CHAPITRE Vi
Détermination des titres de diverses pepsines suivant les pharmacopées française
et étrangères
Venant de signaler toutes les différences des diverses méthodes d'essai, nous nous sommes proposés de rechercher les concordances entre les titres de pepsines normales ou ‘“ Standard ” que ces méthodes déterminent.
A) Titre des Pepsines Françaises
suivant les Pharmacopées Étrangères
Pour établir l’équivalence du titre des pepsines normales de ces pharmacopées au titre français, Dous avons préparé des pepsines françaises à titre croissant.
Pour exécuter toutes nos pesées avec la même précision, nous avons préféré prendre pour chaque essai un même poids de chacune de ces pepsines au lieu de prendre des poids différents d’une même pepsine à titre connu.
I. — Préparation d'une série de pepsines à titres français gradués et vérifiés.
1° PRÉPARATION. — Nous sommes partis d’une pepsine française à titre 400*. Après l'avoir rapidement pulvérisée, nous
* Cette pepsine provient des Usines du Pecq. : ; Nous nu également employé dans nos essais une pepsine titre 1.000 provenant des Etablissements Byla.
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l'avons mélangée intimement au mortier avec une poudre composée d’une partie de lactose et d’une partie de gomme arabique désséchée soigneusement à l’étuve à 40° (le mélange lactose et gomme assurant une meilleure conservation de l'échantillon préparé).
Ainsi, pour préparer une pepsine à titre 50, nous avons pesé 1 gr. 25 de pepsine à titre 400 et 8 gr. 75 de poudre composée.
Pour préparer une pepsine à titre 100, nous avons pesé 2 gr. 50 de pepsine et 7 gr. 50 de poudre composée, etc...
Les mélanges ont été opérés dans un mortier en verre très sec.
Les pesées ont été exécutées au 1/2 milligramme près.f
Les pepsines, durant ces pesées, n’ont séjourné dans l’atmosphère du laboratoire que le temps de les transporter sur le plateau de la balance. Elles ont été ensuite introduites dans des tubes en verres séchés et bouchés au liège paraffiné.
2 VÉRIFICATION. — Nous avons soumis à l'essai du Codex français les pepsines que mous avons obtenues suivant le procédé de dilution indiqué ci-dessus. Nous allons indiquer avec quelques détails la façon dont nous avons procédé.
La matière passive étant de 2 gr. 50 de fibrine sèche dans tous nos essais, nous avons utilisé la fibrine de porc desséchée à basse température suivant le procédé indiqué plus haut, car nous avons vu qu’elle offrait plus de garantie quant à la constance de ses pesées.
Au point de vue de l'acidité, nous avons, pour plus de précision, fait une solution d'acide chlorhydrique dilué et nous avons vérifié qu'elle correspondait au 1/10 de l'acide chlorhydrique officinal pur.
Nous avons employé pour chaque essai 1 gr. 50 de cet acide, soit 30 gouttes à 15°. (Ces gouttes ont été comptées à l’aide d’un compte-goutte normal).
Nous avons opéré pour chaque essai, à la température constante de 50°; pour cela, nons avons exécuté nos digestions dans des flacons d'Érlenmeyer en verre mince de 70 cm de capacité et nous les avons placés dans un B. M. à régulateur bi-métallique ; le couvercle du B. M. a été percé de trous et les flacons bouchés
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avec du coton non hydrophile, pour permettre, au moyen d’une baguette de verre, d’agiter le milieu et d'y placer un thermomètre sans être obligé de soustraire les flacons à la température du B.M.
Ainsi, la température de chaque fiole ne variait pas d’un degré pendant toute la durée de la digestion.
Enfin, l'ordre dans lequel les éléments de l'essai ont été ajoutés a été constant.
D'abord l'eau distillée, ensuite l’acide chlorhydrique, puis la fibrine. Après agitation, pour empêcher les grumeaux de se former et chasser les bulles d'air, nous avons mis les flacons au B. M. Lorsque la température de 50° a été atteinte, et à ce moment là seulement, nous avons ajouté la pepsine.
3° TOUCHE AZOTIQUE. — Au bout de six heures exactement, nous avons filtré les digestés après refroidissement, jusqu’à limpidité parfaite. Nous avons opéré sur 10 cm* de filtrat dans des tubes en verre neutre construits par la maison Leune. Ces tubes avaient 15 cent. de haut sur 12 "/" de diamètre et étaient exactement calibrés.
Nous avons ajouté à ce filtrat de l'acide azotique officinal vérifié pur (20 gouttes normales en 3 minutes). Après addition de chaque goutte d'acide, nous avons retourné les tubes obturés avec un bouchon de caoutchouc.
J. Disdier [10] a montré, en effet, que la durée plus ou moins longue de l'épreuve azotique influait sur les résultats. Il se produit en outre un échauffement du milieu après addition de chaque goutte d'acide azotique, pouvant faire monter la température au-dessus de 20°; or, pour des températures comprises entre 17 et 20°, plus la température est haute, plus il faut de gouttes d'acide azotique pour obtenir un Jouche avec la même digesté. Nous avons donc préféré opérer la lecture du résultat à la température moyenne “de 19°, en maintenant cette température par refroidissement si besoin était, et en la vérifiant au moyen d’un thermomètre. Nous ne nous sommes pas contentés de rechercher le trouble qui se produit avec 20 gouttes d'acide azotique, mais aussi avec 10 et 30 gouttes pour mieux délimiter le commencement et la fin de la réaction. En outre, nous avons noté dans certains cas, le nombre de gouttes minimum produisant un louche, faisant la