‹ Contribution à l'étude des fractures des métacarpiensChapitre 13 sur 40 · Société anatomique, t. XXX, juillet · texte numérisé non relu

Société anatomique, t. XXX, juillet

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faire vers la face dorsale, se fait vers la face palmaire. Le fragment phalangien pénètre alors par son extrémité supérieure, dans les parties molles de la paume de la main. |

Le déplacement latéral existe quelquefois concurremment avec l’inflexion angulaire surtout quand il s’agit de frac-

tures du deuxième ou du cinquième métacarpien; (ou

alors ces os sont beaucoup moins soutenus latéralement

que le troisième et le quatrième métacarpien.)

Quant au raccoucissement il est généralement peu marqué ;etne mesure quère plus de 2 millimètres.

Läsions des parties molles. — Les tendons peuvent

être un peu contusionnés ; mais jamais ils ne sont blessés sérieusement.

Les plaies des vaisseaux Sontégalement rares. Cependant elles peuvent exister et déterminer comme dans une de nos observations personnelles un hématome assez volumineux. | ;

Les nerfs peuvent être également quelquefois irrités par les fragments, et cette incitation peut donner lieu à des névralgies plus ou moins persistantes.

L’arthrite de l'articulation métacarpo-phalangienne correspondant au métacarpien fracturé est assez fréquente, et dans certains cas peutaboutir si l’on n’y prend garde à une ankylose plus ou moins complète.

Enfin les moindres lésions cutanées peuvent servir de porte d’entrée à l’infection ; et on peut voir alors survenir un phlegmon profond, s’accompagnant d’ostéomyélite du métacarpien fracturé.

Quant aux fractures compliquées d'emblée, nous les

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laisserons de côté à peu près complètement ; à l'exemple des classiques ; car elles ne s’observent quère que dans les cas de grands traumatismes, et dans ces cas la fracture n’est qu'un accident de nouvel ordre, à peu près sans intérêt. Nous nous contenterons donc simplement de rapporter tout à l'heure quelques observations de fractures compliquées qui nous paraîtront présenter un intérêt spécial. 3 Il nous reste, pour finir ce chapitre d’anatomie patho-

logique, à signaler les résultats qu'a obtenus Couturier,

en cherchant à reproduire sur lecadavre les fractures des métacarpiens.

« Armé d’un marteau de plomb, dit cet auteur, j'ai frappé tantôt à plat, tantôt avec un des angles de cet instrument une main reposant sur sa face palmaire, vers la partie moyenne des os métacarpiens. J’ai obtenu ainsi des résultats qui me permettront de passer en revue les variétés cliniques des fractures.

Sur le premier métacarpien reposant à plat, j'ai pro-

duit une fracture par écrasement ; le canal médullaire

de los est effacé ; les lames dorsale et palmaire sont appliquées lune contre l’autre ; la lame palmaire est séparée en deux fragments ; une longue fissure se remarque à la face dorsale ; les extrémités articulaires sont presque entièrement détachées ; la crépitation se perçoit sur toute l'étendue de l'os ; mais elle n’a pas le timbre sec qu’elle a dans d’autres cas. L’exploration à travers les parties molles ne fait reconnaître aucun déplacement,

aucune mobilité anormale. Il est permis de penser que

malgré ce délabrement considérable, une fracture analo-

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A De que pourraît être méconnue sur le vivant, la tuméfaction

des parties molles rendant l’aplatissement de l'os inap—

préciable, et la crépitation fort douteuse. Le premier

métacarpien ne présentant pas-une courbure aussi marquée que les autres os de cette région, garanti d’ailleurs par les parties molles sur lesquelles il repose, il a fallu pour le briser un effort considérable qui a produit l’écrasement. 7 s

Sur le deuxième métacarpien, le fragment supérieur. présente 3 fragments secondaires; la face articulaire est: décollée ; l'extrémité digitale présente une fracture oblique ; de plus on trouve 2 esquilles à l'union des 2 fragments principaux. |

Le troisième métacarpien présente une double fracture incomplète ; l'effort tendant à détruire la courbe normale de Pos, et repoussant la partie moyenne de los sur la face palmaire, a détaché imparfaitement cette partie de ses extrémités articulaires. Vers l'extrémité supérieure c est la face dorsale qui a résisté; en bas au contraire c’est la face palmaire. | |

Le quatrième métacarpien présente une fracture dentelée ; les fragments sont pour ainsi dire égrenés, et forment une saillie à la face dorsale.

Enfin pour le cinquième métacarpien la fracture est transversale et parfaitement nette. »

Ces résultats expérimentaux obtenus par Couturier sont certainement très intéressants, tant au point de vue anatomo-pathologique qu’au point de vue étiologique. Malheureusement ils ne concernent que les fractures di-

rectes et sont dès lors très incomplets.

ÉTIOLOGIE

Fréquence. — Grâce à leur petit volume, à la résistance de leur écorce compacte, à leur union entre eux et avec les os du carpe, grâce enfin aux parties molles qui protègent leur face antérieure, les métacarpiens sont rarement fracturés » (1). C’est ce qui semble du moins ressortir à première vue des statistiques.

Malgaigne, sur 2.377 fractures observées à l'Hôtel-Dieu ne trouve que 16 fractures des métacarpiens, soit à peine 0,67 0/0. M. Polaillon sur un total de 5,517 fractures trouvées dans les Hôpitaux de Paris pendant les années 1861 62 et 63, ne signale que 64 fractures de métacarpiens, sait 1,16 0/0. Bruns sur 8.560 fractures, note 168 fractures de ces os, soit près de 2 0/0. Toutefois comme le dit M. Plicque (2) « pour bien interpréter ces statistiques, il faut remarquer tout d’abord que les fractures du métacarpe entraînent beaucoup moins que toutes les autres, l’entrée à l'hôpital. Il faut remarquer de plus qu’elles sont souvent méconnues, regardées comme de

simples contusions de la main. Il faut enfin tenir compte

4. Mauclaire. Traité de chirurgie Le Dentu Delbet. T. I, p. 319.

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