‹ Contribution à l'Étude des Fistules Vésico-Intestinales SpontanéesChapitre 41 sur 47 · PES) APS · texte numérisé non relu

PES) APS

Il dit n'avoir eu ni chancre, ni blennorragie.

Pas de coliques néphrétiques. N'a jamais pissé de sang.

En 1904, sans cause, apparaissent des troubles vésicaux : douleurs en urinant, fréquence des mictions et pyurie. On lui ordonne des boissons abondantes et des capsules de térébenthine. Pas d’amélioration u |

En 1906, va consulter à Lille; on lui découvre un calcul vésical gros comme une petite noix. On pratique une lithotritie; la pierre était, paraît-il, friable.

Lavages au nitrate d'argent et à l’eau boriquée. Les urines restent très troubles. Les douleurs vésicales et la fréquence des mictions persistent.

A la fin de 1907, il est pris de diarrhée abondante. Il a la certitude qu'il rend par l’anus une partie de ses urines. La quantité des urines émises par la verge diminue de moitié, les phénomènes de cystite deviennent très intenses (20 mictions dans la nuit). En observant ses urines, il y constate la présence de petites masses brunâtres.

En 1908, P... est de nouveau hospitalisé à Lille. On découvre un autre calcul, nouvelle lithotritie.

Huit à dix jours après, mouvement fébrile. On diagnostique une .pyélonéphrite. Urines très troubles. Après plusieurs semaines de régime lacté et d’urotropine, la fièvre disparaît, mais les urines restent purulentes.

Depuis l'opération les troubles vésicaux ne se sont pas amendés, la diarrhée augmente et, la miction se faisant moitié par l'anus, moitié par la verge, le malade peut recueillir ses urines dans deux vases à la fois.

En février 1911, il retourne à Lille. Mais la cystoscopie et l’injection de lait dans la vessie ne dénotent pas de communication entre la vessie et le rectum.

A ce moment on lui trouve un rétrécissement de l'urètre; cependant, aucune des deux lithotrities n'a été suivie d’hémorragie par le canal. On met les troubles vésicaux sur le compte du rétrécissement et on pratique une série de dilatations.

Pas d'amélioration. P... vient consulter à Necker.

Les urines sont troubles et contiennent de gros amas purulents et de petits fragments de matières fécales.

Il urine sept à huit fois dans la journée. Mais quelques gouttes seulement passent par le méat. Le reste passe par l'anus.

Dans la nuit, il urine deux fois. Quand il est couché, la moitié des urines passe par le méat.

Examen. — Urètre : Calibre 24. La boule de l'explorateur relève cinq ou six ressauts dans le méat, le plus antérieur à 2 centimètres du méat, le plus postérieur à 16 centimètres.

Longueur de l’urètre, 18 centimètres.

Testicules normaux, prostate régulière, légèrement hypertrophiée.

Urétroscopie : Urètre antérieur sain. A 13 centimètres du méat, le tube 52 est arrêté par un rétrécissement. Les parois du canal à ce niveau sont formées par de grosses saillies pâles et dures.

Le tube 48 pénètre dans la région rétrécie.

Rectoscopie : Résultat négatif; pas d’orifice fistuleux.

Cystoscopie (le 10 février). — Nettoyage de la vessie difficile.

Pas de spasme, bonne capacité. On introduit 200 centimètres cubes de liquide.

Trigone : Pus en grumeaux, très épais.

Orifice urétéral gauche : visible, béant, bords paraissant indurés.

Orifice urétéral droit : recouvert de flocons purulents.

Au-dessus de cet orifice, dans la région postérieure droite de la vessie, le bouton du cystoscope étant à 10 heures et l'instrument enfoncé au maximum, on découvre un gros moule purulent inséré sur la vessie. Cette insertion est nette, on a l'impression qu'il émerge d’une ouverture. On glisse une sonde urétérale le long du pédicule, mais cette manœuvre désagrège la masse purulente et trouble le milieu vésical,

Nouvelle cystoscopie trois jours après. Sous l'influence d’une contraction, le liquide est rendu par le rectum. On réinjecte len-

tement.

La région du trigone est rouge et enflammée.

Orifice urétéral droit. — Arrondi, large, béant. Un peu au-dessus

de cet orifice, le bouton étant à 8 heures, la paroi vésicale se pré-

sente sous la forme de grosses saillies entrecoupées de sillons lon- ? “gitudinaux sur lesquels se branchent d’autres sillons plus fins.

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Orijice urétéral gauche. — Allongé transversalement, entouré de muqueuse pâle. Au-dessus et au-dessous, petites plaques irrégulières, plus rouges, entourées d'une sorte de halo; les bords sont irréguliers et un peu polycycliques.

Au-dessus de cette région, le cystoscope étant à 3 heures, nombreuses ulcérations paraissant peu profondes; leur bord est irrégulier, polycyelique, leur fond rouge à la périphérie, plus pâle au centre : ces éléments ont l'aspect de syphilides ulcéreuses. €

Partie postérieure de la vessie. — Le cystoscope étant enfoncé au maximum, la partie droite de la vessie présente le même aspect parqueté que celui qui a été décrit au-dessus de l'uretère droit.

Au milieu des saillies, dans un creux, on découvre la fistule. C’est un orifice irrégulier, dont les bords sont taillés à pic. Il paraît avoir les dimensions d’une plume d’oie. Au-devant de l’orifice, flottent deux corps étrangers noirâtres (débris de matières fécales).

La fistule occupe exactement le point où se trouvait l'insertion du moule purulent constaté à la cystoscopie précédente.

La partie supérieure de la vessie est occupée par de petites masses tuberculeuses, les unes agglomérées, les autres isolées; elles sont légèrement ulcérées à leur sommet.

A la partie postérieure gauche de la vessie, en un point où les formations précédentes font défaut, on aperçoit un gros vaisseau variqueux.

La constatation d'éléments papulo-ulcéreux et d’une fistule dont les bords sont taillés à pic éveille l’idée de syphilis.

On pratique une réaction de ‘Wassermann, qui est nettement positivert 1, Ve.

On prescrit 20 injections sous-cutanées de biiodure de Hg.

À la douzième, le malade se sent mieux. Le volume des urines rendus par la verge a doublé, la diarrhée a diminué, mais elle n'est pas tarie et les urines sont toujours troubles,

Le 30 mai, nouvelle eystoscopie : l’orifice de la fistule est encore plus net que précédemment.

Le 3 juin, après la vingtième piqûre de biiodure, on pratique un examen cystoscopique

L'orifice fistuleux est plus petit, plus arrondi, les éléments tuber-

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culeux de la partie supérieure de la vessie ne sont plus ulcérés, Les ulcérations de la partie gauche de la vessie et du pourtour de l’orifice urétéral gauche ont disparu.

On fait au malade deux injections d’arsénobenzol à quinze jours d'intervalle. La première injection produit une diminution de la cyslite, mais la fistule ne s'est pas oblitérée, car, de temps en temps, l'urine contient encore des fragments de matières fécales et elle s'écoule encore par l’anus, quoique en moindre abondance.

La deuxième injection est suivie d'accidents syncopaux. On abandonne la méthode et on propose au malade d'intervenir chirurgicalement. Il refuse.

Depuis, il a trois ou quatre débâcles urinaires par l’anus dans les vingt-quatre heures. Les urines sont de nouveau purulentes et les phénomènes de cystite ont de nouveau réapparu.

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