‹ Contribution à l'étude des éventrations et de leur traitementChapitre 8 sur 24 · SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

SYMPTÔMES

Pour constater l'existence de l'éventration primitive, le clnicien à à sa disposition des signes physiques et des signes fonctionnels.

DUT NE a) SIGNES paysiQues. — Ce sont: la tumeur, l’écartement

des muscles grands droits de l’abdomen, la sonorité exagérée, le gargouillement intestinal. |

Fumeur. — Ce symptôme présente ce signe particulier qu'il diffère, suivant qu’on examine la malade debout ou couchée. Lorsque la malade est debout, au repos et surtout après la marche, on constate que le ventre est comme projeté en avant; la cavité abdominale semble s'être vidée, et la masse intestinale est venue.se placer entre les deux muscles, où elle fait une saillie plus ou moins considérable suivant le degré de l'éventration. Si on place la malade dans le décubitus dorsal, la tumeur se réduit spontanément, et on constate à sa place une dépression ; à ce niveau, la paroi est flasque ; le plan aponévrotique existe bien, mais ne peut plus opposer de résistance et on peut enfoncer profondément la main dans cette gouttière.

Écartement des muscles grands droits. — fs n'occupent plus leur place normale, et leur écartement peut atteindre 10, 12 et même 15 centimètres ; il se réduit, lorsqu'on les fait contracter. Pour ce faire, on peut pratiquer la petite manœuvre indiquée par Tillaux. « [l suffit, dit-il, le sujet » étant couché, de lui dire de se mettre sur son séant et de » faire obstacle à ce mouvement à l’aide de la main appuyée » sur la poitrine: chaque muscle droit forme alors une corde » rigide.et l’on sent distinctement l’écartement de leur bord » interne. »

Gargouillement. — Ce gargouillement, que l’on produit à volonté, s'explique par la facilité que l’on à de presser directement sur l'intestin par suite de la faiblesse de la paroi. On à la masse intestinale sous la main, et le moindre effort suffit à la refouler et à produire ce symptôme.

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Sonorité exagérée. — La percussion, au niveau de là partie éventrée, révèle une élévation de la tonalité, qui marque les limites de la lésion : cela tient à ce que, entre l’intestin et le doigt qui percute, il n’y a qu’une portion mince qui laisse subsister la sonorité de l'intestin.

b) SIGNES FONCTIONNELS. — Leur importance s'accuse avec l'accroissement de l’éventration. Dans les débuts, la malade se plaint seulement de faiblesse générale ; elle ne peut plus vaquer à ses occupalions ordinaires ; la marche, l'ascension d’escaliers la fatiguent très vite. À ce moment, quelques troubles gastriques, de la constipation, accompagnés de douleurs lombaires font leur apparition : ils dominent bientôt la situation et sont la suite naturelle de la ptose générale qui accompagne toute éventration. Les vomissements, les douleurs gastriques surviennent par crises. L'utérus peut se mettre en antéversion, mais, le plus souvent, par relâchement de ses ligaments, il tombe en prolapsus. …

Arrivé à ce point, le tableau de l’éventration s’assombrit encore par la production de troubles graves du côté des appareils respiratoire et circulatoire.

L'éventration, qui est facilitée par l’emphysème, semble agir à son (our pour augmenter les quintes de toux.

A l’empbysème succèdent bientôt des lésions cardiaques dues à la gêne de la circulation dans le poumon. Les troubles d'asphyxie apparaissent, les lèvres sont violacées, la respira tion gênée et, fait à noter, ces phénomènes s’accentuent lorsqu'on essaye de réduire l’éventration. Les membres in‘trieurs sont œdématiés, variqueux, et une terminaison fatale ne tarde pas à se produire, si le chirurgien n'intervient pas.

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Il tend surtout à distinguer l’éventration de la hernie ombilicale, bien différente par ses lésions et symptômes. On n'a plus affaire ici à une lésion de la ligne blanche ; cette partie aponévrotique est intacte, et les muscles droits occupent leur position normale. Seul, l'ombilie a subi la pression des viscères et a cédé à cette pression. Le péritoine s’est peu à peu laissé repousser par le contenu de la hernie, et ce glissement est presque toujours favorisé par le tiraillement d'un peloton graisseux pré-herniaire, mécanisme bien expliqué par Lucas Championnière. Il se constitue ainsi un sac passant à travers un anneau formé aux dépens de l'anneau ombilical. Lorsque les dimensions de la hernie augmentent, l'anneau se distend de plus en plus, le sac s'agrandit; mais ces éléments suffisent pour distinguer la hernie de l’éventration, dans laquelle on ne trouve nisac, ni collet, ni anneau. PT

De plus, alors que dans l'éventration, on trouve une faiblesse bien accusée de toute la paroi abdominale, dans la hernie ombilicale, l’ensemble de la paroi a conservé sa résistance, et la lésion s’est révélée au début par une tumeur petite, arrondie, réductible, qui s’est montrée exactement au niveau de l’ombilie.

Lessymptômes types del’éventration, écartement des droits, tumeur considérable occupant toute la ligne blanche avec goutlière au repos, ne se retrouvent pas dans la hernie.

Mais le diagnostic devient plus difficile, lorsque la hernie ombilicale a acquis un volume considérable, et il ne repose alors que sur le mode de développement el la marche de l'affection.

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