‹ Contribution à l'Étude des Fractures des MétacarpiensChapitre 10 sur 35 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Pourquoi les fractures des métacarpiens passentelles sisouvent inaperçues? Lorsqu'elles se présentent avec leurs symptômes caractéristiques, on les ignore parce qu’on oublie trop souvent de faire une exploration complète de la main. Il faut bien dire aussi, qu'avant de venir consulter,le malade attend, institue lui-même un traitement,ou s’adresse à un rebouteur, et ce n’est que lorsque la main est tuméfiée, par suite très difficile à explorer, qu’il va trouver le médecin. Souvent même -le praticien ne fait le diagnostic rétrospectif qu’en constatant la présence d’un cal exubérant et gênant. ;

En général,le diagnostic de fracture du métacarpe est facile surtout lorsqu'il s’agit de fracture mobile siégeant au niveau du corps de l'os, mais encore faut-il voir le blessé peu de temps après l’accident, avant l’apparition du gonflement.

Quoi qu’il en soit, la fracture du métacarpien peut être confondue soit avec une luxation, soit avec une entorse ou une simple contusion, surtout s’il s’agit d’une fracture appartenant au type fixe.

Avec une sérieuse attention on peut encore éviler

la confusion avec la simple contusion. Lorsque, en présence d’une tuméfaction considérable, on voit les phénomènes s’amender,l’ædème disparaître, l’impotence fonctionnelle, presque totale au moment de l'accident, disparaître progressivement, permeltant au malade d’exécuter spontanément, au bout de quelque jours, les mouvements de la main et des doigts, on peut écarter le diagnostic de fracture. Si, au contraire, la douleur persiste, localisée sur un os du métacarpe, si la main reste impotente,il est probable qu'on se trouve en présence d’une fracture. Souvent même apparaît alors la crépitation, qui inmanquait au début.

Le diagnostic est plus délicat lorsqu'il s’agit d'une lésion portant sur une des extrémités de l'os.

La fracture du col peut être confondue avec une luxation de la première phalange en avant. Dans ce cas il s'agira d’une fracture, si, en faisant exécuter les mouvements des doigts au malade, la tête se meut et surtout si cette mobilité s'accompagne de crépitation. |

La confusion, chez l'enfant, avec le décollement. épiphysaire, a peu d'importance, puisque le traitenent est le même.

Duroux a signalé la confusion de la fracture de la base du cinquième métacarpien avec la fracture de Fos crochu. Mais cette dernière lésion est rare ; de plus, comme le dit Duroux, lorsqu'il y a fracture de la base du cinquième métacarpien, on constate une douleur névralgique spéciale produite par le pince-

HSE ment ou l'irritation de la branche cutanée dorsale du cubital ou du rameau collatéral interne du petit doigt.

La situation anatomique du deuxième métacarpien s’oppose à la luxation.

La fracture dela base du troisième métacarpien, peut être, comme le fait observer Jacob, confondac avec une fracture du grand os ; mais, dit encore Duroux, la fracture de la base du troisième métacarpien,qui échappe au diagnostic,rend plus longtemps le mouvement de relèvement du poignet douloureux et ce symptome qui fait son diagnostic fait aussi son pronostic en ce qui concerne les ouvriers principalement.

La fracture de Bennett peut être confondue avec la luxation trapézo-métacarpienne. Mais dans la fracture il y a de la crépitation, la réduction est très facile, mais la sub-luxation se reproduit immédiatement, tandis que dans la luxation vraie, la réduction est moins facile, mais la luxation ne se reproduit pas une fois réduite.

Mais dans tous les cas la radiographie doit être faite. Elle doit être faite de face et de profil afin d'éviter Les erreurs possibles. Faut-il croire, avec les auteurs écossais, Miles et J.-W. Struthers, que la | radiographie viendra toujours tirer d'embarras ? Évidemment non.«La radiographie, dit à ce sujet Dorny, n’est instructive que pendant les premiers jours, avant la période de décalcification, qui commence la formation régulière du cal. Lorsque la blessure n’est

plus récente, et que le diagnostic est devenu obscur, . c’est qu'il est survenu de l’hydarthrose ‘aiguë qui ressemble singulièrement à de l’arthrite bénigne, en même. temps qu'il s’est formé de la raréfaction du tissu osseux dans l’os court, qui est le trapèze, et dans l'épiphyse du premier métacarpien (Doray parle d’une fracture de Bennett).Il en résulte que la radiographie ne montre plus que les ombres d’une calcification normale. Tout est confondu dans l’uniformité d’une pénombre qui n’est nulle part plus déconcer- . tante que dans le foyer précis dont il faudrait pouvoir discerner les moindres détails. »

Il faut dire aussi que la radiographie donne bien souvent des détails intéressants, qui, sans elle, ne seraient jamais découverts. Ceci a acquis une importance de premier ordre depuis la loi sur les accidents du travail. Nous n'en donnerons comme preuve que le cas de ce soldat dont parle Vennin (Lyon médical, 1907, observation).

On comprendra donc toute l'importance qu'il y a de faire un diagnostic aussi précis que possible pour instituer une thérapeutique appropriée afin d'éviter toutes les situations anormales que nous signalons dans ce travail, surtout lorsqu'il s’agit d'accidents du travail.

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