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Or, l'injection d'extrait de foie est en pareil cas parfaitement supportée. Elle permet de continuer aussi longtemps que possible la thérapeutique nécessaire, tout en assurant que la quantité de foie prescrite est absorbée en totalité.
Utilisant le produit préparé par CoHN, MiNoT, WEST et HowE, STURGIS, en collaboration avec R. IsAACS, S. GOLDHAMER et F. BETHELL, utilisent un extrait hépatique toléré en injections intra-veneuses. Une injection intra-veineuse de cet extrait (obtenu à partir de 125 gr. de foie) faite chaque semaine aux malades atteints d’anémie pernicieuse, remonte en quelques semaines le chiffre des hématies à la normale.
La crise réticulocytaire apparaît, par cette méthode, avec une quantité de tissu hépatique 40 fois moindre que par la méthode des
ingestions. (Journ. Am. Med. Ass., 4 mars 1933.)
Cependant, les injections intra-veineuses ne se montrent pas totalement indifférentes. Elles sont susceptibles de déterminer, chez certains malades, des chutes de tension, des syncopes, en présence desquelles l’injection d’adrénaline devient nécessaire.
Par contre, les injections intra-musculaires sont admises sans aucun shock et agissent aussi efficacement et aussi rapidement.
CASTLE et TAYLOR (/. Am. Med. Assoc., 1931), en Amérique, GANSSLEN (Klin. Woch, 1931), en Allemagne, dissolvant la fraction G de COHN, après neutralisation, ébullition et filtrage, obtiennent un produit dont 2 cc. dérivent de 5 gr. d’organe frais, lequel, injecté intra-musculairement, donne des résultats remarquables.
Avec une ou deux piqûres quotidiennes, GANSSLEN constate qu’une anémie pernicieuse passe de ja % d’hémoglobine et 2 mil-
lions 400.000 globules rouges à 100 %, d’hémoglobine et 4.900.000 globules rouges en 6 semaines.
Un syndrome analogue monte de 20 % d’hémoglobine et 1.100.000 globules rouges à 80 % d’hémoglobine et 4.000.000 de globules rouges dans le même laps de temps.
Ces essais repris par WILKINSON (The Lancet, 1931), fournissent à cet auteur des chiffres comparables : une anémie de Biermer, en 8 semaines, varie de : hémoglobine, 43 % ; globules
ER te
rouges, 1.800.000, à : Hémoglobine, 70 % et globules rouges, 4.000.000.
Les publications sur les extraits hépatiques injectables par la voie intra-musculaire se succèdent de 1931 à 1933.
Nous ne ferons ici que mentionner les principales : SCHILLING (Klin. Woch, 1931), utilisant le produit de GANSSLEN, ramène en quatre mois une anémie pernicieuse de 60 %, d’hémoglobine, 2.900.000 globules rouges à 86 %, d’hémoglobine et 5.150.000 glo-
bules rouges.
Dans un second cas, résistant à l’hépatothérapie orale, les globules rouges passent de 3.730.000 à 5.030.000 en 3 mois.
BiLLING, WEST et HoWE (Brit. Med. Journ., 1932) obtiennent des résultats positifs non seulement dans l’anémie de Biermer, mais aussi dans les anémies secondaires. TUESBERG (Deut. Med. Woch, 1931), SCHOTMULLER (Munch. Med. Woch, 1931), NEHLS (Munch. Med. Woch, 1931), ESssENFELD (Med. Klin, 1932), Rocers et CookE. (Brit. Med. Journ., 1932) signalent des résultats identiques.
En France, cette méthode est utilisée depuis 1930.
À cette date, AUBERTIN et VOILLEMETZ (Soc. Méd. Hop. 1930) traitèrent avec succès, par injections intra-musculaires, une anémie pernicieuse.
Vers la même époque, ACHARD et HAMBURGER (Presse Méd.. 1930) insistèrent sur la possibilité d’agir rapidement au cours d’anémies intenses et sur la tolérance parfaite des malades aux injections.
Ces auteurs s’attachaient particulièrement au fait que l'injection intra-musculaire ne semble pas rencontrer d’hépato-résistance, et même est susceptible d'agir chez des malades dits hépato-résistants.
W. ANDERSON (The Lancet, 7 nov. 1931) rapporte l’observation d'un malade âgé de 71 ans, qui, atteint d’anémie pernicieuse grave avec achylie gastrique, n'avait été amélioré en rien par trois mois de traitement au foie et à l’extrait d'estomac.
À ce moment, le nombre des hématies était de 1.000.000, et l’état général extrêmement grave. On commença des injections d'extraits hépatiques qui amenèrent très rapidement une amélioration considérable. Ceux-ci étaient injectés chaque jour à la dose de 5 cc. dérivé de 100 gr. de foie). Les premiers Jours on employa la voie
intra-veineuse, puis la voie intra-musculaire. Après trois semaines de traitement, le chiffre des hématies était remonté à 3.000.000, l’état général transformé.
Cette observation est particulièrement intéressante. Elle indique que l’hépato-résistance est quelquefois due à l'administration orale des médicaments anti-anémiques, et qu’on ne peut conclure à l'hépato-résistance d’une anémie pernicieuse, avant d’avoir essayé un traitement par voie sous-cutanée ou intra-musculaire.
ConNNER (Journ. Am. Med. Assoc., 1932) a essayé comparativement, sur trente malades, l’activité d’extraits buvables et d’extraits injectables à des concentrations différentes.
Il conclut :
a) L'effet des injections est identique à celui de l’ingestion orale, mais beaucoup plus rapide (surtout dans les anémies graves).
b) Les extraits peu concentrés ont une action aussi intense et rapide que celle des extraits concentrés.
c) Les injections intra-musculaires ne provoquent jamais d'intolérance.
On peut alterner ce traitement avec l’ingestion de foie.
SCHOTMULLER (1931) EssENFELD (1931), AUBERTIN et VoILLEMETZ (1932) font alterner la piqûre avec l’ingestion orale de foie, ou font procéder à des cures d'extrait buvable entre deux séries de piqûres, ou bien enfin utilisent la cure par voie buccale comme entretien ou consolidation d’une régénération.