HISTORIQUE
Hippocrate a vu certainement des fièvres intermittentes pernicieuses. À cette époque, le quinquina étant loin d’être connu, la fièvre périodique pernicieuse, endémique en Grèce, était plus meurtrière que la peste. Dans les deux livres sur l’Épidémie, Littré a découvert et marqué 16 observa-
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tions de sub-intrantes, fièvres périodiques pernicieuses, en tierce ou double tierce.
Les caractères des fièvres pernicieuses n’ont été véritablement connus qu'à partir du xvr siècle, époque à laquelle parurent les travaux de Mercatus ; il faut en venir à Torti pour avoir une bonne description clinique. Dès les premières années de 1700, sous le titre Therapeutice specialis ad febres periodicas, il décrivit avec une grande précision les caractères des fièvres pernicieuses, et il posa en outre des préceptes thérapeutiques qui servent encore derègle de conduite. Quelques années plus tard, Werlhof publia plusieurs observations de fièvres pernicieuses à formes soporeuse, comateuse, ou apoplectique. |
C’est surtout aux médecins militaires de l'Algérie et de nos Colonies que sont dus les nombreux travaux sur ce sujet. La Thèse inaugurale d'Alibert, en 1820, fut une dissertation sur les Fièvres pernicieuses ou ataxiques intermittentes. Bally, en 1825, publia un Traité anatomo-pathologique des fièvres intermittentes simples et pernicieuses. Enfin Maillot, en 1836, fit paraître un Traité des fièvres ou irritations cérébro-spipales intermittentes, d’après les observations recueillies en France, en Corse et en Afrique.
En 1846, le D' Gouraud père, d'Avignon, présenta une relation très exacte de la fièvre intermittente pernicieuse dans les contrées méridionales, la Corse et l’Algérie.
Il serait trop long de signaler les nombreuses Thèses qui ont paru sur les fièvres intermittentes étudiées en général; nous ne citerons que les principaux auteurs.
La Thèse inaugurale du D'Guinier, en 1855, sur la Fièvre intermittente pernicieuse, vulgairement appelée accès malins, est une étude générale de la question qu'il sera toujours utile de consulter. Après avoir résumé et analysé les publications sur cette question, il assigne la valeur que l’on doit donner à cette expression dans le langage médical, arrête à grands traits les caractères qui permettent d'arriver à la démonstration de la spécificité ; en un mot, il définit et précise ce que l’on doit entendre par les mots fièvre intertermittente pernicieuse.
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Nous citerons encore les articles de Grisolle, Castan, Jaccoud, Hirtz, sur les Fièvres intermittentes pernicieuses ; ils reconnaissent tous la nature intermittente de ces fièvres et la nécessité de les combattre au plus vite par le sulfate de quinine.
« On donne le nom de pernicieuses aux fièvres intermittentes qui, en raison de leur gravité et de leur marche rapide, peuvent seterminer par la mort dans le cours d’un accès », dit Grisolle dans son Traité de pathologie interne.— M. le professeur Castan les définit : des fièvres à quinquina caractérisées par le danger immédiat dont elles s’accompagnent.
Nous pourrions rappeler les nombreuses observations qui ont été publiées dans ces dernières années; nous les retrouverons plus loin, tout au moins pour ce qui concerne les formes cérébro-spinales.
Tout récemment encore (novembre 1882), le D' Sorel, médecin-major en Afrique, vient de publier dans la Gasette hebdomadaire de Paris quelques faits relatifs aux formes anormales ou pernicieuses des fièvres paludéennes ; nous citerons celles qui se rapportent à notre sujet.