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CHAPITRE IV

État méningés toxiques au cours des tumeurs malignes

Baudouin a publié une observation de syndrome méningé d’origine toxique dans un cas de sarcome bilatéral des reins. La réaction des méninges « était attestée anatomiquement par la lymphocytose très marquée du liquide céphalo-rachidien, cliniquement par le syndrome très complet que présentait le malade (signe de Kernig, raideur de la nuque, etc). » Ce malade avait d'ailleurs été envoyé à l'hôpital avec le diagnostie de méningite cérébro-spinale. On verra par la lecture de l'observation combien il était naturel.

OBSERVATION BAUDOIN. Soc. Méd. des Hôp. 1912.

M... de 17 ans, entre à l’hospice général de Tours, le ( avril 1910, envoyé avec le diagnostic méningite cérébrospinale.

Nous le trouvons abattu, mais avant gardé toute sa lucidité d'esprit ; il s'intéresse à tout ce qui se passe autour de répond intelligemment à toutes les questions qu'on lui pose mais présente une certaine difficulté par articuler les mots, qui remonte déjà à huit jours, d’après ce qu'il nous raconte.

La maladie, du resté, à débuté il y a un mois, en pleine alors qu'il n'avait jamais eu la moindre indisposition depuis sa tendre enfance. Pas de tuberculose, pas de syphilis.

Le 6/mars 1910, en travaillant, il éprouve de violentes douleurs dans les reins ; il continue pendant quinze jours à vaquer à ses occupations.

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Il constate pendant cette période, que sa santé, naguère robuste, semble à présent s’altérer : il a une épistaxis, il est géné par une constipation accentuées ; il n'a pas de vomissements, pas de troubles de la miction, mais la fièvre s’allume et vers le 20 mars, complètement affaibli, incapade lutter davantage, il s’alite et le médecin appelé SE çonne la fièvre typoïde.

A partir de ce moment la maladie s’affirme : rachialgie intense avec céphalées, vomissements constipation et rétention d'urine, légère prostation avec état général fébrile.

‘Le médecin pense à une méningite cérébro-spinale et l’envoie à l'hôpital.

A notre premier examen, nous le trouvons couché dans le décubitus dorsal, pâlot, amaigri, prostré, indifférent en apparence.

Nous constatons, une difficulté dans l'articulation des mots. se k

Il présent une hémiparésie faciale gauche. Les pupilles sont inégale avec mydriase prononcée de l'œil gauche. Pas de signe d’Argylil-Robertson.

La paupière supérieure gauche présente un léger ptosis.

La force musculaire est très diminuée au niveau des membres inférieurs.

Les réflexes rotuliens sont abolis, il n'y a ni signe de Kernig ni signe de Babinski.

Il n’y a pas non plus de troubles de sensibilité dans ses diverses modalités.

Pas de troubles sensoriels.

La température atteint 38°7 ; le pouls 132 ; la dyspnée, 32 ; la tension radiale au sphygmomanomètre Potain : 22.

Les poumons sont absolument nomaux.

Les bruits du cœurs sont sourd et rapides.

Les urines atteignent 1.700 centimètres cubes dans les vingt-quatre heures : albumine 1 gr.

Pas de cylindres urinaires.

Les reins ne sont pas sensiblement Fan au pälper, | on sent leur pôle inférieur.

L foie est un peu gros, la rate normale. Ç

Le ventre, très légèrement tendu, est peu douloureux à la pression surtout au niveau de la fosse iliaque droite, où l’on sent une petite tumeur de consistance plus ou moins dure, du volume d'une petite mandarine, assez irrégulière et donnant tout à fait l'impression d’une tumeur stercorale.

Ponction lombaire ; le liquide s'écoule en jet, il est franchement hémorragique. Au repos, ce liquide conserve sa teinte rouge. À l'examen cytologique, lymphocytose abondante avec hémorragie méningée. On injecte au cobaye 10 centimètres gubes de ce liquide dans la cavité péritonéale, sacrifié un mois après, il n'a pas réagi.

L'intradermo-réaction donne aucune rcaction.

Le séro diagnostic est négatif.

L'hémoculture est négative.

9 avril. — Le malade est très affaibli

Le signe de Kernig est peu marqué.

Pas de signe de Babinski.

Pouls discrote : 140.

Raïdeur de la nuque.

Dans l’après-midi, il tombe dans le coma et meurt.

Ici, comme le fait remarquer Baudoin, il nous semble difficile d'invoquer une autre cause d'intoxication que celle due au sarcome.

1° L'hémoculture est restée muette.

2° La tuberculose a été éliminée, macroscopiquement et microscopiquement, par l'intradermo-réaction négative, parl'inoculation négative au cobaye.

3° La syphilis n’était pas à incriminer. Le malade n'’avait jamais eu de rapports sexuels et ne présentait aucun stigmate d'hérédo-syphilis.

En outre, la notion de la reproducton de substances toxiques formés aux dépens des tumeurs, qu'elles soient ou non de nature microbienne, commence à l'heure actuelle à avoir une base scientifique. Les tumeurs malignes provoquent une réaction générale de l'organisme en fonction d’une mise en circulation dans le sang de produits solubles, de toxines. Et cette réaction simule dans ses grandes lignes celles que l’on observe au cours des maladies infectieuses : fièvre, amaigrissement, céphalées, vomissements. Ce qui ressort de la lecture de la thèse récente de Barbier.

Aussi aujourd'hui a-t-on tendance à admettre qu'un grand nombre de troubles organiques sont d’origine toxique. OEdème de la papille (Leber et Deutschmann (1881) ; troubles de nutrition des cancéreux (Klippel, 1899). Me Gérard Mauguin (Thèse Paris 1909) amontré que la présence de substances {oxiques caractérise les humeurs malignes. Dupré et Devaux admettent « que -l’intoxication doit prendre place parmi les autres facteurs pathogéniques pour expliquer les symptômes des tumeurs cérébrales.

« Il nous est donc possible, dit Baudoin, de comprendre que chez notre malade de dix-sept ans un sarcome rénal, ndépendamment des métastases qu'il a pu pro duire, a mis en circulation des produits solubles, des toxines engendrant l'élévation thermique, déterminant ces phénomènes réactionnels qui se traduisaient cliniquement par un syndrome de méningite cérébro-spinale, se fixant en dernière analyse sur certains neurones encéphaliques, y produisant une chromatolvse cellulaire, dont la manifestation‘ extérieure était la polyocéphalie.»

En somme, il se produit ce que Gougerot, Levaditi ont signalé le premier à propos des toxines tuberculeuses, le second à propos du virus de la polymyélite.

Et Baudoin conclut : « Il est facile de comprendre, connaissant la fréquence relative du sarcome chez l’enfant et la fréquence de la méningite tuberculeuse au même âge, que certaines méningites étiquetées luberculeuses et ayant abouti à la mort, ont pu être le fait -d’intoxication sarcomateuse, la tumeur initiale restant inconnue en dehors de l’autopsie : cette Supposition paraît d'autant plus vraisemblable que la formule lyvmphocytaire du liquide céphalo-rachidien semblait apporter vec elle une preuve de grande valeur au diagnostic de tuberculose des méninges ».

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