‹ Contribution à l'étude des fractures des métacarpiensChapitre 22 sur 40 · RU A · texte numérisé non relu

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ment par un appareil à extension constitué simplement de la manière suivante. IL réduisait la fracture; puis il réunissait le doigt correspondant au métacarpien brisé, à l’un des doigts voisins, au moyen de diachylon.

K appareil de Pétrequin qui est aussi un appareil à extension, est beaucoup plus compliqué « je prends, dit. cet auteur, une grille de fer dont la largeur dépasse le diamètre transversal de l'avant-bras ; et dont la longueur déborde le coude et l'extrémité des doigts de 8 centimè= tres environ. Je recouvre la partie cubitale pour lui faire embrasser le coude et la partie digitale de manière à lui fournir un point d'appui pour lextension. Cela fait on fixe au coude la partie recourbée avec quelques tours de bande en 8 de chiffre indéfini; le membre est mis dans la . demi-flexion et dans une position moyenne entre la pronation et la supination ; le creux de 14 main est malelaisé avec un peu de charpie pour rétablir la concavité naturelle du métacarpe. Les lacs extensifs sont appliqués sur les doigts; deux petites bandes sont placées parallèlement à leurs faces latérales et maintenues avec des circulaires de Rande qu’on amidonne à mesure. |

On peut se servir aussi de bandelettes de diachylon. On pratique l’extension en prenant un point d'appui sur la partie antérieure de la grille. La longueur du métacarpe est rétablie avec sa forme et l'appareil est laissé en place le temps convenable » (1). Cet appareil a donné

d'excellents résultats et s’impose encore actuellement

1. Pétrequin. Mémoires sur les fractures du métacurpe. In. Comptes-rendus de Acad. des sc: de Dijon, p. 130, 1841-1842:

“dans les cas rares heureusement où le déplacement "est

considérable.

Quant aux appareils plâtrés ou silicatés conseillés par certains auteurs, ils ont le grave inconvénient de ne pas pouvoir être enlevés facilement et de ne pas permettre la surveillance de la fracture qui doit être pour ainsi dire

continuelle.

Aujourd’hui, on se sert le plus souvent pour maintenir la fracture réduite, de simples attelles garnies d’ouate ; et maintenues par une bande de tarlatane amidonnée. Les attelles de carton conseillées par M. Picard, sont d’une grande commodité, En les trempant dans l’eau chaude avant leur application, elles se ramollissent, se moulent très facilement sur toutes les irrégularités du dos de la

Main, puis en séchant prennent une dureté de bois. :

Il est aisé de les tailler de toutes largeurs ; aussi bien en larges attelles destinées à recouvrir toute une face de l’avant-bras, qu’en étroites languettes qui garnies d’ouate remplacent les compresses graduées pour maintenir les espaces interosseux et s'opposer aux déplacements latéraux. Leur contact lorsqu'elles sont enveloppées d'une très mince couche d’ouatè, est bien mieux toléré, que celui des attelles de fer et de bois. Quant aux bandes de tarlatane empesées ; elles sont infiniment préférables aux bandes de toile, parce que mouillées au moment de leur application, elles forment après dessication une sorte de carapace très solide.

Cet appareil sera renouvelé aussi fréquemment que

possible, tous les trois ou quatre jours par exemple; et

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chaque fois il sera bon de pratiquer une séance de mas-.

sage de quelques minutes.

Au bout de 20 à 25 jours; l'appareil pourra être enlevé

définitivement ; et alors quelques séances de massage

pratiquées une ou deux fois par jour ne tarderont pas à

eu Ja guérison.

Le traitement des complications ne devra pas non plus

“étre négligé. Dans le cas de luxations concomitantes, il

faudra avoir soin de réduire la luxation avant de s’occu-

per de la fracture. Dans le cas de cal vicieux gênant le

fonctionnement des tendons, le chirurgien pourra être

obligé d’intervenir pour régulariser ce cal. Enfin {a sutu-

re sera indiquée dans certains cas exceptionnels de

pseudarthrose génante.

-OBSERVATION I (Personnelle) (1).

Fracture du troisième métacarpien par causé indirecte.

‘Constant L... âgé de 55 ans, propriétaire,ne présente rien de

particulier dans ses antécédents héréditaires ou personnels.

Le 15 janvier 1899, étant au bain, d’eau froide d’un fonctionnement très difficilè. Pour cela, il le saisit d’une main fermée, les quatre derniers doigts au-dessus de la poignée et le pouce au-dessous elil tente de le faire tourner en abaissant sa main gauche fléchie sur son poignet,

de toutes ses forces. À ce moment un craquement sec se pro-

1. Nous avons nous-mêine examiné ce malade, mais c'est à l'obli-

seance de son médecin le docteur Vérut, de Charly (Aisne), que nous ;

. devons cette observation.

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il veut ouvrir un robinet.

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duit, tellement fort, que la femme.du malade quise trouvai dans une pièce voisine l’entend très distinctement. En même temps L...-éprouve une douleur extrêmement vive, et devient impotentde sa main qui ne tarde pas à se tuméfier.

Le Docteur Vérut appelé vingt-quatre heures après l'accident, constate une enflure considérable de toute la région métacarpienne (face dorsale), sans ecchytnose bien nette et sans déformation appréciable. La pression détermine une douleur extrèmement vive au niveau de l'extrémité inférieure du troisième métacarpien, à un travers de doigt environ au-dessus de l'interligne mélacarpo-phalangien. Crépitation et mobilité anormales faciles à constater.

En résumé; fracture indirecte du troisième métacarpien sans

déplacement notable, et par exagération de la courbure de,

l'os.

Traitement. — Immobilisation par un pansement simple

sans attelles et compresses résolutives. Au bout de huit jours les douleurs avaient disparu. Au bout d’un mois il commencait à se servir de sa main. Actuellement il n’éprouve: pas la moindre gêne. Un examen attentif permet de constater une petite

nodosité insignifiante au niveau de l’ancienne fracture.

OBSERVATION Il (Personnelle).

Fracture du deuxième et troisième métacarpien par cause directe. Hématome et phlegmon consécutifs. Guérison tardive.

R..., chauffeur, âgé de 44 ans, sans antécédents pathologiques, tombe le 2 décembre 1898 d’une hauteur de 3 mètres environ

sur le sol. Dans sa chute, le main droite étendue rencontre un

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robinet de chaudière contre lequel elle se heurte très violem-

ment au niveau de la région palmaire.

R..., éprouve alors à ce niveau la sensation d’un violent craquement, en même temps qu'il ressent une vive douieur ; el quand il se relève tout meurtri ; il constate une saillie très nette sur la face dorsale de sa main droite qui est absolument impotente et couverte d'éraflures.

Pendant quelques jours, R..., est soigné par un médecin de

la Compagnie d'assurances qui prescrit simplement l'application

de compresses imbibées d'eau blanche; mais la face dorsale de

la main droite qui est comilétement violacée, $e tuméfie de plus en plus et devient très douloureuse ; en même temps qu'une fièvre violente se déclare, si bien que le patient se décide à venir à la consultation de l’hôpital Necker. Là on fait le diagnostic de contusion avec hématome suppurée, et en effet une large son pratiquée donne issue à une grande quantité de pus.

Au bout de 15 jours environ, l’enflure ayant complétement disparu, grâce aux pansements antiseptiques humides; on peut facilement constater l’existence d’une double fracture portant sur la partie moyenne des troisième e: quatrième métacarpiens, et facilement reconnaissable grâce la douleur localisée, à la crépitation ; à la mobilité anormale, et enfin à une déformation très accusée. ’

Quand la plaie consécutive à l'incision du phlegmon fut complètement fermée: c'est-à-dire vers le 20 décembre 1898; on immobilisa soigneuseient la main après avoir réduit les fractures au moyen de deux.attelles en bois, l'une dorsale; l'autre palmaire ; toutes deux matelassées d’ouate ; et solidement

maintenues au moyen d’une bande de toile roulée autour. Cet

Rte ee appareil mal supporté par le malade, fut refait à cinq ou six reprises différentes, et enlevé définitivement le 15 janvier. La consolidation s'était alors'effectuée, mais malheureusement la déformation du dos de la main s'était reproduite. De plus, bien que les doigts laissés libres par l'appareil aient été régulièrement mobilisés, leurs mouvements surlout ceux de flexion, étaient très limitéset très douloureux, sur le conseil du chef de consultation. R... entra dans le service du professeur Le Dentu à la fin de janvier, mais il ne voulut pas ,entendre parler d’opération, et sortit au bout de trois jours, préférant continuer les séances de massage.

A la fin de février; quoique les mouvements de flexion des

doigls fussent encore très gênés et très douloureux, R... repre-

nait son travail.

OBSERVATION III (Personnelle).

Fracture directe de l'extrémité inférieure du troisième métacarpien. Pseudarthrose consécutive.

L..., 28 ans, brocheur ; sans antécédents pathologiques, était.

occupé le 22? janvier 1899, à faire tourner la manivelle d’un tour ; lorsqu'il lâcha cette manivelle. En voulant la raftraper il la recut violemment sur le dos de la main droite, et éprouva, aussitôt à ce niveau la sensation d'un violent craquement, en même temps qu'il reseentait-une très vive douleur, En quelques heures une enflure énorme se développa sur la face dorsale de la main droite devenue complètement impotente.

Pendant plusieurs jours, sur le conseil d’un pharmacien il se

borna à appliquer des compresses résolutives qui firent en effet disparaître l'enflure, mais non les douleurs.

Au bout de 10 jours seulement, c’est-à-dire le 2 février, L..…, fut adressé par son patron à M. Hivet, interne du professeur Le ; Dentu à l'hôpital Necker. M. Hivet diagnostiqua une fracture de l'extrémité inférieure du troisième métacarpien facilement reconnaissable ; grâce aux symptômes habituels (douleurs,cré-

pitation, mobilité anormale et déformation) ; et procéda de suile à l'application d’un appareil. Comme le déplacement élail peu accentué, il se borna simplement à immobiliser la région métacarpienne au moyen de deux attelles de bois, l’une dorsale, l’autre Delmire, matelassées d’ouate, et iaintenues par quelques tours de bande detoile. | |

Les doigts étaient laissés complètement libres pour pouvoir être mobilisés.Le malade devait revenir à l'hôpital tous les 4 ou

5 jours pour être bien surveillé !

Malheureusement L.... négligent, dédaigna de se déranger, et comme au bout de 15 jours, il ne souffrait plus, il enleva tout simplement son appareil, et reprit son travail “environ 10 jours après. | |

Il se décida cependant à revenir se montrer une fois à lhôpital Necker à la fin de février. É

La douleur et la crépitalion avait disparu, mais la déformation et la mobilité anormale persistaient. Enfin il s'était formé une pseudarthrose. Cette complication ne devait évidemment guère gêner le malade, puisque celui-ci avait repris son tra-

vait qui est très rude ; et prétendait se servir de sa main aussi

facilement qu’autrefois.

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