‹ Contribution à l'étude des épilepsies giratoiresChapitre 18 sur 39 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

Lucien C..., 43 ans.

Violent traumatisme cranien par coup de matraque sur la région occipitale gauche, en octobre 1943, ayant déterminé une fracture du crâne. En juillet 1944, se produit la première crise comitiale : il s’agit d’une crise généralisée, tonico-clonique, sans aura, avec perte de conscience primitive.

Ces crises se répètent deux à trois fois par semaine.

En octobre 1944, les crises sont précédées par une sensation de bouillonnement dans la tête, puis une giration dans le sens antihoraire, de plusieurs tours, se produit. Le malade est conscient et se souvient nettement de ses mouvements giratoires. La chute survient ensuite avec la perte de conscience et les convulsions. Aucun

phénomène résiduel n’est constaté. Le nine des crises est conservé.

En février 1946, le malade est examiné par le Professeur ÂALAJOUANINE qui fait pratiquer une encéphalographie gazeuse et donne un traitement : Gardénal 0 g. 20 + Dihydan 0 g. 10 par jour. Entre 1946 et 1950, plusieurs encéphalographies gazeuses ont été pratiquées, chacune faisant disparaître les crises pendant deux à trois mois, en même temps que les crises changent d’aspect : la giration disparaît, la sensation de bouillonnement est inconstante.

En 1950, on note l’apparition d’équivalents à type d’automatisme durant de 1 à 2 heures, avec amnésie totale post-crise. Les crises généralisées s’espacent de plus en plus. À la suite de l’une d’elles, on note une monoplégie inférieure droite à titre de phénomène résiduel, qui à duré une heure.

Les examens neurologique et radiologique sont normaux.

Electroencéphalogramme : Standard normal.

Après activation à l'insuline, à la 21° minute, apparition d’un rythme lent généralisé avec images en forme de pointes assez peu amples et peu nombreuses. Les tracés des deux régions frontales semblent légèrement plus altérés que ceux des autres régions. Donc : tracé suspect, mais les anomalies relevées ne suflisent pas à faire une localisation. . .

DIN PROPRES OBsERVATION VII

Aline TH.…., 58 ans.

Rien de notable dans les antécédents de cette malade. :

La première crise a eû lieu en 1943, à l’âge de 50 ans et s’est déroulée de la facon suivante : la malade était en train de regarder l’heure quand elle s’est sentie brusquement les yeux et la tête attirés de façon invincible vers la gauche, ce mouvement étant suivi d’une giration de tout le corps dans le sens antihoraire, sans perte de connaissance à proprement parler, simplement un malaise avec sensation de vertige.

La même crise se renouvela le jour même et le lendemain, la malade étant toujours consciente. Elle pense cependant qu'il lui eût été impossible de répondre si quelqu'un lui avait parlé pendant une de cés crises.

Les crises se renouvelèrent de façon irrégulière par. bouffées de deux ou trois, deux ou trois fois par an.

En 1947 on note, à l’occasion d’une grippe, une salve de crises uniquement caractérisées par une déviation de la tête et des yeux vers la gauche, se répétant toutes les cinq minutes environ, pendant plusieurs heures, sans altération de la conscience.

À partir de cette date, le malade prend 0 g. 15 de gardénal par jour. Les crises disparaissent pendant plusieurs mois, puis réapparaissent insensiblement. Actuellement, la malade se sent légèrement attirée vers l’arrière pendant un temps très court, et suit un traitement associé :

Adonal + Mélantoïne.

L’examen neurologique est normal,

SLA NOM

: Electro-Encéphalogramme : Tracé à peu près normal; - cependant, on note un rythme alpha très peu visible et l’existence de deux images en forme de pointe, très bas voltées, attirant l’attention sur la région postérieure gauche,

OBsERVATION VIII

Henri L.…., 60 ans.

Aucun antécédent digne d’être noté.

La première crise comitiale remonte à novembre 1950. Précédée par une sensation de malaise et un mouvement involontaire du bras droit, c’est une crise généralisée typique avec chute, perte de connaissance, phase tonicoclonique, morsure de la langue et miction involontaire. Amnésie totale post-crise.

Depuis cette époque, le malade a présenté :

1° Des absences précédées d’une sensation de fuite du sol sous les jambes avec arrêt complet de tout geste et rotation de la tête dans le sens antihoraire, sans perte de connaissance. Leur rythme est très variable : depuis quatre crises. dans la même journée jusqu’à une par mois.

2° En tout, quatre crises giratoires, se déroulant de la façon suivante : on note une légère rotation de la tête vers la gauche, puis le corps effectue un demi-tour sur son axe dans le même sens. Parfois le malade tombe à la fin de sa rotation. D’autres fois non, Dans tous les cas,

FSUAB ES la conscience et la parole sont conservées durant ces crises.

3° Trois ou quatre crises généralisées identiques à la première. Le malade prend 0 g. 20 de Gardénal par jour de façon régulière, mais ce traitement ne paraît pas lavoir beaucoup amélioré.

, L’examen neurologique est négatif.

Électro-Encéphalogramme : Un premier tracé est strictement normal.

Au cours d’un deuxième enregistrement, on note certains aspects un peu suspects, à type de pointes, mais le traitement n’a pas été interrompu et un enregistrement ultérieur serait utile pour préciser la nature vraisemblablement corticale de cette comitialité.

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