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CHAPITRE PREMIER

Méningite sérique

Depuis quelques années, Courtois-Suffit et Dubosc, Netter, Dopter, Menetrier avaient noté incidemment chez leurs méningitiques cérébro-spinaux, une réaction rachidienne locale consécutive à l'injection de sérum. Ménétrier et Mallet (Soc. Médè des Hôp. 28 mai 1909) présentaient une observation dans laquelle les injections injections de sérum provoquaient régulièrement chez un nourrisson une élévation de la température avec des phénomènes d’agitation et de contracture. Hutinel, Finlev et White (de Montréal) avaient cité des faits analognes. À Sicard et Salin appartenait de démontrer la réalité clinique et anatomique de la méningite sérique: c'est bien le sérum qui, par son action perturbatrice au sein du liquide céphalo-rachidien ou irritative sur les méninges détermine l’éclosion des phénomènes morbides.

Tout d’abord ils montrèrent qu'une injection d'eau salée suffisait à elle seule à provoquer ces différents troubles, même lorsque la cavité rachidienne était normale, |

Traitant des individus atteints de troubles mentaux, ils pensèrent « agir plus efficacement en provoquant aux alentours même des tissus nerveux, dans le liquide qui les baigne, un trouble de la perméabilité méningée », et injectèrent quelques centimètres cubes d’eau chlorurée isotonique dans la cavité rachidienne. Ils furent très étonnés de constater de.vives réactions. Cette simple injection de sérum artificiel, isotonique, cryoscofaut à

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0,56 ou mieux 0,68, comme le liquide céphalo-rachidien normal, poussé à la dose de 3 à 4 cc. dans le canal rachidien, déterminait des perturbations locales très marquées et parfois un trouble de l'état général inquiétant.

Les réactions locales apparaissaient déjà 6 à 8 heures après l'injection. Le liquide était trouble, opalescent, donnant à la centrifugation un véritable culot puriforme de polynucléaires. En deux ou trois jours, progressivement, la poussée réactionnelle polynucléaire S'éteignait non sans laisser cependant une lymphocytose résiduelle qui persistait un à deux mois environ.

En même temps que ces troubles locaux, se produisaient des perturbations dans l’état général. La température, quelques heures après l'injection, atteignait 39° : la céphalée devenait intense, avec nausées, ébauche de kernig, de rachialgie.

Très étonnés des vives réactions ainsi suscilées ils abandonnèrent l'eau salée pour des injections de sérum antiméningococcique, que l’on disait être alors tout à fait inoffensives. Les mêmes réactions locales et générales se se produisirent.

C'est alors qu'ils étudièrent les effets de ce sérum chez des malades atteints de méningite cérébro-spinale à méningocoques. Le sérum qui provoquait des 1ésions inflammatoires au contact des méninges saines, réveillait les lésions d'une méningite cérébro-spinale guérie ou en voie de guérison. C'est ainsi que dans l'observation que publièrent Sicard et Salin (Société Méd. des Hôp. 8 juillet 1910, p. 40) on peut voir qu’à chaque injection rachidienne de Sérum, surtout lorsqu'elle est pratiquée après la période d'état, correspond une poussée thermique s'accompagnant de phénomènes généraux impressionnants, avec réapparition des signes méningés (céphalées, vomissements, contractures).

La poussée sérothérapique disparaît le plus souvent

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