‹ Contribution à L'étude des Fractures de la VergeChapitre 13 sur 30 · A QE · texte numérisé non relu

A QE

Les organes érectiles, comme leur nom l'indique, sont susceptibles d'entrer en érection et ils ont pour attribut de . donner à la verge la rigidité qui lui est nécessaire pour l'acte

de la copulation.

Mécanisme de l'érection.

L’excitation des nerfs érecteurs, qui sont vaso-dilatateurs, provoque la réplétion des petites cavernes spongieuses. Il se produit une distension extrême de tous les tissus ainsi que des artères hélicines, terminaison des principales artères de la verge dans les corps spongieux. L’albuginée prend part également à cette distension. D'après Henlé, dans le phénomène de l'érection, elle subirait une réduction minimum d'épaisseur allant jusqu’à 0 mm. 28. Il y aurait de même, d’après Bramann, réduction d'épaisseur et distension extrême des fibres aréolaires, prolongement de l’albuminée, squelette du pénis.

Mécanisme de la rupture en état d'érection.

D'après les données précédentes, nous savons qu'il y a plénitude extrême des organes contractiles en même temps que distension et réduction maxima de l’albuginée. Si une force agit suivant un sens oblique à l’axe du pénis d'avant en arrière (cas d’un coït brutal, obstacle à l’intromission vagin étroit ou trop court, cloisonnement du vagin par un diaphragme), celle-ci ne se répartit plus uniformément sur tous les points du pénis, comme dans un coït normal, mais agit avec prédilection en un point de l'organe. La résistance de celui-ci, de ses membranes distendues à l'extrême et réduites à leur strict minimum d'épaisseur, viendra à fléchir : la limite de l’élasticité et de la résistance étant dépassée, il y aura lacération des travées fibreuses, suivie d’une lacération de l’albuginée avec extravasation sanguine dans le tissu cellulaire sus-jacent. Ce mécanisme explique bien la production d’une rupture du pénis celui-ci étant en érection. Mais nous savons qu’à côté des fractures produites dans

Rougé 2

LÉ 9e.

l'érection il existe des cas de ruptures se produisant à la suite, par exemple, d’un traumatisme portant sur la verge alors que celle-ci se trouvait en état complet de flaccidité. On ne voit pas alors comment une pareille lésion peut se produire lorsque le pénis, en état de relâchement absolu, vient à recevoir un traumatisme. La plupart des auteurs, et J.-N. Demarquay en particulier, sont unanimes à reconnaitre alors que la rupture du pénis ne saurait avoir lieu si celui-ci et ses tissus constituants n’ont pas acquis une rigidité extrême, capable de transformer l'organe en une masse turgescente, solide et désormais incapable de subir la moindre incurvation.

Et c’est pour expliquer l'apparition de semblables lésions dans le cas de rupture du pénis, celui-ci étant en état complet de déplétion, de flaccidité, que de nombreux auteurs ont avancé des raisons d'ordre anatomo-pathologique facilitant la rupture dans un cas, la déterminant dans l’autre. Beaucoup partagent cette façon de voir et trouvent là une explication naturelle. Lenhossek et Kaufmann ont observé des calcifications et des ossifications de l’albuginée, spécialement au niveau de ja cloison séparant les deux corps caverneux. D’autres ont avancé que de semblables formations produisaient habituellement l’induration du pénis, qui empêcherait précisément ia complète distension de l’albuginée et des travées lamelliformes.

Demarquay est d'avis qu’une pareille lésion peut être favorisée par une sclérose de la tunique et des COTPS Caverneux eu -mêmes. Il semblerait alors que l’artériosclérose doive jouer un grand rôle dans leur production. Mais les auteurs ont remarqué la fréquence des ruptures du pénis dans un âge où de telles scléroses sont rares.

Et cependant des transiormations scléreuses des corps caverneux ef de ses tuniques sont capables de fournir une explication logique de la lésion. Tuffier, dans son traité portant sur l’induration des corps caverneux, la met sur le compte d’une induration plastique d’origine non inflamma-

> pe

toire. En dehors des indurations d’origine nettement inflammatoire, telles que les cavernites chroniques succédant à une blennorragie, à un processus syphilitique ou tuberculeux, il est des indurations qui ne sont que l’exagération d’un processus physiologique qui, chez le vieillard par exemple et normalement, tend à accroître de plus en plus l'épaisseur et l’importance de la cloison fibreuse intercaverneuse. Certaines prédispositions individuelles sous la dépendance de certaines affections diathésiques, comme la goutte, l’arthritisme et, d’une façon générale, toutes les maladies par ralentissement de la nutrition, sembleraient favoriser cette induration et, par conséquent, en admettant leur rôle possible, favoriser la rupture du pénis. -

Pour Guyon, l’état anatomique antérieur du pénis ne semble pas faire de doute : les inflammations des corps caverneux prédisposeraient à la fracture. Dans un cas décrit par lui, la fracture se serait produite au cours d’un coït opéré sans grand effort, chez un jeune sujet ayant souffert préalablement de nombreux rétrécissements urétraux et d’autres lésions post inflammatoires du pénis.

Enfin Marion, dans son Traité d’urologie, considère comme possible que d’anciennes inflammations de la verge prédisposent à la fracture.

On comprend aisément comment d'anciennes lésions portant sur l’albuginée et ses dépendances, sur les corps caverneux et ses aréoles, peuvent être à l’origine des ruptures de ceux-ci. Et cependant, dans la majorité des cas, on ne remarque rien d’anormal dans l’état antérieur du pénis, rien de suspect dans les antécédents personnels ou héréditaires des malades. C’est sur ces constatations que se basent la plupart des auteurs pour avancer que les causes prédisposantes, si elles existent, n’ont aucun rôle dans la production des fractures.

Le traumatisme dans la fracture du pénis en érection ne fait aucun doute. Bergmann et Bruns, Le Dentu et Delbet, Duplay et Reclus, Marion, considèrent cette lésion comme

étant toujours le résultat de fausses manœuvres dans le coït ou la masturbation. De même, une forte striction s’exerçant autour de la verge en érection peut amener l’éclatement des corps caverneux, avec lacération de l’albuginée et épanchement sanguin dans les tissus cellulaires voisins.

Enfin, et c’est là la conclusion à laquelle se rallient la plupart des auteurs, la fracture, étant produite en majeure partie par la lacération de l’albuginée trop distendue, ne peut s’elfectuer que pendant l'érection de la verge, et plus facile, ment lorsque celle-ci est au maximum, c’est-à-dire au moment qui précède l’éjaculation.

Causes.

D’après ce qui précède, il semble que le traumatisme soit toujours à l’origine des fractures. Ceci est incontestable et admis par tous. Cependant, si la majorité s'accorde à reconnaître le rôle prépondérant joué par l'érection dans la production de pareilles lésions, nous verrons par la suite’que l’érection ne suffit pas par elle-même à provoquer la fracture et que, si, dans la plupart des cas, elle la conditionne en la précédant, on peut observer des fractures en son absence.

Il paraît également très difficile de recueillir exactement le récit des circonstances ayant déterminé des lésions de ce genre, qui semblent relever pour la plupart de manifestations érotiques anormales et souvent de psychopathies sexuelles. En effet, les malades souffrant de ces traumatismes ne sont pas facilement portés à les décrire, soit par un sentiment de pudeur bien naturel, soit parce que la cause de ces lésions reconnaisse des tentatives répugnantes.

D'une façon générale, après connaissance de cas les plus importants, et recueillis, l’origine de la fracture semble reconnaître deux causes :

1°) Le traumatisme, cause déterminante indispensable, sous n'importe quelle forme; 2° L’étroitesse du vagin.

D). paRS

Le traumatisme peut revêtir de nombreuses formes. Huguier, dans une de ses observations, nous apprend que le traumatisme fut déterminé par un choc du pénis contre le périnée de la femme, qui appuyait de tout son poids sur le pénis lui-même.

Dans un cas de Fioraventi, il s’agit d’un homme qui dans un coït pratiqué debout heurta brusquement de son pénis la face antérieure de la racine de la cuisse de la femme. De même dans un cas de Pietri où le patient buta contre le pubis de la femme. Re) ,

Dans une publication de Rodolfo Redi, la lésion se produisit uniquement pour des raisons physiques, le malade ayant pesé de tout son poids sur le pénis même.

OBSERVATION ÎII.

(Rodolfo Rent, assistant à l'Hôpital Santa Vordiana Institut de clinique chirurgicale générale de l’Université de Sienne.)

Sur un cas de fracture du pénis.

F... (G.-A.), 20 ans, originaire de Castelforentino, en congé de convalescence suites de pleurésie avec épanchement contracté au régiment. Le 21 juillet 1925 au soir, le malade se jette à plat ventre sur le lit, sa verge étant en érection. Il ressent immédiatement une douleur d’une intensité relative et une‘impression semblable à la rupture du membre. Pas de bruit, forte tuméfaction du pénis. La douleur se calmant il put dormir.

Le lendemain, constatant une énorme tuméfaction de la verge, le malade se présente à la consultation de l'hôpital de Sainte-Vordienne.

Inspection. — Sujet d'apparence normale et saine. Aucune trace

dé maladie antérieure, à part la pleurésie récente. Pas d’antécé-

dents personnels, pas de maladies vénériennes, parents vivants et

bien portants.

Examen de la verge :

Longueur, 48 centimètres; Circonférence maxima, 18 centimètres; Circonférence minima à la base, 15 centimètres.

Coloration. — Fortement cyanotique. Plus claire et tendant au rouge vers le prépuce. Le prépuce dépasse le gland de 5 centimètres et forme lèvre au-dessus, sur la face dorsale de la verge. Audessous il est mince et presque normal. À 7 centimètres de la base, étrangiement déviant à droite l’organe. A ce niveau, la résistance à la palpation est augmentée, quasi ligneuse, tandis que partout ailleurs, au-dessus et au-dessous, la palpation est élastique.

Quelques jours après, l’extravasation étant en voie de résorption, indication nette d’une solution de continuité de l’albuginée et des corps caverneux. Presque pas de douleur, pas de réaction d'ordre général pendant la résorption, qui se fait lentement. Le volume du membre n’est pas redevenu encore normal au départ de l’hôpital, le 1% août 1995.

Il n’y eut jamais ischurie ni hématurie.

Traitement. — Applications de glace, immobilisation ensuite dans des tubes de carton.

Le malade revient à la consultation trois mois après. Le pénis mesure 11 centimètres de long.

Circonférence moyenne : 10 em. 5.

À 3 centimètres environ de l'extrémité du gland, la circonférence est plus grande et atteint 12 centimètres.

On remarque de plus : au même niveau à gauche, une grosseur d'environ 3 millimètres, n’expliquant pas l'augmentation du volume, étant compensée à droite par une excavation de profondeur concordante. Modification de: la direction du HT qui s’incline à droite à sa partie terminale.

Coloration, consistance, normales.

L'érection est complète, et, pendant celle-ci, correction dans la direction de l’axe.

Coït, érection, éjaculation, normaux.

LE

Le coït et ses faux pas, les sentiments érotiques, particulièrement développés chez certains individus, l’ardeur apportée dans les rapports sexuels, sont également la plupart du temps à l’origine des ruptures de la verge.

La cause la moins rare réside dans le coït lui-même, soit que le blessé ait rencontré dans l’accomplissement de son acte des obstacles insurmontables, comme dans un cas relaté par Parker, soit qu'il ait subi une brusque pression pendant l'acte lui-même, alors que son pénis est en violénte érection.

OBsERvATION III. (Inédite.)

(M. le Professeur CHAvANNAz.)

ATX = ans all y a un peu plus d’un an, au cours du coït, au moment même de l’éjaculation, a eu la verge violemment serrée par sa femme. Il à eu, dit-il, à partir de ce moment, une induration qui, topographiquement, devait être située au niveau de l'urètre et qui a ensuite disparu, tandis que d’autres indurations se formaient à côté. Ces indurations sont allées depuis grossissant.

Au moment de l'examen, pratiqué quelque temps après l’accident, nous notons les détails suivants :

- M. X.. est un homme de bonne constitution; il a fait son service militaire sur le front français, n’est jamais allé dans les colonies. Il a été atteint par deux fois de rhumatisme articulaire.

Il a trois Îrères ou sœurs bien portants. Son père est mort d’un cancer au rein et sa mère rhumatisante. Son état général est bon, c’est un homme nerveux, à caractère un peu inquiet et à réflexes très viis.

Examen de la verge. — Dans la région moyenne de la partie pendante de la verge, à droite et à gauche de l’urètre, il existe une induration du volume d’un haricot. La palpation de l’urètre ne permet de rien révéler; la miction et l’éjaculation ne sont pas gènées.

Grâce à l’obligeance de M. le docteur Sztark, qui revit le malade le 14 octobre 1931, nous avons pu recueillir les renseignements suivants :

RQ

M. X... présentait encore à cette date une petite masse indurée au niveau des corps Caverneux.

Pendant toute la durée du traitement, qui consista en applica- Done de pansements résolutifs, pommades el diathermie même, la douleur ne faisait qu'augmenter et le noyau induré avait tendance à progresser.

Depuis la cessation de tout traitement, l’induration a presque disparu; le malade est en excellent état et ne présente aucun

trouble.

Des plaisirs d'un autre ordre que le coït, mais dans lesquels le mécanisme de la rupture est.le même, peuvent donner naissance à une telle lésion. Blandin a eu l’occasion d'observer un blessé dont l’histoire fort obscure lui avait fait dire que le malade s'était livré à des plaisirs que la honte avait empèêché d’avouer.

OBSERvATION IV.

(BLANDIN, Gazette des hôpitaux, 1837, p. 246.)

B... (N.), corroÿeur, âgé de 32 ans, d’une constitution athlétique, racontait seulement en eflet que, le 15 mai 1837, au matin, au moment de sortir de chez lui pour faire une longue course, il avait placé sa verge alors en érection, au côté gauche de son pantalon. En revenant, il s'était aperçu, dit-il, que le pénis avait grossi : il avait éprouvé en même temps un malaise résultant de la distentension de la peau. S’examinant alors, il avait constaté une augmentation considérable du volume de l'organe, qui avait pris une teinte violacée et dans quelques points était devenu noir comme de l'encre. L’elfroi l'avait aussitôt conduit à l'Hôtel-Dieu, où, sans doute, il n’avait pas avoué toute la vérité.

Voici également une autre observation, due au docteur Alivazatos, dans laquelle il s’agit d'une fracture occasionnée par un plaisir différent du coït. Il s’agit encore d'un ouvrier du cuir — et l’on pourrait se demander si la corporation des travailleurs du cuir est destinée plus que toute autre à four-

TOUR LR

Di

Page 1