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Alors que ceux-ci voient leur protoplasme et leur noyau atteints simultanément et profondément, les polynucléaires intacts se ramolissent légèrement ; la chromatine de leur noyau entre en pycenose s’homogénéisant légèrement,”"mais leur contenu protoplasmique reste toujours net et parfaitement arrondi. D'ailleurs peu sont soumis à cette senescence, et rares sont les éléments légèrement vacuolisés au milieu des éléments sains. Au contraire dans les épanchements septiques rares sont les éléments sains au milieu des polynucléaires altérés. Ici la sénescence attaque tout en même temps, là elle ne fait sentir ses effets que petit à petit, altérant les leucocytes les uns après les autres. Ici la sénescence est précoce et rapide : là elle est lente et tardive.
Ces épanchements puriformes conservent cet aspect pendant un temps variable ; le plus souvent à la polynucléose du début fait place une lymphocytose qui, une fois installée peut persister pendant un temps plus ou moins long après la guérison.
Les suppurations aseptiques conservent des éléments sains parce que les polynucléaires appelés dans le liquide céphalo-rachidien n’ont pas à soutenir une lutte aussi énergique que lorsque les microbes sont en jeu.
[l'est fort probable, en effet, que ce sont des processus congestifs qui commandent l'épanchement puriforme aseptique. Cet épanchement a fréquemment la fugacité qui caractérise les processus congestifs. Une forte hyperémie des méninges peut suffire à provoquer ces accidents. Ce n’est en somme que l’exagération des phénomènes congestifs que l’on observe dans les maladies du système nerveux. La fluxion rouge de la trame méningée aboutit à la formation d'un esudat blanc dans le cul de sac arachnoïdo-piemérien. Les faits sont intéressants à connaître pour le diagnostic et le pronostic. D'une part ces épanchements puriformes à polynucléaires intacts
AE Re
guérissent toujours, le plus souvent sans séquelles. D'autre part leur connaissance montre que l'on ne doit pas d'emblée poser le diagnostic de méningite microbienne en présence d’un liquide puriforme.
Elle permet en outre de distinguer celte forme de réaction puriforme d’une intensité toute particulière parmi les états méningés de Widal.
Il ne faudrait pas d’ailleurs conclure de ce fait que dans les états méningés à liquide céphalo-rachidien aseptique puriforme, ce liquide doit toujours ne contenir que des éléments intacts: et rejeter le diagnostic de réaction amicrobienne en présence de liquides purulents contenant des éléments fort altérés. Remenger a montré qu'il existait des états méningés dans lesquels le liquide céphalo-rachidien-purulent, ne contenait que des polynucléaires fort altérés, en pycnose. Toutes les réactions de laboratoire, toutes les cultures, les inoculations furent impuissantes à y déceler le passage d’un microbe Ce liquide a été peut-être infecté, il n’a fait que devenir stérile par la disparition des microbes qu'il renfermait : c'est possible, mais le fait n’en existe pas moins, que l’on peut rencontrer des liquides puriformes aseptiques sans polynucléaires intacts. Si donc la présence de tels éléments peut suffire à faire porter un pronostic bénin, leur absence, et l'existence à leur place de polynucléaires altérés ne doit pas forcément faire admetlre un pronostic grave.
D'ailleurs nous devons nous entendre sur le pronostic bénin des épanchements puriformes aseptiques, nous verrons au chapitre pronostic, que si ils guérissent le plus souvent sans séquelles, ils peuvent parfois en présenter (Claude et Lejonne). Ils n’en réclament pas moins un iraitement souvent énergique, comme, par exemple dans le fait personnel que nous rapportons. La présence de polynucléaires intacts dépend le plus souvent d'un foyer d'infection de voisinage ou de siège plus