OBSERVATION V
Publiée par Cadet de Gassicourt dans lraité des maladies de l’enfance. ;
Leclerq fut vu à l'hôpital par Cadet de Gassicourt lors de sa seconde atteinte de rhumatisme articulaire aigu ; la maladie devait remonter à la première allaque car elle était déja constituée à l'entrée de l'enfant à l'hôpital.
Le rhumatisme occupait un petit nombre d’articulations,
. Mais la fièvre était vive et la Lempéralure atteignait 40°.
Pendant 20 jours, elle oscilla entre 39 el, 40°, puis subit une dépression et tomba entre 38 et 39% el, au bout d'un mois revint à la normale. Les douleurs, quelquefois vives, le plus souvent légères et limitées à un petit nombre d'arliculations, ne cessaient quelques jours que pour reparaîlre après un-court intervalle.
Le cœur était hypertrophié et mesurait verticalement 11 cm., transversalement 8 cm. 5. On percevail, à la région précordiale, un léger frémissement; à l'auscultalion, un souffle très net au second Lemps et à la base, empiétant sur le petit et le grand silence. Ce souffle avait son maximum d'intensité sous le sternum, au dessus du 3° cartilage costal.
Il se propageait à gauche et descendait jusqu'à lappendice xyphoïde. On sentait un léger frémissement cataire au dessus de la fourchette sternale. ;
Le pouls étail celui de Corrigan. Les carotides ballaient avec énergie. La respiralion élail pure, le foie normal, les urines sans albumine. Le diagnostic d'insuffisance aortique élait évident, il allail s'accuser plus encore deux jours plus lard. En effet, non seulement le souffle diastolique de la base
s'accroissait, non seulement le frémissement susternal deve-
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nait d’une extrême intensité, mais encore toutes les artères battaient isolément ; elles étaient comme vibrantes, on Îles sentait jusqu'au bout des doigts des mains, jusqu'aux mollets, jusqu'au dos des pieds où les artères pédieuses battaient fortement.
On entendait un souffle intense dans la carotide, et un double souffle intermittent crural.
Jusqu’alors la lésion aortique paraissait exisier seule, lorsque le 6 juin, 14 jours après le début de la seconde atta-
- que rhumatismale, apparût à la pointe un souffle systolique qui, en 4 jours, prit une telle intensité qu'il pouvait être comparé à un jel de vapeur. En même temps un léger œdème se montrait aux pieds el aux malléoles, et prouvait que, si le souffle était récent, la lésion ne l'était pas. Cet œdème, d'ailleurs, augmentail vile et gagnait les bourses.
Cette poussée mitrale dura peu. Après 28 jours les œdèmes disparaissaient, et le souffle systolique de la pointe s'atténuait beeucoup ; mais l'insuffisance aortique restait stalionnaire, ou, du moins, si le frémissement de tout l'arbre artériel diminuait, si les battements des pédieuses devenaient plus faibles, le souffle systolique de la base du cœur ne se modifiail pas.
L'enfant sorti de l'hôpital, Gadel de Gassicourt le suivit pendant un an et, à chaque examen, constlala que l'insuffisance aortique devenue chronique, restait absolument slationnaire, et que l'impulsion exagérée de tout l'arbre artériel n'avait pas diminué. Le pouls de Corrigan, le frémissement cataire sus-sternal el le double souffle crural élaient toujours perceptibles ; seulement, des accès de suffocation étaient venus compliquer le tableau clinique.
Ces crises se caractérisaient par une suffocation brusque
die
accompagnée de pâleur de la face, de vomissements et de cris de détresse. Tout cet appareil Lerrifiant, qui semblait menacer l'enfant de mort subite, ne durait que quelques secondes.
Quant à l'insuffisance mitrale, elle. persistait aussi, mais son rôle restait modeste. Il se limilait aux signes physiques, bruit de souffle très net à la pointe et à quelques poussées
de congestion pulmonaire et de bronchite.
Comme le conclut Cadet de Gassicourt cet enfant resta un type d’insuffisant aorlique malgré une lésion
mitrale assez profonde.
OBSERVATION XI (Inédite)
Enfant du service de M. le Professeur Nobécourt,
présenté à la leçon clinique du 19 janvier 1924.
Enfant né le 27 août 1909.
1° attaque de rhumatisme articulaire aigu en août 1921.
2° attaque l’année suivante, en juillet 1922, suivie d’essoufflement ayant persisté un mois.
En octobre 1923, 3° atteinte. L'enfant est soumis de suile au traitement salicylé. Bientôt apparaît une douleur précordiale avec sensation de consiriclion au cœur, des crises de dyspnée à lype asthmatiforme.
L'enfant entre alors à l'hôpital, le 23 décembre.
Assez bien développé, il présente une pâleur assez marquée de la face et des muqueuses. La température est à 38°9.
On note une voussure précordiale, un gros souffle diasto-
lique et systolique à la base du cœur.