‹ Contribution à l'étude des fièvres intermittentes pernicieuses cérébro-spinalesChapitre 4 sur 28 · DÉFINITION. — SYNONYMIE · texte numérisé non relu

DÉFINITION. — SYNONYMIE

Les fièvres intermittentes pernicieuses, ainsi que l'indique leur dénomination, sont des affections intermittentes périodiques auxquelles s’est surajouté l'élément pernicieux : ce sont des fièvres à quinquina qui, en raison de leur gravité et de leur marche rapide, peuvent se terminer par la mort dans le cours d’un accès.

Les noms de fièvres malignes et d'accès malins sous FÉES elles sont vulgairement désignées, ont un sens différent.

« Sous l'expression générale de malignité, dit Guinier, la plupart des auteurs ont confondu une foule d'actes morbides tout à fait dissembla- . bles : la putridité, l’adynamie, l’ataxie, ont tour à tour été désignées de ce nom ; la malignité, au contraire, exprime l’idée d’une atteinte directe des forces de la vie, une discordance, non plus dans l’exercice des fonctions,

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mais dans les forces qui y président; en d’autres termes, l'idée d’une imminence insidieuse de l'extinction directe et prochaine de la vie.» «Dansles maladies malignes, a dit Barthez, le système des forces du principe vital se trouve affaibli par une véritable résolution des forces de tous les organes qu'ont produite les causes primitives de ces maladies, en portant le plus grand désordre dans la succession des fonctions. » La perniciosité, dans le sujet qui nous occupe, est différente de cette malignité ; la malignité, se surajoutant à l’action malfaisante de l'affection qui produit les maladies spécifiques à quinquina, ne constitue pas la fièvre pernicieuse intermittente proprement dite.

Si on considère le résultat, il est certain que la malignité et la perniciosité se ressemblent au point de se confondre : toutes deux atteignent la vie dans son essence et amènent une imminence insidieuse de mort. Mais il y a quelque chose de plus dans la perniciosité, et les phénomènes qui la traduisent au dehors, comme le remède particulier qui en amène la guérison, permettent de la différencier de la malignité. La perniciosité des fièvres intermittentes spécifiques prend un aspect propre et des caractères distinctifs dans ses manifestations extérieures. Ces symptômes prédominants, si fréquents dans le développement de la perniciosité qu’ils ont servi de base à la plupart des classifications des fièvres intermittentes pernicieuses, constituent en effet une physionomie spéciale que l’on ne retrouve pas généralement dans les évolutions de la malignité ordinaire. Dans le développement, la marche et surtout la terminaison de leurs phénomènes, de grandes différences s’observent encore. La lenteur de la marche caractérise les maladies malignes.

La rapidité est le propre des maladies pernicieuses : brusquement saisi en quelques heures et souvent en moins d’une heure, le malheureux qui eu subit.l’atteinte passe de La santé à la mort.

Jaccoud insiste sur la distinction entre les fièvres intermittentes graves et la fièvre intermittente pernicieuse. La fièvre grave est une intermittente normale, la pernicieuse est une fièvre anormale : voilà le premier point. La gravité et le danger de la première ont pour cause les conditions individuelles du sujet, qui est faible ou débilité par une maladie antérieure,

soit une ténacité qui fait craindre le développement de la cachexie, soit enfin un accident tout fortuit, sans rapport aucun avec la fièvre palustre. La gravité, le danger de la fièvre pernicieuse est inhérent à l’accès, et il à pour cause l’anomalie même qu’il présente. L’anomalie consiste dans l'exagération dangereuse de l’un des phénomènes du paroxysme, ou bien dans l'apparition d’un phénomène nouveau, étranger à la symptomatologie normale de l'accès.

Mais ce qui caractérise surtout la fièvre pernicieuse, c'est le traitement. Tandis que lo médecin est impuissant dès l'apparition de l'élément malin dans une maladie, il peut espérer au contraire un grand succès quand il s’agit de l'élément pernicieux; désarmé et sans défense dans le premier cas, il trouve dans le second une arme toujours sûre dans le quinquina.

Par son cours, ses phénomènes et son traitement, la fièvre pernicieuse se distingue de la fièvre maligne.

Les fièvres pernicieuses doivent être aussi distingués des fièvres larvtes. Une fièvre intermittente pernicieuse peut être en même temps larvée, c'està-dire se manifester par un symptôme apyrétique périodique, devenu tout à coup foudroyant et amenant la mort du malade; mais de ce fait il ne suit pas que la fièvre larvée soit une fièvre pernicieuse, distinction importante au point de vue du pronostic et surtout du traitement ; toutes deux de même nature, l’une est grave, l’autre est bénigne. «La brusquerie de l'invasion et de l’augment ; l’étrangeté etle mode de coordination insolite des symptomes ; l’état de gravité de la maladie, quel que soit le phénomène qui la manifeste au dehors : tels sont les caractères auxquels on reconnaît la présence de la perniciosité. Si à ces caractères vient se joindre l’intermittence périodique, le diagnostic sera surabondamment éclairé.»

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