CHAPITRE NT
Le liduide céphalo-rachidien dans les états méningés
Tous les cas que nous avons étudiés ont un point commun ef caractéristique : c'est qu ‘ils ont tous présenté, uniquement un syndrome méningé indiscutable. Chacun d'eux a été réellement un état méningitique. Il semblerait donc qu'à cette unité de symptômes devrait correspondre une unité d’altération. Il n'en est rien, à l'état méningé ne correspond pas toujours la même réaction méningée. Nous savons déjà que dans les méningites cytologiques la formule présentée par le liquide céplalo-rachidien peut varier pour ainsi dire, à l'infini. Tout d’abord une même maladie ne provoque pas chez tous les individus la même réaction méningée, et chez un même individu, la même formule éytologique ne s'observe pas durant toute:la maladie. Une- polynucléose devient-souvent de la lymphocytose, : ::: AT Vie "A uné ‘réaction ‘ méningéé -frès marquée cliniquement, pourra correspondre une ‘réaction rinimeet inversement à üne réaction intense, -purifoïme pourra 6orrespondre une symptômalotogique des plus atténuées: Une invasion en masse de la cavité rachidienne par les microbes, au lieu de déterminer comme il est de règle, la mobilisation en masse des polymucléaires, pourra ne déterminer au contraire aucune réaction leucocytaire. Il existe des observations où le liquide céphalo-rachidien fourmille de microbes el où il est impossible de trouver le moindre élément celluaire. Il peut exister au contraire des faits ou de nombreux leucocytes existent
sans qu'il soit possible de déceler le moindre microbe. L'intrégité des éléments cellulaires répond le plus souvent avec l'absence du microbe, l’altération des polynucléaires coexiste le plus souvent avec la présence de microbes virulents. C'est vrai. Et cependant le contraire aussi est vrai. On trouve des polynucléaires intacts avec des microbes (Devé) ; les polynucléaires peuvent être altérés en l'absence de microbes.
On ne peut donc à l'heure actuelle mettre en paralléle les symptômes cliniques et les réactions cytologiques qui en dépendent. Cette notion devient évidente si l’on passe en revue et les manifestations cliniques des. méninges et: les examens leucocytaires qui donnent des résultats si différents. Que voit-on ? Multiplicité des formes cliniques, multiplicité des formules cytologiques.
Ces qui est vrai des méningites, est vrai des états méningés. Etats méningés, réactions méningées ne se correspondent pas toujours dans leur intensité.
Nous n'étudierons donc pas les réactions ménigés en fonction de l'intensité des symptômes observés.
L'existence d'une réaction physico-chimique et histochimique ne-marche pas parallèlement avec celle d'une manifestation clinique. Cela-Veut-il dire que nous devons dénier toute; valeur.à la:ponction lombaire ? Loin de nous pareiHe-idée. Il est impossible au contraire à l'heure actuelle de s'occuper de l'étude des affections méningées sans recourir à la ponction lombaire, dont la nécessité s'impose à toute minute. Quoique d'importation récente elle a rapidement conquis droit de cité parmi les méthodes les plus précises d'investigations de Ja clinique moderne. Le pralicien ne peul. ni ne doit J'ignorer.; elle lui est aussi indispensable à Connaître, que le tubage ou la (rachéotomie. ” AA |
Le rôle de la ponction lombaire consiste à éclaircir certaines données du diagnostic. Hésite-t-on en pré-
sence de phénomènes nerverx suspects, la ponction lombaire enlève tous les doutes en montrant qu'il y a ou qu'il n’y à pas de réactions méningées.
Mais à l'heure actuelle il nous est impossible, pour les états méningés de constituer des formules basées sur les différents caractères du liquide céphalo-rachidien. La plupart des observations que nous avons parcouru ne nous renseigne que sur la formule cytologique. En dehors d’elle, peu de renseignements. L'examen chimique est le plus souvent négligé. Nous ne parlerons pas de l'examen bactériologique puisque par principe nous n'avons tenu compte que des observations où une étude minutieuse en avait été faite. Les méthodes biologiques appliquées à l’étude du liquide céphalo-rachidien ne nous paraissent pas encore être entrées dans la pratique courante. Nous en rapportons les résultats et en discutons la valeur dans l'étude spéciale à chaque état méningé.
Ce sera donc l'étude de la formule cytologique du liquide céphalo-rachidien qui nous occupera ici. Nous la ferons à un point de vue général renvoyant pour une étude plus complète à chacun des états méningés que nous avons étudié en particulier.
Dans les altérations du liquide cépalo-rachidien que nous avons rencontrées nous avons pu distinguer plusieurs groupes. Dans un premier groupe il n’y avait qu'une réaction chimique sans réaction leucocytique. Dans un second groupe il y avait réaction chimique et leucocytaire et celle-ci pouvait être de la lymphocytose ou (le la polynucléose.
L'étude chimique ne portait d'ordinaire que sur l'albumine. Dans la plupart des cas on notait une hyperalbuminose du liquide céphalo-rachidien, mais le taux de l’albuminie n’était pas toujours indiqué.
DS: Pie
Plus importante sera l'étude de la lymphocytôse et de la polynucléose.
Lymphocytose. — Un grand nombre d'infections s’accompagnent de lymphocytose. Elle était notée dans tous les cas d'états méningés-tuberculeux que nous avons rapportés dans la plupart des cas de syphilis méningée. Ce sont des faits tellement connus qu'il nous semble inutile d'y insister. De même la fréquence de la lymphocytose dans les oreillons est bien connue. C'est Monod qui le premier la décela, puis Dopter. (13 cas, dont un avec paralysie faciale).
Vincent, Chauffart et Boidin, Nobécourt et Brelet, Sicard, Féliciano. Dans un cas de Dopter il y avait de la polynucléose.
Thaon a signalé la lymphocytôse de la variole, Dopter, Hutinel, Cayrel et Weill, Dufour et Giroux, Paisseau et Milhit, Gouget et Bernard ont cependant décrit la méningite scarlatineuse à polynuciéaire. Dans ces cas le liquide est stérile. Quand il est infecté la formule peut changer. Il en est de même, cela se conçoit dans tous les états méningés infectieux. On a trouvé de la lymphocytôse dans la grippe; Monod. Legendre, Terrièn. Dans la fièvre typhoïde, Allaria, Achard et Paisseau, Méry et Babonneix, etc... dans les infections paratyphoïdes, B. Saquépée — Dans les affections des voies respiratoires, pneumonie, broncho-pneumonie), (Curlo, Voisin Monod.) Dans les infections gastro-intestinales (Monod, Nobécourt et Voisin, Brassard). Dans le paludisme nous avons observé une lymphocytôse au cours d’un coma paludéen, avec notre maître, le professeur Ardin-Delteil, de même Lortat et Jacob.
Dans les intoxications la formule lymphocytaire d'emblée paraît rare. Cependant dans le saturnisme Mosny