DIAGNOSTIC
L'histoire du malade et les signes cliniques suffisent ‘sou: vent à établir le diagnostic d’une fistule vésico-intestinale. Mais les symptômes classiques ne sont pas toujours au complet et l’on a recours dans ce cas à deux moyens d’exploration
La cystoscopie; La cystographie.
La cysroscopiE. — La cystoscopie permet de préciser les rapports des bords de la fistule avec les orifices urétéraux. On a prétendu que son grave défaut était de ne pas pouvoir être pratiquée dans beaucoup de cas. Mais d’après Chevassu [28], elle est toujours possible, à moins qu'il n'y ait cystite très intense avec intolérance vésicale prononcée (vessie de capacité de moins de 80 ce.). E
Dans les cas faciles, bonne capacité vésicale et petit orifice, il suffit, après avoir lavé la vessie, d'injecter 110 à 200 centicubes d’eau bouillie et de faire la cystoscopie.
Quant aux cas difficiles, ils peuvent être schématisés de la facon suivante
1° Vessie de bonne capacité, mais urines très troubles, par suite du passage continu des matières fécales dans la vessie.
On pratique un lavage très long; on introduit le cystoscope rapidement et sans brutalité, pour éviter de faire souffrir et saigner le malade.
On voit alors l'orifice de la fistule et, à son centre, un bouchon fécal. Les urines devenant rapidement très troubles, il
faut recommencer les lavages avec le cystoscope laveur plusieurs fois au cours d’une même séance, pour préciser la situation, l'étendue de l’orifice et les lésions de cystite concomitante.
2° Vessie de bonne capacité, mais se vidant très rapidement, parce que l'orifice est assez grand.
Il faut placer le malade de façon que l'orifice fistuleux soit au point culminant et non déclive de la vessie : si c’est une fistule du bas-fond, le faire mettre dans le décubitus ventral.
On pousse très rapidement une injection de 200 à 300 centicubes d'eau bouillie et on a ainsi toujours le temps d’explorer la vessie.
Au besoin, on se sert d’un cystoscope à double courant ou du Mac Carthy. ï |
On peut ramener à quelques types le caractère des fistules :
a) L'orifice fistuleux est aperçu nettement, plus ou moins régulier, entouré par une muqueuse normale ou boursouflée;
b) On ne voit pas d’orifice, mais simplement une partie de la paroi vésicale rouge, dépolie, parfois œdématiée avec une dépression plus ou moins accentuée et étendue;
c) On voit des saillies en forme de bourgeons charnus.
Quand les signes cliniques permettent de penser à une fistule vésico-intestinale, mais dont on ne distingue pas l’orifice, on peut essayer d'introduire une sonde urétérale à l'endroit présumé de la fistule : au milieu des bourgeons charnus ou dans le fond d’une des dépressions existantes. On injecte par cette sonde un liquide coloré (solution de collargol à & p. 100; solution de bleu de méthylène).
= Le diagnostic est fait si le liquide passe dans le rectum.
La muqueuse avoisinante est très souvent modifiée : elle est rouge, œdématiée, avec des saillies assez marquées, quelquefois des bourgeons charnus.
On peut voir, au niveau de la fistule, de la fibrine, des débris alimentaires, des matières fécales, du pus.
Enfin la constatation, à la cystoscopie, d'éléments papulo-