II. — Fractlures par cause indirecte
Par fractures indirectes de la voûte palatine j’entends les fractures qui résultent d’une chute sur une
région quelconque de la face ou d’un coup porté en
l’un de ses points. Elles compliquent toujours une fracture du maxillaite supérieur, auquel, du reste, appartient cette voûte quant à ces 3/4 antérieurs Dans un seul cas, celui que nous relatons, la voûte palatine s’est trouvée seule divisée sur la ligne mé-
diane.
Nous ferons une distinction entre les cas où la force vulnérante a porté sur le maxillaire supérieur,
et ceux où la fracture de cet os était elle-même indi-
recte.
1° La fracture du maxillaire est de cause directe.
Il n’y a guère que les grands traumatismes qui s’accompagnent de fractures de la voûte protégée en avant et latéralement par la forte bordure que lui constitue le rebord alvéolaire.
Si le coup porte sur la paroi antérieure du sinus, celle-ci, mince lame osseuse, se laisse plutôt enfoncer, et si la force continue à agir, elle vient appuyer en haut sur l’apophyse malaire qui la transmet verticalement. Dans le cas où le coup a porté de haut en bas, elle vient prendre point d’appui sur le rebord alvéolaire très compact, où elle se divise en raison de l’obliquité de ce rebord qui présente la configuration d’une ellipse. La réflexion des forces à ce niveau, ou leur épuisement dans les cas de traumatismes de faible intensité préserve la voûte palatine.
Il en sera de même d’un coup porté au niveau de l’apophyse montante du maxillaire. Si cette apophyse n’est pas brisée, ce sera l’apophyse arbitraire interne du frontal qui transmettra la force. dans le cas où sa direction sera ascendante. Si la force agit de haut en bas, elle sera transmise par l’apophyse malaire du maxillaire. Au niveau de la suture de cet os avec le malaire, cette force se décomposera, en raison de l’obliquité de la suture (la facette malaire recouvrant la facette maxillaire).
Ainsi, grâce à la résistance des piliers médians (apophyses orbitaires des os maxillaires et frontaux) et des piliers latéraux-externes (apophyses jugo-
! malaires), et grâce aussi à l’obliquité des sutures (la surface articulaire de l’os inférieur recouvrant la surface articulaire de l’os situé au-dessus) les forces
seront épuisées par le fait deleur division et la voûte palatine épargnée.
C’est ce qui a lieu quand un individu reçoit un coup de poing en pleine figure ou tombe de sa hau-
CsSisur.
Lorsque les forces sont d’une intensité telle que les contreforts de la face ne peuvent plus leur résis- | ter, ceux-ci cédant, le trait de fracture s'irradie jusqu'aux parties moins résistantes situées en arrière d'eux, et la voûte palatine, comme les autres lames limitant les cavités de la face, se trouve divisée. Si
le corps vulnérant est inégal, présente des aspérités et offre une largeur suffisante, les forces agissantes. multiples, portent sur différents points de la face et peuvent occasionner des fractures nombreuses du maxillaire s’irradant au hasard sur la voûte qui se trouve alors brisée en plusieurs fragments, ainsi que l'apophyse montante, le rebord alvéolaire et les parois du sinus. j Le maxillaire supérieur et les autres os de la face peuvent se trouver également intéressés.
Dans ces cas, la multiplicité des traits d'irradiation sur la voûte palatine entraîne la formation de nombreuses esquilles. |
Thomas 2