‹ Contribution à l'Étude des Embolies et PhlébitesChapitre 13 sur 36 · CONSIDÉRATIONS CLINIQUES ET STATISTIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS CLINIQUES ET STATISTIQUES

Clinique

Nous ne voulons pas ici revenir sur l’étude clinique des embolies et des phlébites post-opératoires. Les observations que nous avons rapportées suffisent à elles seules à illustrer les divers aspects que peuvent revêtir ces accidents post-opératoires. Nous ne ferons que souligner ici l'intérêt de quelques-unes de ces formes n’ayant pas, jusqu’à présent, différencié les unes des autres.

Phlébites

Il était d'usage de considérer la Phlegmatia alba dolens comme représentant 50% des cas. L'autre moitié, comprenant des formes légères, frustes, larvées, à œdèmes discrets, souvent accompagnées de douleurs, pour lesquelles seul le test d’Aldrich et Mac Clure permet quelquefois de faire un diagnostic. Nous n’avons jamais employé à la Maison de Santé ce moyen de diagnostic, et nous avons fait simplement un examen attentif qui nous a permis quelquefois, sous certains œdèmes limités et presque inaperçus,

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ou certaines algies inexpliquées, de déceler les phlébites dès leur début.

Chez nos opérés, nous n’avons pas souvent pu noter, sauf dans quelques cas exceptionnels (Obs. 3, 4, 32, 19), une élévation persistante de la température ni une accélération du pouls (Obs. 15 exceptée). A ce sujet, nous approuvons le dire de Szathmary et de Macias de Torrès qu'aucun ‘symptôme (pas même le pouls de Mahler) ne permet de prévoir d’une façon certaine l’apparition des phlébites. La date d’apparition de la plupart d’entre elles se situe entre le 10° et le 15° jour. Nous avons quelques cas dont le début a été plus proche de l'intervention (Obs. 2 et 12 au troisième jour; Obs. 3 le neuvième jour; Obs. 19 au quatrième jour; Obs. 21 le septième jour; Obs. 23 le sixième jour; Obs. 32 le cinquième jour; Obs. 37 le sixième jour) et d’autres cas dont l’apparition a été excessivement tardive (Obs. 15 au vingt-deuxième Jour).

Dans douze cas, nous avons remarqué que les phlébites ont été suivies et quelquefois précédées d’embolies pulmonaires.

Dans deux cas nous remarquons un début de phlébite du membre supérieur. Dans la première observation, à la suite d’une phlébite bilatérale des membres inférieurs; et dans la deuxième, à la suite d’une phlébite de la jambe accompagnée d’embolie pulmonaire. D’après leur localisation, nous trouvons, conformément aux résultats classiques, que les phlébites sont deux fois plus fréquentes à gauche qu’à droite. Quant aux phlébites bilatérales, nous en relevons cinq cas dans nos observations.

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L'évolution moyenne a été de trente à quarante jours, et tous les malades ont été mobilisés pendant toute cette période à dater du jour de l’accident. Tous les cas se sont terminés par la guérison sauf quatre: trois sont morts d’embolie; un, dès le lendemain de l'apparition de la phlébite, fait extrêmement rare (Obs. 52).

Le deuxième est mort le 22 jour après l'apparition de la phlébite (Obs. 24), et le troisième 29 jours après l'apparition des premiers signes de phlébite chez une malade qui a fait des embolies à répétition et une phlébite double (Obs. 22). La quatrième malade est morte le & jour après l’accident de collapsus cardiaque.

Ces phlébites ont rarement laissé des séquelles importantes chez nos malades : œdème prolongé, ulcérations, troubles érythro-cyanotiques n’ont jamais inquiété longtemps ces malades pendant leur convalescence; exception faite d’un seul cas (Obs. 21) : un an après, il persistait un œdème douloureux du membre inférieur gauche, qui nous a empêché de réopérer le malade.

Embolies

Parmi les différentes formes cliniques d’embolies, les plus fréquentes et les plus nombreuses ont été les embolies pulmonaires. Ce sont celles que nous envisagerons ici. Elles sont: soit des formes douloureuses débutant par un point de côté violent suivi de crachats hémoptoïques; soit des formes douloureuses avec point de côté persistant mais sans crachats sanglants.

Nous relevons deux cas particulièrement intéres-

sants : dans l’un (Obs. 4), la malade a fait une embolie deux jours après un début de phlébite; cette embolie s’est compliquée d’un abcès du poumon que la malade a évacué par vomique. Dans l’autre cas (Obs. 48), la malade a fait, à la suite d’une embolie, un épanchement pleural assez important contrôlé radiographiquement (forme pleuro-pulmonaire).

Nous relevons neuf embolies foudroyantes d’emblée, survenues dans six cas aux alentours du 1(° jour. Aucun signe particulier n’avait précédé ces embolies.

Nous notons aussi comme fait intéressant les observations 29 et 38. Ces deux malades, opérées le même jour par le même chirurgien, ont fait une embolie dans leurs suites opératoires. S'agit-il dans ce cas d’un facteur infectieux ? Tout paraît le prouver, surtout le cas de la malade de l’observation 29, opérée d’une appendicite chronique. Elle fait, huit jours après, des accidents infectieux qui nécessitent une nouvelle intervention. Neuf jours après, la malade fait une phlébite gauche, et le 46° jour une embolie pulmonaire. Cette malade a guéri.

Il semble bien que la cause de ces accidents soit un

facteur infectieux contemporain de la première intervention.

Nous relevons également six cas d’embolies à répétition; trois se sont terminés par la mort (Obs. 8, 22, 50). Les autres cas ont guéri (Obs. 34, 45 et 51). Cette dernière observation est particulièrement intéressante, car le malade a fait pendant près d’un mois toute une série de petites embolies avec péricardite et

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