SENS
et est au contraire tendue verticalement, c’est-à-dire à angle avec la jambe fléchie, par Îles tendons rotuliens, et par suite exposée au choc du corps résistant sur lequel tombe l'individu, et se fixe au niveau du point où l'os cesse d’être soutenu.
Cette fracture par chute sur les genoux est analogue à celle que produirait un véritable choc, la jambe étant demi fléchie arrièrement, pouvons-nous dire, c'est-à-dire dont le triceps est contracté! En effet, nous avons vu que c’est ce muscle qui appuie la face postérieure de la rotule sur le fémur et par suite l'empêche de basculer si une violence quelconque vient à se produire, atteignant la moitié inférieure non soutenue de la rotule.
C'est en effet ce qui se produit lorsqu'un corps vient frapper la rotule dans cette position, sans qu’il soit nécessaire qu’il y ait chute sur Îles genoux.
Mais si le choc porte directement sur la rotule sans que l’on puisse trouver le mécanisme du porte à faux que nous avons trouvé dans tous les cas de fracture par chute, alors la fracture est rarement transversale. Le plus souvent elle est irrégulière, en rapport avec la violence qui l’a causée.
C’est une fracture oblique, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, tantôt isolée, tantôt multiple. Aucune règle ne vient déterminer quelle sera la forme du trait de {a fracture.
Boyer rapporte un exemple de fracture par choc direct : elle survint à la suite d’un coup de pied de cheval; Fleuriot en cite un cas analogue. En somme ces cas sont rares, surtout relativement à
ceux où l’on trouve comme cause la chute sur les genoux.
Arrivons maintenant à une des causes les plus fréquentes de ces fractures, nous voulons parler de la cause musculaire.
Nous l'avons déjà vue jouer par certains auteurs, Samson en particulier, un rôle considérable dans la fracture à la suite d’une chute sur les genoux; nous avons nous-même admis cette contraction comme un adjuvant puissant dans la violence directe; nous allons voir maintenant cette contraction musculaire agissant seule.
Comme dans les causes directes on peut distinguer deux mécanismes différents, deux mécanismes que lon peut rapprocher de ceux que nous avons déjà étudiés, et qui sont en rapport avec ce que nous avons dit de la situation de la rotule suivant les différentes positions de la jambe.
Nous allons voir la fracture par. cause musculaire se produire par un mécanisme différent suivant que l'on a affaire au mécanisme par porte à faux, jambe fléchie, ou par cause directe, par traction, jambe étendue.
Sur le mécanisme par flexion, Boyer (1) a donné une description irréprochable, à laquelle il y a peu de chose à ajouter et que nous allons reproduire, la trouvant bien meïlleure que celle que nous pourrions faire nous-même. « Lorsque le corps est penché en arrière et que la chute sur l’occiput est imminente, la cuisse étant fléchie sur le bassin, les muscles exten-
(1) Bover, II III, 5%6d;, p:°310.
seurs de la jambe se contractent fortement pour ramener le corps à la rectitude naturelle et l’'empêécher de tomber en arrière; la rotule, dont la face postérieure, n'appuie alors que par un point sur la partie antérieure des condyles fémoraux, se trouve placée entre la résistance du ligament qui la fixe au tibia et l’action du muscle droit antérieur et triceps crural; si cette action est supérieure à la résistance de la rotule, la continuité de cet os sera détruite. Cet accident arrive d'autant plus facilement dans la circonstance dont il s'agit, que par la flexion de la cuisse la direction des muscles extérieurs de la jambe et celle du ligament de la rotule deviennent obliques par rapport à l'axe vertical de cet os, en sorte que ces deux puissances dont l’une agit sur la partie supérieure, l'autre sur la partie inférieure de la rotule, lui font éprouver une inflexion en arrière, précisément dans le point de sa hauteur qui est appuyée sur les condyles du fémur. »
En somme, d’après cette description, il est facile de voir que tout effort tendant à ramener en avant le corps tombant en arrière ou inversement un effort tendant à éviter une chute en avant en redressant le genou, il peut arriver que la fracture de la rotule se produise dans ce cas, et c'est toujours lorsque la jambe est demi fléchie.
C’est exactement le même mécanisme que nous avons décrit pour expliquer la fracture dans le cas de chute sur le genou, la jambe demi fléchie. Seulement, ici, C'est la partie supérieure qui agit par l’intermédiaire du biceps, la partie inférieure résistant par