X..., 10 ans ; un frère mort à 2 ans de méningite
Le 11 juin 1933, l'enfant présente une éruption typique de rougeole qui pendant 2 jours évolue normalement Dans la nuit du 12 au 13, il gémit et s’agite, puis tombe dans un état de torpeur. Un médecin consulté porte le diagnostic de rougeole avec broncho-pneumonie et réaction méningée. La température est à 400.
L'enfant ne sort pas de sa somnolence ; des crises convulsives se manifestent, il est amené à l'hôpital le 15 juin dans un état comateux. Il repose inerte dans son lit, sa respiration est suspirieuse, son pouls très rapide. Aucun signe de réaction méningée, la nuque est ballante.
Réflexes achilléens faibles, rotuliens abolis ; signe de Babinski douteux à droite, mais très net à gauche. De ce même côté, on note de la trépidation spinale.
Les pupilles réagissent normalement à la lumière ; pas d'inégalité pupillaire, ptosis à droite.
P. L. : Liquide clair, 33 lymphocytes par champ.
La température (38°6 à l'entrée) monte à 40°, puis 41°. Le coma s'accentue. Quelques mouvements convulsifs apparaissent ; pouls et respiration s’accélèrent et l'enfant meurt le lendemain dé son entrée:
Formes hémiplégiques
Obs. 23 (VarioT).
Garçon, 5 ans.
Pendant la convalescence d'une rougeole absolument normale, sans cause appréciable : perte de connaissance, hémiplégie droite totale avec aphasie complète, 409.
Pas de signes méningés : ni raideur de la nuque. ni troubles vaso-moteurs, etc. ï
P. L. : Liquide normal.
Guérison rapide.
Obs. 24 (BoNaBa).
Fille, 13 ans. Rougeole qui laisse à sa suite un état fébrile.
20 jours après surviennent des convulsions généralisées prédominant franchement du côté droit pendant 4 jours et laissant comme séquelle une hémiplégie droite avec aphasie,
L'hémiplégie régresse rapidement au point que la marche est possible, et il persiste seulement une légère hémiparésie.
L'aphasie qui était très marquée au moment de son entrée s'est beaucoup améliorée.
RQ
Obs. 25 (Manicarine et Mme STRoœ).
Enfant, 5 ans.
Le 2 jour de l’éruption : apathie, somnolence, incontinence sphinctérienne. |
Eutre avec hémiplégie droite, fièvre, somnolence, Babinski à droite.
P. L : liquide clair hypertendu,pas de réaction cellulaire.
Deux jours après, hémiplégie atténuée ; aphasie motrice pure nefte.
Après 4 mois : démarche incertaine, légère contracture du M. I. D , exagération des réflexes, légère aphasie et dysarthrie assez prononcée.
Obs. 26 (M. BaBonxelx, Miles Riom et WiLm).
B... Micheline est envoyée à la consultation de l'un de nous, le 24 février 1932, pour hémiplégie droite et aphasie survenues au décours de la rougeole.
Cette enfant est née le 20 décembre 1929, dans des conditions normales. Les parents, bien portants, ont un autre enfant de 3 ans en parfaite santé.
Aucun antécédent pathologique.
Le 3 février 1932, rougeole grave avec éruption vive, rougeur intense des conjonctives et 40° pendant 4 jours.
Au déclin de la maladie, le 8; jour, l'enfant, en buvant une tasse de lait, se cyanose et tombe ; quelques contractions se localisent à son bras droit qu'elle tient serré contre elle, puis un sommeil profond l’envahit, durant le-, quel le.côté droit est agité de brusques secousses.
Le lendemain, elle a la bouche déviée, ne peut remuer bras et jambe droits, ne parle plus.
Ce même jour, {1 février, on constate : une paralysie faciale droite à type central,sans atteinte appréciable du facial supérieur ; une hypotonie marquée des membres du côté droit avec à la jambe, exagération des réflexes, signe de Babinski ; au bras, abolition des réflexes tendineux.
GIRAUDOUX 3
ar DA =
Ün note, en outre, une abolition des réflexes cutanés abdominaux et une légère diminution de la sensibilité du côté droit.
Le 2% février l'enfant entre dans le service, en pleine éruption scarlatineuse.
Pendant la scarlatine, l'hémiplégie à évolué vers la contracture actuellement manifeste surtout au bras droit.
Le M.S. droitest collé au tronc, avant-bras fléchi, doigts fléchis dans la paume, les réflexes tendineux y sont diminués.
Au M. IL. droit, les réflexes sont exagérés et il existe un signe de Babinski.
A gauche, les réflexes tendineux sont vifs au M. S., normaux au M. I.
Il y a abolition des réflexes cutanés abdominaux à droite.
La paralysie faciale s'est effacée et reste très peu visible au repos, mais devient nette lorsque l'enfant sourit.
11 n'y a pas de signes oculaires.
Mais la petite malade ne parle plus ; alors qu'avant la rougeole elle s’exprimait, dit la mère, comme un enfant de 7 ans, depuis elle n'a plus prononcé une syllabe.
Elle crie et pleure lorsqu'elle désire quelque chose, entend bien et comprend, car elle exécute les ordres simples que lui donne sa mère.
Ils’agirait donc plus d’anarthrie que d’'aphasie de Werpicke mais il est difficile, à cet âge, de faire la part de la déficience intellectuelle.
L'examen du L. C. R. à donné les résultats suivants : lymphocytes : 12 4 ; albumine : 0,74 ; B. W. —
En somme, hémiplégie droite et aphasie survenues au cours d'une rougeole grave et dues, ni à une hémorragie cérébro-méningée puisqu'il n'y a jamais eu de sang à la P. L., ni à l'hérédo-syphilis dont il n'existe aucun stigmate, mais selon loule vraisemblance, à une encéphalite.
ER Ne Formes ataxiques
Obs. 27 (ScHEPERS). #
Au 4 jour d'uue rougeole bénigne, mais sans prodromes. une fille de 8 ans fut prise tout-à-coup de coma. Après 3 jours, l'intelligence revient, mais la phonation était impossible, l'enfant ne pouvant s'exprimer que par signes. Les mouvements composés : marche, action de porter un verre à la bouche, étaient désordonnés, choréiformes, impossibilité de se tenir debout. Lorsque l’enfant recommence à marcher, démarche ébrieuse, titubante, il se sert de ses bras comme d’un balancier. |
Obs. 28 (MoricHaAu-BEAUCHANT, FREY et RaMEIx).
Garçon, 7 ans.
Le 22 juin 1913 : éruption de rougeole ; petit foyer de broncho-pneumonie du sommet droit au déclin de la maladie.
28 juin : Perte de la parole, rétention d'urine, raideur de la nuque et des membres, tremblement.
er juillet : Facies hébété, langue paralysée, dysphagie.
Nystagmus horizontal.
Mutisine, l’intelligence paraît indemne. Pas de paralysie, pas de Kernig.
Tremblement des membres inférieurs à grandes oscillations à l’occasion des efforts ou des mouvements volontaires comme dans la sclérose en plaques.
Réflexes tendineux exagérés.
Crisès de contracture des membres.
Ces signes disparurent assez rapidement, la parole revint peu à peu;les crises de contracture ont persisté jusqu'au 7 juillet.
Commence à se lever le 12 juillet sans pouvoir marcher seul ; démarche spasmodique, non ébrieuse.
En août : Disparition de tous les phénomènes ataxiques.
Obs. 29 (ReimoLp).
Enfant 8 ans.
Une semaine après effacement d’exanthème morbilleux, poussée de température et prédominance de signes cérébraux, ataxie statique et locomotrice très prononcée, démarche de canard avec tendance à tomber à gauche, signe de Romberg, adiadococinésie, parole scandée et lente, nystagmus horizontal.
P. L. : Pression élevée, réaction cellulaire, Pandy +.
Malgré des injections de trypaflavine, 3 mois après le début, l’amélioration n’est pas amorcée.
Obs. 30 (Durourrt).
Nous avons eu l’occasion de suivre un très beau cas d’ataxie survenue dans la convalescence d'une rougeole chez un enfant de 7 ans.
L'enfant, après une rougeole normale, se plaignait de perdre ses forces.
Bientôt, il se mit à tituber en marchant puis il ne put avancer que soutenu sous les épaules. Enfin il devint incapable de se tenir debout ou de se relever lorsqu'il était couché.
Il existait du tremblement intentionnel, de l'asynergie et et de l’adiadococinésie, du nystagmus, une parole trainante et monotone, de l'abolition des réflexes tendineux.
La température ne dépassa pas 380.
Après une période très critique, où il y eut de lincontinence d'urine, des signes bulbaires inquiétants (crises d'étouffement, parésie de la déglutition, tachycardie à 180), l’état s'améliora assez vite et cet enfant ne conserva aucune séquelle.
Formes oculaires
Obs. 31 (Sorow). æ
Fillette, 9 ans. Rougeole.
Se plaint dès la 3 semaine de faiblesse de la vue qui augmente peu à peu et aboutit bientôt à une cécité presque complète.
Se plaint aussi de douleurs aux membres supérieurs et inférieurs, de céphalée.
A l'examen ophtalmoscopique : hémorragies miliaires sur les 2 rétines et tout le tableau anatomo-pathologique de la rétinite albu minurique.
La malade présente en outre certaines manifestations d'ordre nerveux, telles que hyperesthésie passagère.
Quitte l'hôpital sensiblement améliorée.
Obs. 32 (HouGarpy).
Garçon, 7 ans.
Le 15 maï, éruption typique.
Depuis la veille, diplopie, et il ferme l'œil droit pour y remédier, ptosis, mydriase, paralysie de l’accommodation et des muscles droits interne, supérieur et inférieur. Strabime externe.
Intégrité du fond de l'œil et de l'oreille.
P. L.: pas d'éléments figurés.
Amélioration rapide; le 28 juin, les phénomènes paralytiques ont disparu à peu près complètement.
Donc, paralysie de la 3° paire au cours d’une rougeole.
Obs. 33 (MEUNIER).
Fillette, 4 ans 1/2.
Antécédents : gastro-entérite à 2 ans avec convulsion unique et sans séquelle ; otite.
Ily a 15 jours: rougeole normale suivie de cécité 8 jours
après,
P. L. : liquide normal.
15 jours après le début de l'amaurose : un peu de vision à droite qui augmente les jours suivants. La pupille gauche ne réagit plus à la lumière. *
Plus tard, la vision est revenue des deux côtés.
Obs. 84 (BREGMANN et Poncz).
Enfant de 11 ans amené à l'hôpital pour une amaurose subite apparue brusquement 1 mois après rougeole ; l'amélioration survint au bout de 25 jours, mais par la suite l'enfant présenta une paralysie spasmodique des membres supérieurs avec phénomènes ataxiques et troubles de la sensibilité. Tous ces phénomènes disparurent lentement et
le malade fut guéri au bout de 9 mois.
Formes mentales
Obs. 35 (Sorow).
Garçon, 4 ans. Rougeole.
Il présente des troubles psychiques à forme maniaque.
Le matin, il a des accès épileptiformes d’une durée de 3 à 4 minutes. accompagnés de convulsions cloniques et se terminant par un sommeil profond.
Des périodes d'apathie profonde alternent avec des périodes d'agitation.
Guérison.
Obs. 36 (LAGANE).
Jeune homme, 18 ans. Rougeole de moyenne intensité le 21 février.
Le 3° jour, dyspnée, toux, un peu d'agitation.
Puis il semble perdre complètement connaissance, ne répond plus, à quelques mouvements convulsifs de la face, un peu de collapsus ; une certaine raideur de la nuque et de
ER
l’hyperesthésie généralisée. 11 se remet peu à peu et alors divague pendant 6 jours.
Il semble ne pas comprendre, né pas voir ; il a des hallucinations de la vue, de l’ouïe et du goût ; il veut se lever, pousse des clameurs et des gémissements continuels.
Incontinence sphinctérienne.
Lorsqu'on lui parle, il répond par des négations «je ne vois pas, je n’entends pas, je n’existe pas » ; forte céphalée, hyperesthésie vive, nuque un peu raide.