‹ Contribution à l'étude des fractures de la voûte palatineChapitre 5 sur 20 · I. — Fractures par cause directe · texte numérisé non relu

I. — Fractures par cause directe

Les fractures par cause directe sont rares. Elles sont dues le plus souvent à un coup de feu tiré dans la bouche ou sous le menton.

Il existe cependant quelques observations d’empalement et de piqûre de la voûte par un instrument pointu ou tranchant. |

C’est ainsi que Morel-Lavallée a vu une perforation traumatique du voile du palais et de la voute produite par l’extrémité d’un morceau de bois sur laquelle un enfant était tombé la bouche ouverte.

Ces cas ne présentent aucune particularité inté-

RE te Rx ressante : la rapidité de leur consolidationestleseul côté instructif de leur histoire.

Les fractures par armes à feu s’accompagnent de délabrements plus considérables.

Aux désordres causés par la balle ou le plomb, s'ajoute ici l’action vulnérante due à la force élastique et à la dilatation des gaz résultant de la déflagration de la poudre.

Les lésions des parties molles sont le plus souvent considérables. Les lèvres, les joues, la langue, le voile du palais sont presque toujours déchirés : il se produit un véritable éclatement de la face.

‘ La balle, après avoir perforé la voute, gagne les cavités de la face pour aller se loger dans leurs parois ou gagner la base du crâne. |

Le point de la voûte qu’à traversé la balle est le siège d’une fracture irradiée en tous sens. Si l’arme était chargée à plombs, les pertes de substance sont multiples.

Mais, en même temps, l’expansion des gaz sollicite les sutures de tous côtés : il arrive alors, dans la cavité buccale, ce que nous voyons se produire, lorsque, pour désarticuler un crâne, nous l’emplissons de haricots mouillés et. bouchons les orifices. La force élastique des gaz a une tendance à écarter l’un de l’autre les deux maxillaires. Mais cette disjonction des deux os ne saurait se produire sans la rupture des piliers qui soutiennent la voûte : apophyses montantes des maxillaires, colonne fronto-malai-

re, apophyses pterygoïdes.

WU

L'observation n° r est un curieux exemple de cette.

variété de fractures. Nous-mêmes, nous avons eu

l'occasion d'observer à l'Hôtel-Dieu de Clermontun.

cas de ce genre. Il s'agissait d’un individu qui s'était tiré un coup de fusil sous le menton. Toutes les parties molles sous-hycidiennes étaient dilacérées et le maxillaire inférieur broyé. La voûte palatine était perforée en plusieurs points. La suture médiane avait cédé dans toute sa longueur et les fractures des apophyses malaires et de la branche montante avaient permis aux deux maxillaires un écartement de un centimètre. | 6 Quelque temps après, de nombreuses esquilles s’éliminèrent par la cavité buccale, laissant sur la voûte des pertes de substance multiples. Les esquilles furent soigneusement conservées et, grâce à cette précaution, la réparation de la voûte put se faire.

Observation I FA (Journal de chirurgie de Desaull. T. 1], p. 2567).

Fracture avec déplacement et perforation de la voûte palatine.

Un jeune homme de 2$ ans, après s'êtretiré un coup de pistolet dans la bouche, entre à PHôtel-Dieu vers le milieu du troisième jour : Face et orbite ecchymosés et très gonflés, lèvres excessivement tuméfiées, langue et intérieur de la bouche noirs et

comme brûlés, voile du palais déchiré dans toute son étendue

d’avant en arrière détruit en grande partie du côté gauche. Du

mème côté, vers le milieu de la voûte palatine, ouverture consi-

dérable faite par les deux balles dont le pistolet était chargé. Os maxillaires séparés l’un ce l’autre, ceux-ci des os propres du nez

et des os de la pommette ; déplacement sensible du côté droit, où:

l'angle interne de l'os de la pommette fait sous la peau une saillie

très marquée; gonflement considérable de la bouche, passage

des liquides presque intercepté, la plus grande partie sort par le

nez.

On se borne à rapprocher les maxillaires avec une bandelette placée sous le nez. Le douzième jour, une petite esquille tombe de la voûte palatine. Après quoi, rétrécissement considérable de

la perforation : fracture entièrement consolidés vers le milieu du

troisième mois. D’un délabrement grave il ne resta que le nez

plus gros et l'os zygomatique droit plus saillant.

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