PRONOSTIC ET COMPLICATIONS
Il est rare qu'un processus inflammatoire succède à la fracture de la verge. Malgré tout, le pronostic doit toujours être réservé en prévision des complications possibles. En général, les soins qui sont immédiatement apportés triomphent rapidement de l’hémorragie quand elle existe, des spasmes quand il y en a, du délire s’il se produit.
Plus rarement, on a à lutter contre la formation d’abcès qui pourraient se produire aux environs du point fracturé ou au sein même de l’épanchement sanguin péripénien. Quoi qu'il en soit, malgré la rareté de ces complications, on peut observer dans certains cas la formation d’un anévrysme diffus succédant à une hémorragie considérable, la formation d'un abcès et enfin, mais beaucoup plus rarement, la gangrène de l’organe.
Mais, d'une façon générale, le pénis qui a subi de pareilles atteintes conserve rarement la même vigueur, la même énergie, la même sensibilité. Il se produit en lui une sorte de mortification vitale qui le frappe de discrédit, qui altère son ardeur, qui neutralise son activité, Il est désormais ankylosé et ne peut remplir que très imparfaitement les fonctions qui lui sont dévolues.
D'autre part, si à de pareilles considérations on ajoute la possibilité d’une déformation permanente de la’ verge, s’accentuant au moment de l'érection, on peut aisément se ren dre compte qu'une lésion d'une telle nature puisse rendre à tout jamais impossible tout rapport sexuel. Deguise a eu l’occasion de donner ses soins à un homme qui se rompit les corps caverneux pendant le coït. Depuis lors, au niveau de 1:
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déchirure, la verge est comme brisée, elle est pour ainsi dire en fléau; l'érection se fait bien, mais en deux temps, et d'autre part la verge est coudée à angle sur la partie correspondante de la rupture, ce qui apporte une grande gêne dans les rapprochements sexuels.
M. Richet a également vu un homme offrant une semblable lésion suivie de guérison. Mais, pendant l'érection, le pénis reste rétracté et Courbé sur la face urétrale comme dans la blennorragie cordée.
Le pronostic doit donc être réservé, en tenant compte de ces considérations et surtout de la déformation possible de la verge. Boinet, dans une observation (Gazette des hôpitaux, 1852, p. 351), cite le cas d’un homme de 42 ans qui, à la suite de rapports sexuels, eut une fracture de la verge ne s'accompagnant pas des signes habituels, si ce n’est, le lendemain, d’un gonflement du prépuce. Ce ne fut que quinze jours après son accident qu'ayant voulu reprendre ses rapports sexuels il s’aperçut qu'il n’y pouvait parvenir, son pénis en érection étant tordu d'une manière bizarre. Depuis lors, à chaque érection, les mêmes phénomènes se représentent, rendant impossible tout rapprochement sexuel.
Dans de telles conditions il est assez aisé de comprendre qu'une telle affection ait un retentissement considérable sur le système nerveux des malades, d'autant plus que ceux-ci sont d’un âge relativement jeune, et les conduise à des actes que la morale reproche. Tuffier cite le cas d’un jeune malade à qui semblable accident était survenu et qui se livrait à l'onanisme avec excès parce qu'il ne pouvait avoir dé rapprochements sexuels et arrivé à un état de névropathie tout à fait inquiétant.
Le plus souvent, les malades jeunes et qui ont conservé un semblant d'érection s’affectent rapidement, plus peut-être des déformations que des phénomènes douloureux ressentis. Leur attention est toujours portée sur leur lésion à la moindre érection. Ils deviennent tristes, hypocondriaques, exagérant leurs souffrances, rendant la vie pénible à leur entourage.
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Cette obsession est telle qu'elle peut provoquer, comme Île signale Tuffier, des idées de suicide.
Tels sont les résultats éloignés des ruptures, qui par eux seuls suffisent à porter un pronostic réservé. Il faut encore signaler d’autres complications possibles, peu fréquentes heureusement, et qui, lorsqu'elles existent, l’assombrissent encore plus :
L'anévrysme peut être en premier lieu l’une des complications les plus fréquemment rencontrées. Il succède, en général, à un traumatisme violent, s’accompagnant de délabrements considérables des tissus, rendant très difficile, parfois impossible, la cicatrisation de la lésion. L'épanchement sanguin abondant qui leur fait suite n’a pas tendance à s'arrêter, et, se collectant dans des régions voisines du point lésé, se constitue une poche dans laquelle le sang va s’enkyster. Dans d’autres cas, le sang chemine dans le tissu cellulaire et va s'étendre assez loin dans les régions avoisinantes, constituant un anévrysme diffus dont le point de départ est nettement localisé au niveau où siège ia fracture. Par eux-mêmes, ces anévrysmes n offrent pas de sérieux dangers, car ils se résorbent lentement, amenant la restilutio ad integrum des tissus lésés. Il est admis qu'il ne faut pas toucher à de pareilles tumeurs, car leur ouverture, si elle n’entraîne pas la mort, peut être le point de départ d'accidents infectieux, inflammatoires, pouvant déterminer de sérieuses complications.
OBsERvATION XII.
(Fasre, Dictionnaire de médecine, t. VI, p. 221, d'après ALBINUS.)
Un jeune militaire, au moment de l'érection, eut la verge tortement tordue par sa maîtresse. Il y éprouva une violente douleur et une tumeur $s'ÿ forma par la suite. Elle était sans changement de couleur à la peau et disparaissait complètement d’abord par la compression, puis difficilement et incomplètement; elle était molle
comme un abcès, la peau qui la recouvrait était mobile comme
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