fracas. — Epanchement immédiat et abondant. — Plusieurs ponctions. — P. A. encore entretenu mars 1927. — Reliquat liquidien. — Malade très améliorée. — Tra- Yaille,

Stationnaires Mme L.., 27 ans (femme) bil. év. simple. — Ule. cas ext. gauche. — Début 1922. — P. naturel gauche octobre 1924. — Fait à bas bruit. — Découvert à l'occasion auscultation, —

Léger épanchement (2 doigts) résorbé par la suite. — Entretenu jusqu'à l'apparition fistule pleuro-pulmonaire juillet 1925. — Mars 1927 stationnaire. — Persistance fistule. — Stabilité droite

Mme E .., 29 ans (femme) unil. — Ulc. féb. ext gauche. — Début 6 ans 1/2. — P. naturel gauche partiel mars 1926. Fait à bas bruit. — Découverte d'auscultation et de radio. — Reste sec. — Entretenu sans incident — Mars 1927, P. A. entretenu sec. — Bilatéralisation dalant de novembre 26. — Stationnaire. |

Mlie L..., 26 ans (femme) bil. subévolution double. — Ulc. cas ext. prédominance droite. — Début 2 ans 1/2. — P natu-

rel droit subtotal juin 1926 — Fracas. — Pas d'épanchement — Enlretenu sans incident. — Mars 1927, Stationnaire. — Instabilité gauche. — P. A. entretenu.

Décès

M. R...,29 ans (homme) unilatéral. — Ulcéro cas. ext. gauche. — Début 2 ans. — Pneumo naturei gauche janvier 1921.

Fracas. — Epanchement immédiat abondant. — Ponctions. — Entretien jusqu’en juillet 21. — Empyème octobre 1921. — Nouvelle intervention décembre 1921. — Décès février 1922;

Mlle St S.., 18 ans (femme) unilatéral douteux.— Ulcérofibreuse ext. droite. — Début 1 an 1/2. — P. naturel droit

petit partiel découvert à la radio en juin 1925. — Fait à

bas bruit. — Reste sec. — Bilatéralisation avril 1924. — Arrêt du pneumo mai 1924. — Evolution bilatérale, — Décès septembre 1924.

Il nous faut d’abord remarquer que 4 de nos pneumothorax sont apparus à « grand fracas » suivant le tableau classique, que les 4 autres se sont constitués au contraire insidieusement et à « bas bruit », sans attirer ou en attirant au minimum l’attention du malade, el furent presqu’uniquement une découverte d’auscultation ou d'examen radioscopique. On sait de plus, que parmi les pneumothorax constitués à « grand fracas », si l’on est sans renseignement sur l'étendue du décollement, en ce qui concerne l’un d’eux, (M. R...), les 3 autres sont des pneumothorax « complets » ou « sübtotaux». Tous nos pneumothorax constitués à « bas bruit » sont en revanche partiels ou pelits partiels.

Il semble donc que l’un ou l’autre de ces modes d’apparilion serencontre avec une égale fréquence, mais ël sembie aussi qu'iln'y ait pas de début dramatique sans un épanchement gazeux abondant, de débat discret sans un épanchement limilé, en un mot, que le mode d’apparilion soit étroitement conditionné par le volume du gaz qui a fait irruption dans la plèvre, ce qui d’ailleurs parait logique.

Examinons maintenant nos bons résultats :

Nous trouvons parmi nos bons cas qui comprennent 1 guérison et deux améliorations : 2 pneumothorax à grand fracas, l’un complet, l’autre subtotal, tous deux chez des unilatéraux, el 1 pneumothorax à bas bruit partiel chez une bilatérale d'évolution simple,

Si le pneumothorax naturel a pu être qualifié parfois de « Providentiel », c’est bien dans les trois cas que nous citons, puisque le collapsus y fut chaque fois automatiquement réalisé au micux des intérêts du malade, en ce sens qu'on le trouve partiel chez celle-là même (M. B.) auprès de laquelle it eût fallu agir prudemment à cause de sa bilatéralité, et complet par ailleurs chez 2 unilatéraux (M. F.et M. B.) mieux armés pour faire les frais d’une compression plus brutale et plus poussée.

Nos mauvais cas comptent 3 stationnaires et 2 décès. Parmi eux, nous trouvons encore 2 pneumothorax à grand fracas (Mlle L. et M. R.), mais nous n'avons de renseignement touchant à leur étendue que sur l’un d’eux seulement. Celui-ci, subtotal, n'eut pas un résultat tellement défavorable si lon veut bien remarquer qu’il s'agissait d'une bilatérale en évolution double (Mile L.) qui après 10 mois de traitement peut être classée parmi les « stationnaires ». Quand au second (M.R.) il se termina par le décès du malade qui en était porteur à la suite d’'empyèmes successifs pratiqués pour infection grave du liquide qui avait rempli la poche.

Les 3 autres pneumothorax qui complètent cette série S’étaient créés à « bas bruit » et sont tous trois partiels ; ils n’eurent guère d'effets heureux : une « unilatérale » (Mme E.) n’a pas lardé à se bilatéraliser el est classée parmi les «stationnaires ». Une « unilatérale douteuse » (Mile S. S.) est décédée après s’être bilatéralisée elle aussi. Le meilleur cas est celui de Mme L. qui bien que « bilatérale d'évolution simple » est encore stationnaire 2 ans 1/2 après l'apparition de son pneumothorax,

Ces faits paraissent montrer qw'on est en droit dattendre davantage d’un pneumothorax qui s'est créé à grand fracas que d’un preumothorazx à bas bruit.

Nous avons vu que le premier est en général total tandis que le second restait partiel. C'est sans doute à des conditions de compression plus effective qu’il faut rapporter les meilleurs résultats obtenus. Le malade qui a victorieusement combattu la phase dramatique de début, surtout lorsqu'il est « unilatéral », voit ses chances sérieusement et logiquement accrues par le collapsus complet qui s’est réalisé.

Si lépanchement gazeux est d’étendue plus réduite, il ignore les risques immédiats et peut-être lorsqu'il s’agit d’un «Bilatéral » (Mme B...) retire-t-il parfois un certain bénéfice d’un tel état de choses. Dans les cas d’unilatéralilé par contre, il semble bien que son avenir soil moins assuré, les 2 cas de cette espèce dont nous disposons (Mlle E.) et (Mile St. S) s'étant terminés tous deux par une «bilatéralisation secondaire » qui constilue {toujours une menace grave.

Avant de terminer, il nous faut mentionner encore que 4 fois le pneumothorax naturel s’accompagna d’un épanchement liquide et que 2 fois, après quelques mois d'entretien la communication pleuro-pulmonaire se rétablit à nouveau.

Le liquide apparut 2 fois dans des pneumothorax complets, 2 fois dans des pneumothorax partiels, Un de ces pneumothorax complet et un de ces pneumothorax partiel figurent parmi nos bons cas (guéris ou améliorés) les 2 autres figurent parmi les mauvais (M. R.,M. L.),

Per

Quant au rétablissement de la fistulisation pieuro-pulmonaire, elle se produisit dans 2 pneumothorax partiels avec épanchement liquide 8 et 10 mois après leur apparition (M. B., M. L.) et nous notons une amélioration et un état stationnaire.

Nous nous borsons à citer ces faits, dont il ne nous apparaît pas que nous puissions tirer des conséquences pronostiques intéressantes.

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