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CHAPITRE XIV

Les états méningés dans les Oreillons

Les troubles nerveux survenant aux cours des oreillons, sont depuis très longtemps bien conus des cliniciens qui les expliquaient de diverses façons ; hypérémie cérébrale (Eichhorst) (1) par compression de la jugulaire interne par la tuméfaction de la parotide ; embolies parles de l'endocarde (Jaccoud Grancher) : hystérie (Comby) ; méningite (Gallavardin) (2).

Monod (3) ayant découvert l'existence de la lymphocytose au cours des oreillons chez les enfants Chauffard et Boïdin (4) montrèrent les relations qui existaient entre cette lymphocytose rachidienne et les troubles cliniques. Ils montrèrent que l'exode leucocytaire est la signature d’une méningite ourlienne lymphocytique. Depuis de-nombreuses observations en ont été signalées (Dopter) (5), Sicard (6), Nobécourt et Brelet (7), Hutinel

EICHHORST. Ziemmsen’s Handbuch. (1883).

3) Moxop. Thèsé de Paris, (1902).

%) CHAUFFARD ET BoiniN. Soc. Méd: des Hôp. (25 mars et 6 mai 1904).

(5) Doprer. Soc. Méd. des Hôp. (29 juillet 1904, 17 février 1905).

(6) Sicarp. Soc. Méd. des Hôp. (15 février 1905).

(7) NOBECOURT ET BRELET, Soc. de pédiatrice, (nov. 1905).

(2) GALLAVARDIN. Gazette des Hôpitaux, (1898). (3)

(8), Vermot (9), Teissier et Schæffer (10), Colomw et Mary-Mercier (11), etc.

Nous n'insisterons donc pas sur ces faits bien connus. Dopter en a fait récemment une excellente revue générale. (Paris Médical, 10 décembre 1910).

Ce syndrome méningé est cliniquement des plus variables dans l'intensité de ses manifestations. Tantôt c'est le tableau de la méningite à grands fracas, tantôt c'est celui de la méningite fruste : entre ces deux extrémes se placent tous les intermédiaires. IIS apparaissent après la tuméfaction parotidienne. Ces cas sont bien connus.

Plus rares paraissent être ceux qui précèdent toute inflammation de la parotide. Dans ce cas le diagnostic avec la méningite cérébro-spinale est à peu près impossible. C’est un cas de ce genre qu'ont tout récemment observé Colomb et Mary-Mercier (loco citato).

L'étude du liquide céphalo-rachidien et de rares autopsies permettent d'affirmer que ce syndrome relève, non pas du méningisme dans le cadre duquel Lamouroux (1) le faisait entrer, mais de lésions méningées véritables.

La formule observée est habituellement lymphocytaire pure : parfois cependant on découvre quelques polynucléaires. Les lymphocytes sont en nombre variable, de 10 à 50 et 80 par champ en moyenne. Il y a une légèrc hyperalbuminose, et imperméabilité au bleu de méthy-

8) HUTNEL, Bulletin médical, (29 octobre 1910). (9) VENNOT, Archives de médecine militaire, (février 1908).

10) TEISSIER ET SCHŒFFER, Congrés de médecine interne, Paris, (octobre 1910).

11) CocomB Er Mary MERCIER. Soc. Méd. des Hôp. (28 février 1912).

1) Lamouroux, Thèse de Paris (1902). .

lène (Dopter). Comme dans tous les élats méningés que nous avons étudiés, il n' y'a pas de relation directe entre l'abondance de la lymphocytose et l'intensité des réactions cliniques (Tessier et Schoeffer, loco citato). Le li-

quide est le plus souvent resté stérile, Teissier et Eymein y ont cependant retrouvé le coccus qu'ils considèrent comme l'agent pathogène des ourles. Les cultures faites après la mort avec des exsudats méningés sont aussi restées négatives. Il y a eu en effet quelques cas de mortpar méningite ourlienne (Maximowitch, Dopter). On trouve dans ces cas une hyperhémie du cerveant, du cervelet et de la moelle, avec exsudat séro-fibreux ou ædème gélatineux. |

Les complications de la méningite ourlienne sont fréquentes. Rarement le syndrome méningé se montre à l'état de pureté. Il s'accompagne de troubles paralytiques provoqués par l'exsudat méningé. Ces troubles paralytiques sont d’origine encéphalique ou névritique.

Comme paralysies d’origine encéphalique on a noté :

L'aphasie et l'agraphie avec paraparésie des membres inférieurs (Monro et Healy), aphasie et paralysie du bras droit (Janson-Zuède), aphasie motrice pure (Sorel), aphasie, hémiplégie droile, paralysie faciale gauche (Lannois et Lemoine, Glénereau).

Les nerfs craniens sont souvent attients, parfois tous, sauf le facial (un cas de Revilliod); on a encore cité : pa-

(2) MaximowiITcH. St. Pétersburg, méd. Wocheuschriffl. (1880).

(1) MANRO ET HEALY, The Lancet. (1885)

(2) JANSON-ZUIDE, Ann. de la Soc. Médico-chirurgical de Liège (1884).

(3) LAUNOIS ET LEMOINE. Loco-citato.

(4) GLÉNEREAU. Loco-citato.

(5) REVILLIOD Bulletin de la Suisse Romaine, (1910).

ralysie faciale périphérique (Daireaux, Couraud et Petges), parésie du facial gauche avec hémiparésie droite du voile du palais et de la langue et mydriase gauche (Dopler) ; paralysie isolée du voile du palais (Mandonnet) ; le zona (Sicard, Apert, Dopter) ; amblyopie, névrile optique (Talon, Blanchard, Dor).

On a noté encore des troubles névritiques des membres (Geoffroy, Gallavardin).

Ces complications, et le syndrome méningé coexistant le plus souvent avec l’orchite ourlienne, sans qu'on puisse en trouver une pathogénie précise. L'avenir nous renseignera peut-être davantage sur la nature de cette coexistence.

À part quelques cas mortels, les états méningés our-liens sont habituellement bénins. IS rétrocèdent rapidement et.avec eux les paralysies partielles qui laccompagnent. Seules semblent persister la névrite optique et la surdité labyrinthique. Cette bénignité des états méningés est, avec l'apparition ou l'existence antérieure des ourles, le meilleur élément de diagnostic en général facile : malgré qu'on ait pu signaler des cas de méningite tuberculeuse au cours des oreillons (Antony, Catrin).

(6) DArREAUx. Bulletin méd. (1899).

7) DoPTER, Soc. méd. des Hôp. (5 juillet 1904).

S) MANDONNET. Centre médical, (15 janvier 1903). 9) Sicarp. Loco-citato

(10) APERT. Soc. de de didhriées (1908).

11) Dorrer. Progrès médical, (1906).

2) TALON. Arch. de méd. militaire 1883).

13) BLANCHARD. Bulletin med. (1899).

(14) Dor. Lyon méd. (15 avril 1900).

= Oh

OBSERVATION CHAUFFARD ET BOIDIN, Soc. Méd. des Hôp.

Homme, vingt-quatre ans, atteint d'orcillon. Pendant cette affectation son pouls se ralentit (55), devint instable, de la céphaialgie apparut, puis de l'inégalité papillaire. Ces symptôme transitoires durèrent deux ou trois jours. Une ponction lombaire pratiquée à ce moment montre une lymphocytose moyenne, trente éléments par champ. Dix jours plus tard tout symptôme avait disparu et le liquide céphalo-rachidien était redevenu normal.

Aucun symptôme spinal. | CHAVIGNY. in thèse Mathieu. Lyon 1903-1904.

! Soldat, vingt et un ans, Entré à l'hôpital avec les oreillons, mais a présenté dès son entrée des manifestations très nette : vomissements, céphalée, raideur de la nuque, Kernig. Strabisme quinze après son entrée ; ponction lombaire. Le liquide chéphalo-rachidien s'échappe sous assez forte tension. On en recueille environ 10 centimètres cubes. A la suite de la ponction, la céphalée et la diplopie diminuent. Le Kernig a presque disparu. Le surlendemain de la ponction état général excellent ; le malade se lève et demande un supplément de nourriture. Un mois après son entrée, lé malade sort guéri. 11 subsiste un très léger strabisme : Kernig complètement disparu.

CoLoMB ET MARY MERCIER. Soc. Méd. des Hôp. 28 février 1912.

R..., sous-officier, était bien portant la veille et ne s'était plaint ni de fatigue, ni de quelque symptôme que ce fut. Il est trouvé, le matin au réveil, étendu sans connaissance sur le parquet de sa chambre ; on le transport immédiatement à l’infirmerie, où nous constatons les symptômes suivants

Ce malade est dans le coma complet, les yeux vagues. la pupille est dilatée. Pouls à 120, température 40 degrès. Il est couché en chien de fusil et présente le signe de Kernig très prononcé, Raideur de lanuque. Enfin, pendant l’examen, le malade fait des efforts pour vomir, et rejette quelque peu de liquide et de mucosités.

Devant des symptômes si nets, nous l’évacuons immé-

diatement à l'hôpital et prenons les mesures prescrites dans la méningite cérébro-pinale.

Le malade resta,trois jours dans le coma, présentant ces mêmes symptômes sans modifications. Enfin, le troisième jour tout ce calma. Le pouls s’apaisa, la température baissa à 38 degrès ; le malade repris connaissance, la mydriase et le Kernig disparurent. Le lendemain, à l’étonnement général, les parotides étaient enflées, douloureuses et donnaient l’aspect d'un cas typhique d’oreillons. Cette affectation évolua normalement par la suite. Les symptômes méningés ne reparurent pas.

L'examen du liquide céphalo-rachidien fut fait. Il était clair, non hypertendu. Mononueléose peu abondante,

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