SYMPTOMES
Ordinairement, le premier signe de l’affection qui apparaisse est la présence d’une tumeur, que le malade découvre par hasard ou parce qu’elle détermine un peu de gêne ou de pesanteur du côté des bourses. Ou bien, comme dans le cas cité par Bruneau et Condo de Satriano, si la tumeur occupe primitivement l’intérieur du canal inguinal, elle peut apparaître brusquement à la suite de grandes fatigues ou de travaux pénibles, à la façon d’une hernie, se réduire facilement si son volume n’est pas trop considérable, et réapparaître sous l’influence de l’effort ou de la toux.
Cette tumeur qui, pendant un temps plus ou moins long, s’était développée sans se manifester par aucun signe, ne tarde pas à déterminer, par son poids même, une sensation de gêne et de pesanteur qui n’est pas sans inquiéter le malade. Il n’est pas rare de constater à ce moment des phénomènes douloureux, dus probablement à un tiraillement du cordon ou à de la funiculite occasionnée par la pré-
sence de la tumeur, ou bien encore à la compression des nerfs qui innervent le cordon.
C’est alors seulement que le malade se décide à consulter un médecin. Il ne peut, le plus souvent, fixer le début de son affection, qui remonte à plusieurs années. Dès qu’il s’en est aperçu, la tumeur avait les dimensions d’une noisette, d’une noix; depuis elle a grossi lentement, mais d’une façon régulière. Son évolution a été complètement indolore.
A la vue, le scrotum est augmenté de volume ; les téguments présentent leur aspect normal, sans changement de coloration, sans dilatation veineuse superficielle ; ni chaleur, ni douleur.
A la palpation, la peau des bourses est souple, mobile sur la tumeur, avec laquelle elle n’a contracté aucune adhérence. Les symptômes fonctionnels sont nuis, sauf cependant la difficulté ou l’impossibilité du coït, phénomènes d’ordre purement physiques, consécutifs à l’énorme développement qu’a pris la tumeur.
Cette tumeur est régulière, de forme arrondie, lisse, ne présentant ni transparence, ni fluctuation ; elle est dure, de consistance ligneuse, indolore spontanément ou à la pression, indépendante du testicule et de l’épididyme. Ces organes sont sains; ils occupent une place variable par rapport à la tumeur, tantôt en avant, tantôt sur le côté ou en bas. Le testicule se reconnaît à ses dimensions normales, à sa consistance mollasse, comparativement à la dureté de la tumeur et à la douleur que
l’on peut provoquer par la pression. L’épididyme coiffe le testicule et peut conserver avec lui ses rapports normaux ; il est, le plus souvent, écrasé entre ce dernier organe et la tumeur.
La vaginale renferme presque toujours un peu de liquide, quelquefois assez abondant pour égarer le diagnostic et cacher la présence de la tumeur au début.
Le cordon est ordinairement augmenté de volume et reconnaissable facilement à son entrée ou à sa sortie de la tumeur.
Malgré la longue évolution de l’affection, l’état général du malade est excellent ; le système ganglionnaire ne présente aucune lésion inflammatoire.