OBSERVATION XXXIV
(fn Gaouia-Hourr, obs. XLIIE. —— Ch. G. Levisox, The Military Surgeon, &. XXX, n° 5, mai 1912.)
Fistule entéro-vésicale d’origine amibienne.
Histoire. — Un marin, âgé de 38 ans, antérieurement atteint, en 1900, d'une fièvre typhoïde non suivie de complications, est pris brusquement, en 1909, d’une douleur dans la région hypogastrique, sans fièvre ni trouble dans les urines; quinze jours après, il souffre, en allant à la selle, de violentes coliques, et, peu après, s’évanouit à la suite d’une violente sensation de rupture dans le flanc gauche. C'est alors qu'il entre à l'hôpital.
Dans les jours qui suivent, la douleur persiste à gauche, les urines sont chargées de pus et la fièvre s’est installée. Puis, l’on constate l’émission de matières et de gaz par l’urètre.
Examen : Une masse existe, au niveau du côlon sigmoïde, que l’on retrouve par le toueher, au côté gauche du rectum, douloureuse à la pression.
La eystoscopie montre, d'autre part, l'existence d’un orifice, au niveau de la partie supérieure de la vessie répondant à la tuméfaction; les bords en sont œdématiés et hyperémiés.
L'examen des matières révèle la présence d’amibes, de formes mobiles enkystées.
L'état général du malade est grave; le foie grossit à vue d'œil; la température est élevée, le pouls fréquent et faible.
Diagnostic. — Fistule entéro-vésicale d'origine amibienne el probablement due à l’évolution d’une diverticulite.
Opération. — L'état du malade s’opposant à une laparotomie, on pratique la cæcostomie. A la suite, on administre des lavages par le
rectum et par l'anus artificiel.
OR Fr: L'Es
Suites opératoires. — Un mois après, la fistuie persislait encore, mais l’état général s'était déjà beaucoup amélioré. Six mois après, les urines sont redevenues parfaitement claires et la vessie se montre absolument saine; le malade a beaucoup engraissé et les matières ne contiennent plus d’amibes; le foie a d’ailleurs beaucoup diminué de volume,
On décide done de fermer l’anus artificiel : on y procède par résection et anastomose latérale, on résèque en même temps l’appendice, que l’on trouve tuméfié et que l'examen ultérieur montre d’ailleurs dénué d’amibes.
Un an après la guérison est complète. Ce cas est intéressant par sa rareté et son heureuse terminaison.