‹ Contribution à l'étude des fractures de la rotule et de leur traitementChapitre 18 sur 27 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Hôtel-Dieu, — Salle Saint-Sacerdos, n° 495. — M. Ollier

Augustin B. né à St Etienne-de-Géon exerçant la profession de journalier, âgé de 50 ans.

Entré le 24 avril 1880. Sorti le 6 juillet 1880.

Pas d’antécédents pathologiques héréditaires ou personnels, pas de rhumatisme, ni d’alcoolisme ou de syphilis.

Le 18 avril, le malade fit un faux pas sur un chemin :il tomba sur le genou et ne putse relever. Ilse mit au lit. Le lendemain il put se lever et marcher avec l’aide d’une attelle soutenant le genou et fixé par un bandage roulé.

Il entre le 24 avril. On constate une fracture transversale de la rotule situce à peu près au milieu de l'os. On peut évaluer à environ trois centimètres l'écartement des deux fragments néanmoins le malade fait quelques pas avec un bâton.

25 avril. — On place le membre malade dans une gouttière pltrée, puis, après avoir rapproché les deux fragments par l’appareil à pointes, on coule du plâtre et on enlève les deux griffes.

19 mai. — On enlèvela gouttière plâtrée et le moule plàtré et on place le malade dans une gouttière en tenant le membre assujetti par des bandes.

23 mai. — On examine le membre après lavoir laissé quelques jours au repos dans la vouttière : on reconnaît la formaton d’un commencement de cal fibreux, mais comme les fragments sont encore très mobiles, on remet de nouveau les griffes et on coule du plâtre pour maintenir les fragments, comme nous l'avons dit plus haut.

or

s juin. — On enlève le plâtre et on met le membre dans une gouttière : on sent un cal fibreux nettement formé, et un écartement entre les deux fragments qu’on peut évaluer à 9 millimètres.

8 juin. — Nouveau coulage de plâtre.

20 juin. — On enlève le plâtre et on met le malade dans une gouttière, avec un bandage roulé pour maintenir le membre.

25 juin. — On enlève le bandage et on fait prendre des bains au malade pour dissiper la raideur de larticulation du genou. Le malade commence à marcher avec une canne; mais les mouvements du genou sont encore limités.

6 juillet. — Le malade sort et à ce moment les deux fragments sont réunis par un cal fibreux très solide et séparé par un intervalle de un centimètre environ.

OBSERVATION II Hôtel-Dieu. — Salle Saint-Sacerdos n° 6.— M. Ollier.

Roux Joseph, né à Lyon, exerçant la profession de charpentier, âgé de 56 ans, entré le $ mars 1878. Sorti le 14 juin pour aller à Longchène.

Il y a deux jours cet homme, en montant un escalier en pierre, glissa et tomba le genou sur le bord d’une marche; la jambe se trouvait fléchie sur la cuisse. Le lendemain le genou était le siège d’une tuméfaction considérable.

A son entrée à l'hôpital, on constate unefracture de la rotule droite, les fragments sont distants de un centimètre et demi.

On place le membre droit dans une position élevée. Il repose sur un plan incliné de 45°

y on

11 mars. — La tuméfaction du genou a presque entièrement disparu, on se rend compte que la fracture n'est pas tout-à-fait transversale, elle présente une obliquité légère en haut et en dedans. La palpation est assez douloureuse, mais surtout en dehors au niveau du bord externe du fragment supérieur. L’écartement mesuré avec soin est de un centimètre et demi.

Jusqu'à ce jour, on s’est contenté de maintenir la jambe dans une gouttière, laquelle repose sur le plan incliné susmentionne.

1$ mars. — On rapproche les deux fragments à laide de poinçons enfoncés dans chacun d'eux, et on coule du plâtre tout autour du genou dans la gouttière. Le plâtre, une fois sec, on retire les poinçons.

18 mars. — On enlève le moule de plâtre coulé, on constate que ce moule n’avait pas été dérangé. A la face interne on voit deux éminences perforées à leur sommet, traces des poinçons Ces deux éminences surmontent deux dépressions, formant une sorte de gouttière correspondant aux plis de la peau. Le tout forme deux espèces de crochets qui contribuent puissamment à maintenir les fragments en place.

L’écartement des fragments n’est plus que de un demi centimètre. Il n’y a pas trace d’inflammation autour des piqûres des poinçons. On refait un nouvel appareil.

21 Mars. — Le malade supporte très bien son appareil.

2$ Mars. — On enlève le moule plâtré. L’écartement est aujourd’hui de $ ou 6 millimètres environ.

26 Mars. — L’écartement à légérement augmenté.

On applique un bandage plâtré comprenant tout le membre

30 mars.—Au moyen de l'appareil à fourchettes,deM. Ollier, on rapproche les fragments de la rotule et on coule un troisième moule de plâtre. Celui-ci étant sec, on enlève les four-

chettes. Le malade a souffert beaucoup pendant le jour et la nuit.

31 mars. — Ce matin les douleurs se calment et le soir elles ont cessé complètement.

1°* avril.—Le malade ne souffre plus autant, il a bien dormi cette nuit.

18 avril. — Le bon état se maintient : le malade supporte bien son appareil plâtré.

2 mai. — On enlève la calotte susrotulienne des moules de plâtre ; on constate, sur la face interne de ce moule, deux crochets transversaux dont le plus considérable est à la région supérieure , et qui maintiennent parfaitement en place les deux fragments de la rotule. La fracture est consolidée, et l’écartement est d’un demi-centimètre.

4 mai. — On enlève tout le bandage et on place le membre dans une gouttière. Repos absolu au lit.

12 mai. — Douleur dans l'articulation du genou, qui est tuméfiée. Œdème de tout le membre.

14 juin.—Le malade part à Longchêne : il peut déjà marcher avec deux béquilles ; de temps en temps il fait quelques pas sans béquilles.

L’écartement entre les deux fragments réunis par un cal fibreux est de 6 à 7 millimètres environ.

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