PRONOSTIC ЕТ TRAITEMENT
Ce qui domine toute l’histoire des pleurésies puriformes
aseptiques et ce qui fait leur grand intérêt diagnostique c'est
précisément qu’elles comportent un pronostic particulier essentiellement bénin.
Si en effet, la maladie causale peut être mortelle, la gravité ne saurait en aucun cas dépendre de l'épanchement ou
de la thérapeutique qu'il comporte. Et Гоп saisit l'intérêt ca-
pital de cette notion nouvelle, lorsqu' on sait combien autrefois la présence de liquide purulent dans la рібуге faisait faire immédiatement le diagnostic de plourésie purulente grave, et entrainait le chirurgien а opérer dans des conditions souvent des plus défavorables pour le malade sans compter Valéa de telles interventions.
Le pronostic des épanchements puriformes aseptiques découle tout naturellement de leur mode de formation. Puisqu'ils ne sont que fonction d'une inflammation de voisinage, ils sont aussi fugaces que la congestion sous-jacente qui les commande et disparaissent en quelques jours sans laisser de traces, tandis que la pleurésie purulente microbienne ne cède guère qu'au traitement chirurgical et laisse après guérison
de redoutables lésions : adhérences pleurales et déformations
thoraciques.
R. Liégeois, sur quatorze cas — trois chez l'enfant, onze chez l'adulte — a toujours observé une guérison rapide et
complète sans aucune séquelle et n’a jamais constaté à Гехаmen radioscopique aucune adhérence pleurale. Chez un de nos malades, pourtant, qui, еп pleine période congestive, s'était plaint de douleurs très violentes dans la région précordiale et chez lequel, après la défervescence et la résorption totale de l’&panchement, on notait encore la persistance ‘de quelques phénomènes döuloureux et une légère dyspnée, la radioscopie а révélé quelques adhérences ‘pleuro-péricardiques. j
On voil quelle opposition frappante présente l'évolution des liquides puriformes aseptiques à ‘polynucléaires intacts | ‘et des liquides purulents microbiens à polynucléaires lésés. "MM. Widal et Gougerot (1) ont pu saisir'ce contraste chez un тете sujet : П s'agissait d'un homme atteint de phlegmon sous-phrénique post-appendiculaire avec épanchement pleural droit dévéloppé secondairement. La collection sous-phréni que, purulente, fétide, avec polynucléaires avariés et une flore miérobienne riche en aérobies et anaérobies avait,’ travers le diaphragme déterminé, par contiguité, la collection ‘pleurale, peu abondante, louche, avec polynucléaires intacts, parfaitement aseptique.' Le diaphragme séparait ces deux 2 pus si différents par leur pathogénie;leur composition et aussi leur évolution. En effet le liquide pleural s’est rapidement —résorbé : à l'opération, le chirurgien n’en trouva pas trace et
‚ | (4) Winar et Gouceror! ‘loc. cit.
ne put que constater l'intégrité absolue de la plèvre. Га. collection sous-phrénique ne fit, au contraire, que s’accroitre et finit par enlever le malade malgré l'intervention opératoire. \
Une des malades dont nous rapportons l'observation (ob:
servation IV) est encore, Бі possible, plus démonstrative. А Ы 1 \
Cette malade а présenté simultanément un double syndrome pleural : Au cours d'une pneumonie droite, on а constaté chez elle ап épanchement puriforme aseptique. de la grande cavité du côté droit avec polynucléaires intacts : et elle a été atteinte еп même temps d'une pleurésie purulente interlobaire à pneumocoques, située du même côté. Or, ces deux épanchements, examinés après ponction exploratrice, sont nettement distingués et bien identifiés par les moyens de laboratoire. La différenciation est impossible sans l'examen cytologique. | |
La certitude d'un épanchement aseptique puriforme à polynucléaires intacts impose donc l'abstention opératoire,mais dans quelques cas plus délicats, nous avons vu comment le diagnostic précis de la qualité de l’épanchement a pu rendre de grands services et épargner des interventions inutiles sinon nuisibles. En effet, chez le-malade (obs. IV) qui avait simultanément et du côté droit une pleurésie aseptique de la grande cavité et une pleurésie purulente a pneumocoques de l'interlobe, même après la vomique, ор aurait pu être tenté de faire l'opération de l'em pyème de la grande cavité, si Гоп avait été certain d'avoir affaire à un épanchement aseptique. Cettelopération, parfaitement inutile en la circonstance, aurait pu être nuisible par les chances d'infection qu’elle com-
portait.
Un autre cas des plus nets et à interprétation encore plus délicate nous est fourni par l'observation rapportée par M. Dopter (obs. Ш). Chez un pneumonique grippal, donnant des signes d'infection septicémique et chez lequelcoexistaient des douleurs violentes de la région mastoïdienne et un épanchement pleural, l'examen. cytologique de ce dernier permit d'affirmer par la constatation de l'intégrité des polynucléaires, la bénignité de la réaction pleurale et d'orienter par le fait même l'indication opératoire vers le syndrome mastoidien qui seul était la cause de cet état infectieux.
En résumé, la pleurésie aseptique puriforme ne comporte par elle-méme qu’un pronostic bénin — et n’entraine qu’une thérapeutique médicale et sans aucune intervention chirurgicale.