OBSERVATION IT
Hôtel-Dieu — Salle St-Sacerdos N° 33.— M. Ollier.
Etienne N..,, né à Dardilly (Rhône) demeurant dans la même localité: exerçant la profession de boulanger, âgé de 21 ans, entre le 26 février 1879.
Jeune homme d'une bonne constitution.
Hier, ce jeune homme voulant s'arrêter brusquement au milieu d’une course rapide dans un chemin couvert de neïge, glissa
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en avant sur le pied droit et tomba en arrière, le genou gauche
fléchi. — Ce dernier reçut tout le choc. Une douleur intense en même temps qu'un craquement se produisit dans le genou. — Il put se relever, mais aussitôt qu’il voulut fléchir
le genou gauche pour la marche, il retomba. A deux reprises ilessaya cette manœuvre et tomba chaque fois, la jambe se fléchissant brusquement malgré lui. Cependant il put ‘encore, au bout de trois quarts d'heure de repos, se rendre chez lui, en s'appuyant sur un bâton. Il fit ainsi environ trois cents mètres en une demi-heure.
Il se coucha immédiatement et constata une tumeéfaction déjà considérable du genou gauche; il se rendit également compte d'une dépression en avant. (Il n’y avait plus d’os, ditil). Un empirique consulté, lui conseilla d’entrer à l’Hôtel- Dieu.
Actuellement on constate une tuméfaction énorme du genou blessé ; peau légèrement ecchymotique, fluctuation profonde. —
Par la palpation on se rend parfaitement compte d’une dépression transversale existant à la partie moyenne de la rotule, un peu plus rapprochée de son bord inférieur.
La difficulté qu’on éprouve à l’examiner, à cause de la tension des tissus et de la douleur ressentie par le malade, empêche de se rendre un compte exact de l’écartement des fragments. Le malade ne peut soulever le membre.
Immédiatement compression ouatée.
30 février. — Tuméfaction diminuée — on recommence la compression ouatée ; le membre est ensuite placé dans une gouttière et suspendu.
15 mars. — On enlève le bandage, épanchement presque résorbé, couleur jaune de la peau.
L’écartement entre les fragments est de 0,028 millimètres. — On place l'appareil plâtré, en même temps qu’on tient les fragments rapprochés, au moyen de deux tiges de fer
mousses, appliquées, l’une sur le bord inférieur du fragment inférieur, l’autre sur le bord supérieur du fragment supérieur. — On veut ainsi éviter la perforation de la peau, à czuse de l’in-
flammation qui existe dans tous les tissus périphériques. On continue la suspension.
16 Mars. — L'appareil est bien supporté.Le malade se plaint seulement de douleurs vives dans le talon, qu’on soulage par des tampons d’ouate.
18 mars. — On enlève le plâtre et on laisse le membre à nu dans sa gouttière — La tuméfaction augmente légèrement. La rotule est réunie par un cal légèrement exubérant en avant, susceptible de s'étendre par la flexion du genou. Ecartement de 0,005.
21 mars. — On applique un nouvel appareil plâtré, en maintenant les fragments avec deux pointes métalliques.
27 mars. — On change lPappareil plâtré. On constate auparavant que l’écartement a considérablement diminué; il n’estque de 0.005 millimètres.
23 avril. — On enlève l'appareil plâtré. On laisse le membre dans la gouttière avec suspension.
25 avril. — En portant le malade au bain, une cause accidentelle amène une flexion brusque du genou, qui produit une disjonction du cal; douleurs vives à ce moment.
26 avril. On constate un écartement beaucoup plus considérable entre les fragments, estimé à environ 2 centimètres. Tuméfaction de larticulation. On place le membre dans une gouttière en suspension inclinée.
14 mai. — Le cal paraît assez solide pour permettre au malade de marcher.
L’écartement en partie diminué est encore de o,01$ millimètres environ.
27 mai. — Sortie du malade. Ecartement 0.017 millimètres.
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Cal fibreux comme l'indiquent les mouvements latéraux qu’on peut imprimer aux fragements.
21 juin. — Le malade revient pour se montrer, On constate que l’écartement a plutôt diminué qu’augmenté. En plaine le malade peut marcher sans béquilles. Flexion du genou à 20°
environ.