‹ Contribution à l'étude DES États MéningésChapitre 45 sur 66 · ARDIN-DELTEIL, RAYNAUD ET COUDRAY · texte numérisé non relu

ARDIN-DELTEIL, RAYNAUD ET COUDRAY

Santac..… Vinc…., 21 ans journalier, entré le: 16 décembre 1911, salle Trousseau lit n° 21, dans le coma.

Le malade ne peut répondre à nos questions, mais son entourage nous dit, qu'arrivé depuis cinq mois en Algérie, il a contracté il y à deux mois les fièvres.paludéennes, accès nettement caractérisés par les trois stades de frissons, chaleurs, sueurs ; forme tierce. Ces accès fébriles n’empêchèrent pas le malade de continuer son travail. Le 15 décembre 1911 dans la matinée étant en train de travailler la terre, il fut pris brusqument de frissons et tomba dans le coma. C’est dans cet état qu'il nous est amené.

L'examen confirme le paludisme, tant l'examen clinique en montrant un faciès lerreux, une anémie marquée, une grosse râte, que l'examen du sang qui montre des hématozaires (forme tierce).

Ce qui frappe en outre c’est un syndrome méningé net.

Le malade est couché en chien de fusil, gémissant, il est sorti de Son coma, mais est encore dans un état de torpeur qui ne lui permet pas de répondre aux questions qu'on lui pose.

On remarque de la raideur de la nuque, signe de Kernig net, pas de Babinsky, une légère exagération de réflexes. La veille le malade a vomi. Il est constipé.

Pas de troubles oculaires, cependant il à de la photophobie et ne se trouve bien que sa têle sous les draps.

Rien à l'examen des autres appareils.

Température 37° 5. Pouls 80.

’ Ponclion lombaire : liquide hypertendu, clair, quelques crochets de fibrine. Anneau net d’albumine. Pas de culot de centrifugation pas de lymphocytose.

17 décembre. — Le malade a eu un accès dans la nuit. Les syndromes méningés sont les mêmes. Pas d’améloration notable. Cependant le malade bien que très obnubilé parait s'intéresser à ce qu'on lui fait. Température 39° 4. Pouls 100.

Examen des urines, pas d’albumine, pas de sucre.

Injection de Bichlorchydrate de quinine 1 g. 50.

15 décembre. — La température est tombée à la normale. La raideur de la nuque et le Kernig persistent, mais le malade parait beaucoup mieux. Il répond aux questions et se plaint de céphalées. 6 :

Dans la soirée il fait un nouvel accès, moins violent, LAEVSSCA 0:

Injection de quinine 1 g. 50.

19 décembre. — Les symptômes méningés ont presque totalement disparus. Encore un peu de raideur, pas de céphalées. L’appétit est revenu. Température normale (37° 2). Pouls 76.

Injection de quinine 1 gr. 50.

Depuis pas de nouvel accès.

Sous l'influence d’un traitement aux pilules « Esanofèes » du docteur Grassi : /

Chlorhydrate de quinine 0, 10 cente.

Acide arsenieux un milligramme.

Citrate de fer 0 05 centg. Amers 0 15 centg.

pour une pilule n° 6.

Le malade entre en convalescence.

I contracla par la suite le typhus exanthématique et ne présenta aucun symptôme méningé, si ce n’est la céphalée

ver)

si habituelle dans ce cas. Une injection de 606 (Salvarsan) 030 centgr. en injection intraveineuse à paru diminuer la durée de la maladie et l'intensité des phénomènes. Guérison.

2° Les malades peuvent présenter un syndrome méningé net sans altération notable chimique ou leucocytaire du liquide céphalo-rachidien. — Un malade de la salle Trousseau, à Mustapha, nous donne un exemple net de cette forme clinique.

3° Enfin, au cours du paludisme aigu, on peut observer cliniquement un syndrome méningé que le laboratoire confirme par les résultats de l'examen du liquide céphalo-rachidien.

Le tableau clinique emprunte le masque de la méningite cérébro-spinale et le diagnostic devient épineux.

C'est un cas de ce genre que nous avons observé avec MM. Ardin-Delteil, Raynaud et Granger. Dans ce cas il n'y eut pas de réaction leucocytaire notable. Deux cas semblables ont été publiés par Vitello Guiseppe. Il policlinico, sezione pratica, an XVF fas. 3, p. 78, 17 janvier 1909). IS ont trait à deux malades atteints de paludisme grave, ayant présenté un syndrome méningitique complet, alarmant, que l’auteur place sous la dépendance probable des troubles cireulatoires relevant directement du paludisme.

OBSERVATION

ARDIN-DELTEIL. Leçon clinique recueillie par Max COUDRAY. in Bulletin médic. de l'Algérie 1911.

Jeune garcon de 18 ans, R... Louis, cultivateur, entré le 8 octobre dernier dans le service, salle Trousseau, n° 2 et venant de Béni-Messous.

Ses antécédents héréditaires manquent d'intérêt ;

En revanche, les antécédents personnels de ce garçon sont

assez chargés. 11 habite l'Egypte jusqu'à 13 ou 14 ans, il affirme n’avoir,jamais eu d'accès de fièvre.

Enfin, depuis deux ans et demi, il présente un écoulement chronique des deux oreilles survenu sans cause apparente.

Vers le 4 octobre, il a été pris d'un malaise général, S’accompagnant de courbature, de fièvre, de céphalée, et d'insomnie, de vomisements, de diarrhée, d’epistaxis.

Le 7 octobre, il entre à l'Hôpital, et à cause de la coexistence de la double otorrhée dont je viens de vous parler, on le dirige dans un service de chirurgie, à la salle Dupuytren.

Monsieur Aboulker Henri (Chef du Service Oto-Rhino-Laryngologique) est consulté. :

Aucun symptôme local ou de voisinage n'autorise a penser que l'otite double puisse être mise en cause. L'état général observé n'est pas un état général dépendant, il est autonome. Etant donné les symptômes constatés ; le diagnostic s'oriente vers la dothiénentérie, avec d’autant plus de raison, semblait-il, que la constitution médicale régnante à ce moment se caractérisait par l’éclosion d’un très grand nombre de cas de fièvres typhoïdes. C'est dans ces conditions et sous cette étiquette que le malade fut évacué dès le 8 octobre, dans notre service.

À son entrée, il est dans un état de prostation manifeste, la température axilaire est de 39°, la rate légèrement tuméfiée, la langue suburrale, céphalée violente, insomnie, congestion à la base des deux poumons, pouls à 80 (en dissociation avec la température) ; présomption de fièvre typhoïde. Le soir la température s'élève à 39°7, aux symptômes précédents énumérés se. superpose un syndrome méningé des plus accusés et des plus nets ; raideur de la nuque, hypéresthésie cutanée, raie méningitique, contracture des membres inférieurs ; signe de Kernig, céphalée intense, constipation. Une ponction lombaire pratiquée le 9 octobre, donne un liquide céphalo-rachidien limpide hypertendu, stérile et sans trace de réaction cellulaire.

Le séro-diagnostie de Widal est négatif, une hémoculture faite au même moment demeure aussi négative.

Le syndrome méningé, très net, persite pendant trois jours et ne commence à s’atténuer qu'après la ponction lombaire. Le 11 octobre la température s’abaisse au-dessous de 37°, l'état général est meilleur, l’état méningé a presque disparu. Le 15., la température s'élève de nouveau, et on voit

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reparaître de l’hypéresthésie cutanée, un léger signe de Kernig sans raideur de la nuque. Un second séro-diagnostic est encore négalif.

Un nouvel examen des oreilles, pratiqué entre temps par M. le docteur Henri Aboulker tend toujours à mettre l’otite double hors de cause.

Le 21 et le 22, la température s'élève jusqu’à 39° 2 ; cette ascension est précédée d’un frisson, il se produit d'autre part une. transpiration assez abondante. L'examen du sang révèle la présence d’hématozoaires sous forme de corps en croissant. i

Le malade reçoit trois injections de quinine de 1 g. 50 pendant trois consécutifs ; la fièvre disparait comme par enchäantement dès la première, le signe de Kernig disparait totalement et le malade guérit rapidement.

En résumé, au troisième jour d’un état fébrile relevant indiscutablement du paludisme, il y a une apparition d'un véritable « état méningé » caractérisé par de la céphalée, des vomissements, de la constipation, de la raideur de la nuque, du signe de Kernig. Cet état persiste pendant trois jours et cède à peu près complètement après la ponction lombaire qui montre un liquide céphalo-rachidien tout à fait normal et seulement hyperlendu. Les jours suivants malgré le retour de la fièvre, cet état ne réapparait plus, et se borne à de l’hypéresthésie légère associée à une esquisse de Kernig. s

ARDIN-DELTEIL (/0co cilato)

Enfant de 10 ans B... Edouard, enré à l'hôpital Claude- Bernard le 10 octobre. Il était malade depuis cinq jours, le début avait été insidieux, marqué par de l'abattement, de la courbature, des maux de tête, de la diarrhée, de l’anoréxie. Il n'avait point présenté d’épistaxis. Au moment de son arrivée dans le Service, on avait constaté de la prostation, de la céphalée, un état fortement saburral de la langue, des gargouillements dans la fosse illiaque droite, de la diarrhée ; le pouls était rapide ; l’auscultation ne décelait rien d’anormal du côté du cœur ni des poumons ; le foie et la rate étaient normaux ; non douloureux. Pas de taches rosées. La température était élevée, en plateau, avec quelques rémissions plus ou moins accentuées ; et se maintint ainsi jusque vers le 15 octobre.

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