‹ Contribution à l'étude des fractures de la voûte palatineChapitre 17 sur 20 · COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS

L’emphysème, les hémorrhagies, les fractures de la base du crâne, les caries du rebord alvéolaire avec suppuration dans quelques cas rares, sont les complications les plus importantes.

Nous insisterons surtout sur l’emphysème et sur une autre complication possible qui n’a pas été encore bien étudiée : l’ecchymosé palpébrale et sous-conjonctivale.

L’emphysème.—C'est une complication assez fréquente des fractures siégeant au voisinage des cavités aériennes. Mais pour que l'air puisse s’accumuler sous la muqueuse il faut que la déchirure de cette membrane ne soit pas trop considérable, et l’écartement des fragments peu appréciable. Aussi est-ce surtout dans les fractures « avec signesrationnels >» que nous les observons le plus fréquemment.

Nous n’avonstrouvéaucune observation d’emphysème ayant compliqué une fracture de la voûte palatine. Dansles cas cités par Morel Lavallée et Rendu,

l'accumulation de l'air dans le tissu cellulaire de le face était dû à une fissure de la paroi antérieure de l’antre d’Ighmore.

Nous pensons que, chez notre malade, il était dû | à la perforation de la muqueuse palatine. Ici, également, la tumeur gazeuse était énorme et absolument identique dans ses rapports et son mode d’envahissement à celle que nous décrit M. Rendu dans son observation classique.

Le point de départ seul diffère.

Les deux observations semblent calquées l’une sur l’autre. à Aussi avons-nous cru qu'il ne serait pas sans inté- | rêt de transcrire cette observation que l’on pourra comparer à la nôtre. |

Observation

Recueillie par Rendu dans le service de Desormeaux.

« Un homme de 40 ans, quiavait reçu un coup de pied de cheval, eut une épistaxis immédiatement après, et le lendemain il se présenta à l’hôpital avec une-ecchymose autour de l'œil gauche et un gonflement manifeste. Une vive douleur provoquée par la

pression au-dessous de l'os malaire et peu en dehors du trou

- sous-orbitaire, fit supposer l'existence d’une fracture du maxillaire

supérieur. Le lendemain, on put observer une saillie globuleuse,

donnant une crépitation emphysémateuse et se distendant subite-

ment avec bruit comme une vessie que l’on insuffle lorsqu’on faisait marcher le malade. Pendant les trois jours suivants, l’'émphy= sème atteignit de grandes proportions, couvrant toute la face, s’étendant jusqu’à l’apophyse mastoïde gauche, gagnant le cou et les régions sous-claviculaires. La crépitation gazeuse se présentait même au niveau du grand pectoral gauche et en arrière sur l’épine de l’omoplate. La santé générale restait bonne. L’emphysème diminua ensuite graduellement. Après sa disparition, on sentit nettement une fente linéaire due à un léger enfoncement de la paroi antérieure du sinus maxillaire au niveau du trou sous-

orbitaire.

Notre première idée, en constatant chez notre blessé la tumeur emphysémateuse de la joue, avait été de l’attribuer à la fracture des os propres du nez. Rien d’étonnant à ce que celle-ci ait contribué à sa formation. Mais comment expliquer alors le siège de l’emphysème sur là paroi latérale du sinus et sa marche ascendante?

De plus, dèslelendemain matin del'accident, avant que les régions sous-orbitaires et nasales aient été envahies, on pouvait constater l’énorme tuméfaction du voile du palais, et percevoir la sensation spéciale que révélait au toucher cette région et que nous avons décrite dans l'observation.

De plus, du côté gauche, au niveau du palatin, on apercevait un petit lambeau de muqueuse se soulever à chaque expiration.

Il est probable que c’est à ce niveau que péné-

Largo trait l’air sous la muqueuse. Le petit lambeau, for- mant soupape, se laissait soulever au moment de l'expiration, ouvrant ainsi l’orifice qu’il refermait pendant l'inspiration.

Mais on peut nous objecter que l'air ne saurait s’infiltrer sous la muqueuse intimement adhérente au périoste.

Sansdoute, maïs ce périoste,lui, n’ést pas aussi adhérent au corps de l’os et peut se laisser soulever: ilya longtemps que l’on connaît les infiltrations gazeuses dont les os peuvent être le siège.

< Emphysemata non solum fiunt sub cute, in « membrana cellulosa, sed etiam quandoque sub- « periosteis, autem etiam iis membranis quæ mus- « cules ambiunt, vicusque aliquod. (Gallien).

Du reste, étant donné lesiège de l’orifice à la naissance du voile du palais, on voit qu’il était facile au gaz de s'infiltrer sous la muqueuse de ce voile et de gagner ensuite latéralement letissu cellulaire des joues. j

“Dans la thèse de Bézian, sur L’emphysème, nous avons trouvé quelques cas où cette complication était due assez manifestement à la simple déchirure de cette membrane.

Ad

Observation

de Maisonneuve.

Un écolier qui venait de se piquer la muqueuse buccale avec nn.

une plume métallique se mit ensuite à donner du cor: emphy-

sème de la face.

Obsertration

de Morel-Lavallée.

Tirée du même auteur.

M. le Dr Delestre fils extrait une dent: immédiatement emphysème de la face. Les cris du petit patient auraient chassé l'air

dans le tissu cellulaire.

Observation

Un homme jouissant d’une bonne santé, était assis tranquille-

ment à table et dinait en famille. Tout à coup, il sentit en man-

geant une certaine raideur dans la mâchoire du côté gauche, mais elle était trop légère pour qu'il y fit aucune attention sérieuse et qu’il en parlât à sa famille. Cependant, son fils qui était le. plus près de lui, lui ayant dit qu’il avait la joue très enflée, il y porta la main et sentit une grosse tumeur du volume d'une orange, mais il n’éprouva ni douleur, ni incommodité d'aucune espèce autre que l'émotion produite par cette apparition subite et inat-

tendue. Deux jours après la tumeur avait complètement disparu.

ecchymose sous-conjonctivale dont l'apparition fut

EL

FR oil

Page 1