‹ Contribution à l'étude des facteurs de la GémellitéChapitre 19 sur 22 · LAN · texte numérisé non relu

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transmettrait par les femmes uniquement et les descendants d’une famille portant cette tendance auraient 4 fois plus de chance d’avoir des jumeaux que d’autres.

D'un autre côté, la gémellité univitelline pourrait se transmettre par les mâles ou par les femelles. Dans la gémellité bivitelline le mâle a peut-être une influence négative en apportant un facteur léthal. C'est l’absence de ce facteur léthal qui prédisposerait certains hommes à avoir des jumeaux.

VITALITE DES JUMEAUX

IT est universellement répandu que les jumeaux sont doués d’une vitalité moindre, d’une résistance diminuée aux infections et d’une façon générale on pense que ces individus sont d’une qualité inférieure. Cette opinion est ancrée dans les esprits de telle façon que Grotjahn en 1912 a proposé d’empêcher la grossesse chez les femmes qui ont déjà eu des jumeaux, afin de prévenir la naissance d’enfants amoindris. Etant donné le relativement peu de probabilité pour que la gémellité se répète chez une même femme et étant donné aussi que les jumeaux sont loin d’être aussi inférieurs qu'on ne le pense, cette proposition n'est aucunement justifiée.

Il est certain qu'une proportion assez importante des jumeaux succombe au cours de la vie intrautérine, ainsi que nous l'avons vu plus haut. D’autres naissent prématurément pour des raisons encore incomplètement connues : raisons mécaniques de surdistension utérine ou raisons de troubles circulatoires et nutritifs foetaux, on ne saurait le dire.

En particulier, en ce qui concerne les jumeaux

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multiples, il semblait bien jusqu’à ces dernièrs années qu'ils étaient voués à mourir rapidement. La littérature signale quelques cas de survie chez des triplets, mais les quadruplets et les quintuplets, sans parler des sextuplets, n'avaient jamais dépassé les premiers jours.

Aussi le cas des quintuplets canadiens méritet-il de retenir notre attention. Voilà les faits tels qu'ils sont relatés par l’accoucheur lui-même A. R. Dafoë.

La mère, Mme Elzire Dionne, avait été mariée à 16 ans et a eu six enfants, nés à terme et bien portants. Ses accouchements se sont toujours bien passés.

En 1934, à l’âge de 25 ans, Mme Dionne était de nouveau enceinte, mais sa grossesse s’annonçait cette fois-ci moins bien que d'habitude. Elle avait de l’albumine et un œdème considérable des membres inférieurs et de l'abdomen. L'utérus était difficilement accessible à la palpation à cause de cet œdème.

Le 4 mai, le travail a commencé et le médecin fut appelé d'urgence. Lorsqu'il arriva, deux enfants étaient déjà nés avec l'assistance des voisines. Puis un troisième enfant apparaissait au périnée. Celuici, à peine installé, un quatrième et très rapidement un cinquième parurent.

À là suite de l'accouchement, la mère se trouve dans un état de choc intense et la délivrance s’est accompagnée d’une hémorragie importante. Néan-

moins, sa robuste constitution et les soins (erxot,

hypophyse) triomphèrent de cet état grave.

Quant aux nouveaux-nés, le premier soin du médecin fut de les réchauffer. On les enveloppa

dans des couvertures, on les entoura de bouteilles

chaudes. Ils ont été frictionnés à l'huile d'olive chaude après leur naissance. Comme nourriture, ils n'avaient eu que quelques gouttes d’eau chaude sucrée avec une goutte de rhum.

Très rapidement, cette installation provisoire, la seule que l’état des lieux permettait, fut remplacée par des couveuses, permettant de maintenir les nouveaux-nés à une température de 28°, humidifiée. [ls étaient nourris de lait de femme.

Les premiers jours ne paraissaient pas rassurants : les enfants se cyanosaient à chaque instant et étaient généralement constipés. On leur donna de l'oxygène et on leur administra de petits lavements.

D'ailleurs peu à peu l'installation de Dafoë se perfectionna et les enfants furent entourés d’une véritable atmosphère d’asepsie. On ne les approchait que masqué et leur linge, personnel à chacune d'elles, fut stérilisé à chaque fois.

Les quintuplets du Canada sont monozycotiques. Il n’y a eu qu’un placenta pour les cinq et d’ailleurs leur sexe est identique. Par la suite, on a vu qu'il s'agissait véritablement de jumeaux identiques, c'est-à-dire réagissant de même dans les diverses circonstances physiologiques et patholo-

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giques. On sait quels jumeaux univitellins, selon la conception de l’hérédité chromosomique, ont une constitution héréditaire absolument identique. Cela est facile à concevoir puisque les deux ou plusieurs individus dérivent d’une même cellule initiale.

Ayant la même constitution, ces jumeaux font très souvent les mêmes maladies en même temps, parfois même lorsqu'ils sont éloignés l’un de l’autre, ainsi que l’a déjà noté Trousseau. Les petites Dionne présentaient en effet les mêmes maladies en même temps et encore actuellement, âgées de 3 ans, elles se comportent d’une manière tout à fait comparable.

Depuis cette époque il y a eu d’autres cas de jumeaux multiples ayant survécu : on a signalé des quadruplets en Russie et en Angleterre.

Ces cas démontrent que la vitalité des jumeaux est une question de soins. Bien souvent la naissance, surtout inattendue, de deux ou plusieurs enfants, ne permet pas de donner les mêmes soins que ceux dont un seul bénéficierait.

Espérons qu'avec les progrès de l'hygiène et les meilleures conditions de vie, ce facteur serait éliminé et les jumeaux seraient considérés comme des enfants ayant une chance de survie à celle des autres.

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