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‘raissail perdu, et dès lors il valait mieux lui épargner toute chose pénible.
De fait, il se cachectisa de plus en plus, son escarre s’étendit vers les régions fessières, la langue devint sèche, Il dura jusqu'au 11 avril, où il finit par s’éteindre après une crise de vives douleurs vésicales et issue de quelques gouttes de sang par la verge. C'était la première fois depuis son entrée qu'il souffrait de cette manière et émettait du sang par cette voie.
? L'autopsie, pratiquée le 12, me montra que la vessie contenait un calcul gros comme un œuf de pigeon. II était placé verticalement et la paroi vésicale, épaisse et dure, s’appliquait presque exactement à sa surface, En dépit de l’hypertrophie prostatique énorme, il n'y avait pas de bas-fond appréciable; la partie supérieure de l’organe, elle, était très peu large, d’un demi-centimètre environ
C'était avec le côlon pelvien que communiquait la cavité vési-
cale; les deux organes étaient directement accolés l’un à l’autre. A la palpation, on sentait à ce niveau une masse dure dans l’épaisseur du côlon. L'ouverture de cet intestin montra qu'il s'agissait bien d’un cancer de l'intestin, peu volumineux, occupant toute la cirçonférence de l'organe et obstruant presque sa lumière.
Les uretères, bassinets et calices étaient dilatés, contenant de urine trouble. Les reins distendus, médiocrement d’ailleurs, ofiraient dans l’épaisseur de la substance médullaire un certain nombre de kystes dont plusieurs formaient extérieurement des bosselures. Dans les bassinets et les calices il y avait de chaque côté plusieurs petits caleuls ovoïdes, légèrement aplatis.
L'intestin grêle ne présentait rien de particulier et l’anse autrefois étranglée n’était plus reconnaissable.
Le malade a été emporté par infection ascendante urétéro-pyélorénale, terminaison fréquente de la mise en communication des voies urinaires. avec l'intestin, mais l’inflammation du gros intestin et les résorptions toxiques à la surface de la muqueuse enflammée ont contribué sans aucun doute à provoquer la cachexie rapide,
Les reins étaient d’ailleurs bien préparés à cette infeclion, et peut-être même existait-elle déjà à un certain degré avant la fistule. La dilatation des bassinets et des calices était sans doute an-
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cienne déjà; les calculs nombreux qui occupaient les bassinets et les calices n’ont pu se former dans le temps très court qui s’est écoulé entre l'établissement de cette fistulé et la mort, et d’ailleurs la plupart d’entre eux, très durs et formés d'acide urique, ne ressemblent en rien aux calculs secondaires.
La valeur fonctionnelle des deux reins devait être de longtemps extrêmement réduite. Ces constatations ne montrent que trop le peu de chances de succès d’une intervention entreprise au moment où nous avons observé le malade.
La fistule résulte manifestement de la propagation du cancer du côlon pelvien à la vessie, et, bien entendu, la hernie étranglée et la kélotomie sont hors de cause. Il y a là seulement une coïncidence tout à fait singulière.
Je me félicite de m'être abstenu, dans les conditions défavorables où se trouvait le sujet; mais en supposant un malade un peu plus résistant et plus jeune, il n'aurait pas été impossible de pratiquer l’extirpation du cancer intestinal peu volumineux, abordable, de réséquer le fragment de vessie où siégeait la fistule autour de laquelle le néoplasme n’adhérait que dans une faible étendue et d’extraire le calcul vésical.
OBservaTioN XXIII (Inédite).
(Due à l’obligeance de M. le Professeur CHAvANNaz.) Fistule colo-vésicale, — Anus cœcal. —— Guérison opératoire.
M M.., 55 ans, nous est adressée par notre honoré collègue, M. le Docteur Monod.
Elle présente des troubles urinaires consistant essentiellement en fréquence des besoins avee élimination d'urines boueuses contenant des matières fécales,.
Le diagnostic de fistule colo-vésicale par cancer ne paraît pas devoir faire de doute.
Le 23 juillet 1913 nous pratiquons un anus cæcal qui amène une sédation très marquée des accidents. J
La mort est survenue plusieurs mois après.