Malgaigne. Fractures et lumations, p
ferait croire à uneluxation plutôt qu’à une fracture. Dans ce cas le fragment inférieur fait en effet, pour ainsi dire, corps avec la phalange et vient faire saillie dans la pau- me de la main. Il existe également une saillie sur la face dorsale, mais celle-ci correspond non à l'extrémité supérieure du fragment inférieur, mais à l'extrémité inférieure du fragment supérieur.
Le raccourcissement dont nous avons indiqué plus
haut la cause, manquerait très souvent d’après Couturier; il serait au contraire presque constant d’après Jar-
javay, Pekequin et Houzelot, mais il serait plus ou moins
évident suivant les cas. à
Barbé dans sa thèse, conseille de le rechercher en ouvrant et en fermant successivement la main blessée. « Dans le premier cas, le pli articulaire ne se trouve plus au même niveau par rapport à ceux des doigts voisins. Dans le deuxième cas la tête du métacarpien fracturé paraît remontée : et la courbe constituée par l’ensemble des têtes métacarpiennes est déformée. Un point qu’il ne faut Jamais oublier, c'est d'examiner comparativement les
deux mains ».
La mobilité anormale existe souvent ; mais souvent aussielle est difficile à constater à cause du gonflement, et aussi à cause de ce fait que les métacarpiens étant petits et solidement unis entre eux, il est difficile de les mobiliser, D’ailleurs quand ce symptôme existe, il disparaît généralement au bout de quelques jours. D’après Malgai gne « la meilleure manière pour rendre évidente la mobilité anormale, consiste à attirer fortemennt le doigt en
flexion, tandis qu'avec le pouce on appuie sur la paume
— Ai —
de la main vis-à-vis de la fracture présumée,: pour obtenir un angle saillant en arrière, Mais cette épréuve demande à être tentée avec quelque prudence, de peur de déterminer un déplacement considérable, qu’on aurait peine ensuite à corriger ». |
La manœuvre conseillée par Malgaigne, permit de constater non seulement la mobilité anormale, mais encore la crépitation qui constitue assurément le meilleur signe de la fracture et quiest presqu: constante. Mallieureusement il n’est pas toujours aisé de la mettre en évidence. Pour y arriver, Barbé, dans sa thèse, conseille de recourir non pas à la manœuvre de Malgaigne qu'il considère comme brutale et dangereuse; mais à une manœuvre plus douce et au moins aussi efficace qu'il a essayée sur lui-même.
« À la suite de la fracture dont nous avons été atteint, dit-il, la mobilité anormale et la crépitation étaient parfailement perceptibles par nous dans les mouvements de flexion et d'extension des doigts... La douleur engendrée par ces mouvements était très faible, tandis qu’au contraire elle était exagérée par les manœuvres classiques pratiquées dans le but de rechercher la crépitation et la mobilité anormale. :
… C'est pourquoi en pareils cas, nous plaçons les doigts à plat sur la face dorsale de la main blessée, et nous faisons exécuter des mouvements volontaires s’ils sont possibles ; communiqués si la douleur ou toute autre cause empêche le malade de mouvoir ses doigts. On sent facilement la crépitation et la mobilité normale au moyen de
cette petite manœuvre ».