CHAPITRE VII
Réaëtions méningées dans lintoxication par loxyde de carbone
On sait depuis longtemps que l'oxide de carbone est capable de provoquer des lésions méningées que l’autopsie révèle chez des malades ayant succombé à l’intoxication oxycarbonée. Mais la connaissance des réactions méningées accompagnant un syndrome méningé est de date toute récente. |
La première ponction lombaire est due à Legry et Duvoir. — Depuis, rares sont les observations qui en ont été publiées. — Nous n’en connaissons, pour notre part, que quatre. — Elles sont dues à Legry et Duvoir, à Gauthier et H. Paillard, à Chauffard et Jean Troisier, et à de Fonthonne.
Elles suffisent cependant à montrer que certains états méningés relèvent de l'intoxication par l’oxyde de carbone.
Cet épisode méningé est indiscutable dans certaines observations, par exemple celle de R. Gauthier et H. Paillard, — « Il semble, nous disent les auteurs, qu'au point de vue nerveux, le malade ait passé par deux phases : la première, correspondant au stade brutal de l’intoxication est faite d’une réaction méningée transitoire ; la seconde, période de reliquat en quelque sorte où le poison a localisé son action aux nerfs périphériques : au début, les symptômes méningés ont couvert tout le ta-
bleau clinique ; une fois effacés, il reste les manifestations névriliques, légères dans notre cas, mais qu'il est presque classique d'observer en pareille circonstance ».
Le malade de Legry et Duvoir présenta, lui aussi, un syndrome méningé non douteux : contraction, exagération des réflexes, Kernig, céphalée, vertiges.
Le malade de de Fonthonne, celui de Chauffard et Troisier firent des accidents analogues.
Dans ces cas, la formule cytologique du liquide céphalo-rachidien est en général la polynucléose — à laquelle fait suite de la lymphocytose — Gauthier et Paillard ont cependant observé la Imphocytose dès le début. En outre on note la présence de nombreux globules rouges. Chauffard et Troisier voient dans ce fait une preuve de la nature surtout congestive des lésions méningées produites par l’oxyde de carbone. Cette congestion déterminerait la rupture de capiliaires qui suffirait à mettre en liberté un grand nombre d’hématies. A un degré plus élevé elle intéresserait le cortex et produirait alors une série de phénomènes plus graves, mais passagers et fugaces (hémiplégie, crises épileptiformes, troubles mentaux).
Nous ne rapporterons pas les observations, on les trouvera relatées tout au long dans la thèse de de Fontbonne.