‹ Contribution à l'étude des fractures des métacarpiensChapitre 15 sur 40 · SYMPTOMES — COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

SYMPTOMES — COMPLICATIONS

Tout d’abord, iorsqu'on se trouve en présence d’un individu qui se plaint de souffrir, au niveau de la région -métacarpienne à la suite d’un accident, il faut toujours commencer par faire une enquête minutieuse sur les circonstances dans lesquelles s’est produit cet accident. L’individu a-t-il reçu un coup, il faut rechercher si le coup a porté sur la face dorsale ou sur la face palmaire ; Pindividu at-il fait une chute, il faut s'enquérir sur l’attitude exacte dans laquelle était la main lorsqu'elle a porté sur le sol. Bref, le chirurgiendoit avoir présents à l’esprit les différents mécanismes de fractures du métacarpe que nous avons étudiés tout à l'heure, et chercher à appliquer l’un d’eux au cas particulier devant lequel il’ se

trouve. |

= Les conditions dans lesquelles a eu lieu l'accident étant bien connues il faut interroger soigneusement le blessé; et au besoin son entourage sur les symptômes qu’il a pré- sentés immédiatement.

Ainsi, un signe de début très important et très fréquent et beaucoup trop négligé par les auteurs classiques, consiste dans une sensation de craquement habituellement nettement perçu par le blessé.

Quelquefois même ce craquement est tellement fort

qu'il peut être entendu à distance. Dans chacune de nos obsérvations personnelles, le malade à eu d’une façon très précise une sensation de craquement; et dans l’une d'elles ce craquement fut si intense qu’il fut entendu par la femme du malade qui se trouvait dans une pièce voisine.

Outre le symptôme précédent, qui manque quelquelois, le blessé présente au moment même de laccident un autre signe moins caractéristique mais plus constant, c’est la douleur active et bien localisée qui accompagne la production de la fracture. Quand celle-ci est due à une cause directe; à un coup de bâton reçu sur le dos de la main par exemple: elle peut être attribuée à la contusion des parties molles; et dès lors n’a comme symptôme qu’une valeur très relative; mais il n’en est plus de même dans le cas de fracture indirecte consécutive par exemple à une chute sur le poing fermé. Dans ce cas en effet, l'apparition d’une douleur subite, atroce, localisée à un point bien déterminé du dos de la main et différent à celui qui a porté sur le sol; constitue un symptôme aussi caractéristique que Île signe précédent : Cette douleur atroce cède d’ailleurs très rapidement, et ne tarde pas à faire place à une douleur sourde, ou mieux à un engourdissement de la main et des doigts, principalement du doigt correspondant au métacarpien fracturé,

Craquement et douleur, tels sont donc les deux symptômes du début qu’il faut attentivement rechercher, et sur lesquels il faut interroger soigneusement le blessé. Il en existe quelquefois un troisième, c’est la tuméfaction qui apparaît pour amsi dire d'emblée à cause de la contusion

dans le cas de fracture directe, et qui au contraire se dé-

— 31 — | veloppe généralement très lentement dans les fractures indirectes.

Quoi qu’il en soit, une fois les symptômes précédents

venus, le médecin passe à l'examen du malade, etici com- E. me ailleurs, doit considérer successivement les signes ; fonctionnels et les signes physiques.

Parmi les signes fonctionnels la douleur doit tout d’abord attirer l'attention. Elle est quelquefois insignifiante, ou même nulle spontanément; lorsque l'accident remonte déjà à plusieurs jours; mais cependant il est toujours possible de la réveiller par la pression; ou par cer- 2 taines manœuvres. C'est ainsi que pour la rechercher Verneuil conseille de prendre à pleine main le doigt correspondant à l'os atteint; et de pousser de bas en haut dans le sens du métacarpien brisé. Il se produit alors une exacerbation vive et violente de la douleur qui cesse en même temps que la pression. Quant à l1 manœuvre qui consiste à tirer sur les doigts, conseillée par certains auteurs, elle est tout à fait mauvaise, car non-seulement elle ne réveille pas les phénomènes douloureux, mais elle amène souvent un soulagement notable; ce qui s'explique aisément du moins dans le cas de fracture oblique où les fragments chevauchent l’un sur l’autre ; car alors la traction détermine la réduction de la fracture.

Outre les douleurs, on constate souvent comme signe fonctionnel de l’affection qui nous occupe, une anesthésie plus où moins étendue et plus ou moins persistante de la main et des. doigts, et une impotence plus ou moins marquée. L’impossibilité que le malade éprouve à faire

mouvoir le doigt, correspondant au métacarpien brisé ;

| — 38 — constituerait même suivant certains auteurs un excellent signe de fracture. Ce doigt serait en effet souvent maintenu recourbé en crochet sur la paume de la main; et il serait alors impossible au malade de l’étendre.

Passons maintenant en revue les différents signes physiques que l’on peut rencontrer dans le cas de fracture du métacarpe.

Ici comme dans les autres fractures, l’ecchymose est constante ; toutefois elle ne prouve rien dans les fractures indirectes; car alors elle peut être due à la contusion concomitante. Elle a au contraire une grande valeur dans les fractures directes, et siège alors sur la face dorsale un peu au-dessus de larticulation métacarpo-phalangienne. Quelquefois même elle descend jusque sur la face dorsale du doigt correspondant.

Le gonflement, comme nous l’avons déjà dit, se développe plus ou moins vite, suivant qu'il s’agit d’une fracture directe ou indirecte. Habituellement limité à la main, ce gonflement peut dans certains cas, devenir énormeet envahir comme dans une observation, l’avant-bras et même le bras. Quoi qu’il en soit ce symptôme n’a pas grande valeur et qêne bien plus souvent le médecin qu'il ne laide.

La déformation, souvent nulle, est en tous cas très inconstante, surtout dans le cas de fracture directe. Quand elle existe ; elle peut apparaître du côté de la face palmaire ; mais c’est là un fait exceptionnel ; presque toujours c’est à la face dorsale qu’elle se montre.

« Le déplacement angulaire en arrière dit Malgaigne

est beaucoup plus commun et se rencontre dans la plu-

part des fractures par cause indirecte. Il importe de se

faire une juste idée de la nature de ce déplacement qui n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. D'abord bien que l'angle paraisse formé par la saillie commune des. deux fragments, surtout quand on essaie de repousser la

tête de l’os en arrière : il suffit de l’examicer attentive-

ment en laissant la partie en repos pour reconnaître que

le fragment supérieur n’y entre pour rien; qu'il, est

maintenu à peu près dans sa direction naturelle par ses

ligaments carpiens et que s'il éprouve quelque dérange-

ment, ce serait plutôt pour s’incliner un peu vers la

face palmaire. C’est le fragment inférieur qui remonte /

en arrière par dessus l’autre, tandis que son extrémité

phalangienne est fortement attirée en avant ; de là une

saillie plus ou moins forte qu’il forme à lui seul à la face :

dorsale, tout en s’inclinant à angle sur le fragment supérieur, de là, la dépression de la tête de l’os qui ne se trouve plus en arrière sur le même plan que les têtes des os voisins, et enfin, complication la plus grave de toutes; de là un raccourcissement notable de l’os dû à la fois au chevauchement réel et à l’inclinaison angulaire » (1).

Ajoutons que le déplacement peut se faire non-seulement dans le sens antéro-postérieur ; mais encore dans le sens latéral ; surtout quand il s’agit d’une fracture des métacarpiens extrêmes.

Enfin, quand la lésion, fait exceptionnel, siège immédiatement ou un peu au-dessus de la tête des métacarpiens,

il se produitune déformation spéciale qui au premier abord

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