FISTULES VESICO-INTESTINALES SYPHILITIQUES
Les fistules vésico-intestinales d’origine syphilitique sont rares.
Il est certain qu'il peut se produire, chez un syphilitique, une communication vésico-intestinale d’étiologies diverses (néoplasiques, inflammatoires), mais les observations de fistules d’origine vraiment syphilitique sont peu nombreuses.
Dans une clinique de l'hôpital Saint-André, Lanelongue [66] a décrit le cas d’une femme qui avait présenté dans ses antécédents un prolapsus suite de couches et des signes évidents de syphilis. Elle avait une fistule vésico-rectale syphilitique due sans doute à l'ouverture d'une gomme suppurée souspéritonéale du petit bassin dans la vessie et le rectum. Traitée par des lavages vésicaux à l’eau boriquée tiède et une médication antisyphilitique mixte, elle a complètement guéri.
Küthe [65], en 1889, a rapporté le cas d’un malade qu'il avait suivi pendant sept ans.
Pierre Delbet [35] a cité l'observation d’une fistule vésicorectale syphilitique qui a parfaitement guéri par le traitement spécifique et celle d'une fistule vésico-colique qui n'a été qu'améliorée par la médication antisyphilitique.
Picot [90] a relaté un cas de fistule à la suite de syphilis vésicale et urétrale. Le traitement spécifique, commencé, a été interrompu à cause d'accidents syncopaux et n’a pas pu faire ses preuves. |
En 1925, Blanc et Negro [13] ont rapporté une observation de fistule vésico-intestinale syphilitique. Cette observation, que le Docteur Blanc a eu l’obligéance de nous communiquer,
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est très complète. Elle est accompagnée des données de la cystoscopie, de clichés cystographiques. Cette malade, qui avait déjà subi un traitement spécifique, reçoit deux séries de buodure de Hg. On l'envoie ensuite à la campagne et on lui prescrit du sirop de Gibert et de l’élixir Déret. Elle suit enfin un traitement bismuthé et guérit complètement.
Dans la thèse de Leymarie [72] (Bordeaux, 1927), nous relevons une observation très intéressante due à l’obligeance du Professeur Duvergey, il s’agit d’une fistule vésico-intestinale d’origine syphilitique qui guérit en deux mois par un traitement spécifique.
Quand le traitement antisyphilitique ne donne pas de résultat, on peut, quand l’orifice vésical est haut situé et lorsque la fistule est étroite et directe, essayer la méthode de l’étincelage par la voie naturelle.
Cette méthode, jointe au traitement spécifique, est susceptible d'amener des guérisons.
OBsERVATION XX VII.
(LANELONGUE, de Bordeaux [clinique de l’hôpital Saint-André].) Fistule vésico-rectale chez une femme.
Femme, 32 ans. Deux grossesses, prolapsus utérin presque complet amenant le museau de tanche au niveau de l'orifice vaginal; rien autre du côté des organes génitaux. Après sa deuxième grossesse, signes évidents de syphilis (alopécie subite et abondante, ulcérations buccales multiples, ulcération arrondie sur l'épaule). A cette époque, douleurs vésicales très fortes avec fréquence et pyurie; guérison avec lavages boriqués. En août 1889, il y a six mois, douleur hypogastrique, constipation et rétention d'urine avec fièvre el vomissements, indiquant un certain degré de réaction péritonéale pendant une semaine. Puis, brusque détente avec rejet d’urines troubles. épaisses, purulentes, et accompagnées de gaz; et en même temps, par l'anus, liquide purulent très épais. Même accident un mois et demi après.
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Depuis lors, chaque miction s'accompagne de gaz et quelquefois de matières fécales et la défécation d’une certaine quantité d'urine. Le besoin d’uriner s'accompagne toujours du désir d'aller à la garde-robe.
Examen : Au palper hypogastrique, empâtement profond, impossible à délimiter. Au toucher vaginal, prolapsus utérin incomplet, mais irréductible; dans le cul-de-sac postérieur, masse empâtée, immobile, que l’on trouve aussi par le toucher rectal. A 5 centimètres au-dessus’ de l’anus, rétrécissement annulaire de { centimètre de hauteur, peu épais, très souple. A son niveau, sur la paroi antérieure du rectum, zone indurée. On ne perçoit pas, au toucher, d'orifice fistuleux. :
Examen par injection vésicale avec de l’eau, puis avec du lait, demeure négatif du côté du rectum; par contre, quand on sonde la malade, l'issue de l’urine est suivie de l’émission de gaz nombreux et fétides.
Nous avons affaire à une fistule recto-vésicale, qui a pu se créer, ici, l'utérus n'étant plus à sa place. La cause est la syphilis; il s'agirait donc d’une gomme suppurée sous-péritonéale du petit bassin ouverte à la fois dans la vessie et dans le rectum.
On institue le traitement suivant : lavages vésicaux à l’eau boriquée tiède et médication antisyphilitique mixte. Au bout de quelques semaines, la malade sortait de l'hôpital complètement guérie.
OBservarioN XXVIIT (Résumée).
(P. DeLger, Bull. et mém. de la Soc. de chir. de Paris, 1903, p. 317, t. XXII.)
Fistule vésico-intestinale syphilitique. Amélioration.
Malade qui présentait de la pneumaturie et chez qui les matières fécales passaient en partie par la vessie.
On avait pratiqué à deux reprises la taille hypogastrique et la suture de l’orifice vésical, la première. fois au catgut, la deuxième fois au crin de Florence. On n'avait trouvé ni le trajet, ni l’orifice intestinal, |
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Catgut et crins avaient lâché, et il persislait, en plus, un méat hypogastrique, par où passaient gaz et matières.
Intervention. — On place une sonde-béquille n° 19 par l’urètre. On ferme le méat hypogastrique. Après laparotomie, on libère le côlon et on suture l’orifice intestinal, puis l'orifice vésical.
Suites. — La sonde à demeure ne fonctionnant pas, l'urine filtrant par le méat hypogastrique suturé, on rouvre celui-ci et on enlève la sonde. Pendant treize jours, pas d’élévation de la température.
Le quatorzième, élévation de la température; pus et matières passent par la cicatricè abdominale.
Quelques jours après l'opération, le malade avait présenté une tuméfaction peu sensible dans la région du cordon à droite, au voisinage de l’orifice externe du canal inguinal. La peau, d’abord rouge, était devenue œdémateuse, et l’œdème s’étendait jusqu'aux bourses.
Le malade ayant présenté à l’âge de 19 ans un chancre X mal soigné est soumis à un traitement spécifique (injections d'huile biiodurée de Panas). La tuméfaction disparaît. Elle était donc de nature ©, et cette origine explique l'accident survenu le quatorzième jour après l'opération.
En définitive, une partie des matières et des gaz passe par la plaie abdominale, mais la plus grande partie passe par l'anus.
Les urines passent par la verge. Elles n'ont d’ailleurs jamais ‘passé par la plaie abdominale ni par l'anus. Il ÿ à donc eu amélioration, mais non guérison.
OBsERvATION XXIX.
(G. Picot, Journal d'urologie, 1912, t. IE.) Un cas de syphilis vésicale et urétrale.
Ps (Edouard), 53 ans, facteur, entre à Necker, salle Velpeau, le 22 avril 1911. ; Antécédents héréditaires et collatéraux : rien à signaler.