‹ Contribution à l'étude des fièvres intermittentes pernicieuses cérébro-spinalesChapitre 26 sur 28 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

En résumé, nous nous sommes efforcé de faire une description qui contribuera, je l’espère, à l'étude clinique des nombreuses formes pernicieuses cérébro-spinales. Après avoir distingué les fièvres pernicieuses des fièvres à quinquina, d’une gravité exceptionnelle et d’une marche rapidement fatale par suite de l'élément pernicieux qui venait s’y joindre, nous avons passé en revue les diverses classifications proposées par les auteurs. Nous avons démontré que, si les uns tendaient à augmenter les formes celiniques, les autres s’efforcaient de les restreindre et de les réduire à lunité : pour eux, il n'y aurait qu’une fièvre pernicieuse, de même qu’il n’y aurait qu’une variole, une rougeole, une scarlatine. Nous avons cru devoir admettre deux grandes catégories : celles de solitariæ et de comitatæ, e{ celles-ci nous les avons subdivisées à leur tour : identiques quant au fond, reconnaissant toutes une même nature paludéenne, elles diffèrent entièrement, par leur tableau symptomatique comme par leur siège anatomique, qui peut être dans le thorax, l’abdomen ou dans le crâne.

L'étude clinique des diverses formes de fièvres pernicieuses cérébrospinales est surtout l’objet de notre travail. Presque toutes les formes morbides du système nerveux peuvent être produites par les accès pernicieux ; pour le démontrer, nous citons d’abord des faits cliniques ; nous voyons successivement les troubles intellectuels, le coma ou le délire, les troubles moteurs, convulsifs ou paralytiques, les troubles sensitifs, tous liés aux accès pernicieux.

Sur ces faits est basée notre étude des fièvres pernicieuses cérébro-

spinales. Caractérisées par leur début brusque er instantané, par leur marche rapide, elles ont des périodes de rémission et d’exacerbation ; les accès sont de plus en plus graves. La mort peut arriver dès le premier accès, ou vers le troisième ou le quatrième si on n’a pu les prévenir. Les lésions constatées à l’autopsie sont ordinairement de simples congestions plus où moins intenses ; parfois on a vu des embolies pigmentaireset des hémorrhagies capillaires de la substance grise. Les causes probables sont une infection plus ou moins grande par les miasmes paludéens et une disposition de l'individu. Le pronostic est grave. Le diagnostic est plein de difficultés que le praticien doit connaître, car il faut se hâter d’instituer le traitement spécifique par le sulfate de quinine, le moindre retard pouvant avoir de graves conséquences pour le malade.

Mais le traitement des symptômes ne doit pas faire négliger celui des accès, dont il faut à tout prix éviter le retour. Pour plus de sûreté, il est bon d'observer une ou plusieurs semaines paroxystiques; après avoir donné le sulfate de quinine pendant trois pu quatre jours à la dose de 1 gram. où 1,50, on suspend l’administration, pour donner une nouvelle dose le huitième jour.

Enfin il faut se souvenir d’un précepte qui a une grande importance dans le traitement des fièvres intermittentes : le malade doit abandonner la localité dans laquelle il a contracté la fièvre ; c’est peut-être là une condition indispensable de la guérison.

bise

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