‹ Contribution à L'étude des Fractures de la VergeChapitre 15 sur 30 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

(Gazette des hôpitaux, 1852,-p. 155, et Dublin Médical Press, 1851.)

Rôle du traumatisme dans la fracture de la verge en état d'érection.

A... (B.), jeune homme récemment marié, était depuis quelques jours accidentellement séparé de sa femme. Un matin, éveillé en sursaut et voulant s'habiller à la hâte, il saute précipitament hors de son lit. Il le fit si malheureusement qu'il alla butter contre la colonne de son lit. Son pénis, en ce moment en vigoureuse érection, reçut toute la viclence du choc. Il sentit immédiatement un bruit sec, comme si quelque chose se rompait, et la verge devint aussitôt plus souple. 11 crut tout de suite s'être fracturé le pénis. Une extravasation de sang suivit immédiatement cette contusion : la verge acquit rapidement un volume double ou triple de celui de l’état normal. Sa couleur devint livide : l’organe prit un aspect effrayant. L'anxiété du malade était à son comble. Augmentation de la tuméfaction pendant plus de vingt-quatre heures. Elle devint telle que le prépuce se rabattit autour du gland comme dans les infiltrations séreuses ou urinaires de cette région.

Repos absolu au lit ordonné, traitement antiphlogistique conseillé. Le pénis fut maintenu contre le pubis et incessamment recouvert d'applications froides.

Sous l'influence de ce simple traitement, au bout de quelques jours la résorption sanguine s'’effectua spontanément. La résolution fut rapidement complèté et le membre recouvra vite sa configuration et ses fonctions normales.

OBsERvATION VIII.

(American Journal of the Medical Sciences, vol. IV, 1842, p. 85.)

Un homme mince, bien portant, âgé de 27 ans, sentit pendant le coït, et juste avant l'orgasme vénérien, que quelque chose se relâchait dans son pénis. Le sperme fut éjaculé néanmoins, mais, il faut le dire, sans ardeur ni plaisir; la verge se détentit tout aussitôt. Elle se décolora, tout en restant volumineuse et pendante.

Le blessé se promena une demi-heure environ, ne ressentant que peu de douleur, mais éprouvant un sentiment de lourdeur et de plénitude locale qui le surprenait fort.

C’est au bout de ce temps que j’examinai le malade : le pénis était distendu par du sang veineux à la face dorsale et latérale, à gauche et autour du prépuce. Le gonflement entourait toute la verge, à sa base aussi bien qu'au niveau du prépuce, et lui donnait un volume supérieur à celui de l’organe en pleine érection.

I n’y avait ni douleur ni difficulté à la miction.

L’extravasation sanguine continua pendant une heure environ.

Je pratiquai des incisions le long de la face dorsale du pénis . l’hémorragie ne se renouvela pas. |

J'instituai un traitement externe approprié.

L'état normal aussi bien que général alla s’améliorant, et au bout de deux mois le malade, guéri, quittait mon service.

Jusqu'ici, le traumatisme s’est toujours accompagné d’érection de la verge et la fracture s’est produite soit par exagéra- . tion de courbure, soit par exagération de pression en un point quelconque. Il est cependant des cas où le traumatisme agit seul et où n'entre pas en jeu l'érection. La cause principale de la rupture reconnaît alors le choc violent appliquant la verge contre.un plan résistant formé par les parties molles du bassin, doublé en dedans par le revêtement osseux que lui forme la symphyse pubienne. Faut-il voir dans ces états de

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