SYMPTOMES. — COMPLICATIONS
Les symptômes des fractures des métacarpiens varient suivant qu'il s’agit d’une fracture fixe ou avec déplacement, d’une fracture intéressant le corps de l'os ou une de ses extrémités.
Dans les fractures à type fixe le symptôme initial est la douleur. Au moment de l'accident le blessé ressent, en effet, une vive douleur. Il ne faut pas attacher une grande importance à ce symptôme lorsque la violence a été exercée directement sur le dos de la main. Il n’en est pas de même lorsque la fracture est indirecte, dit Espagnon dans sa thèse,car ‘en dehors de la sensation douloureuse qui siège au point de contact avec le sol, il. existe, au moment de l'accident, en un point éloigné de cette surface, une souffrance aiguë qui va persister. La douleur a toujours lieu au niveau de la fracture ; elle est continue même lorsque la main est au repos; elle s’exagère lorsque les doigts correspondants exécutent des mouvements volontaires où transmis; «lle devienttrès vive lorsqu'on pousse le doigt correspondant dans le sens de la longueur du métacarpien : Verneuil insiste beaucoup sur cette exacerbation de
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la douleur qui disparaît lorsque la pression cesse. Pour lui ce serait un signe pathognomonique.
La tuméfaction diffuse que l’on rencontre, localisée à la main, n’a pas grande valeur puisqu'on constate ce gonflement dans l’entorse et la simple contusion.
L’ecchymose, qui manque dans un assez grand nombre de cas, n’a de réelle valeur que lorsqu'elle apparaît tardivement.
On constate presque toujours dans ces fractures de l’impotence fonctionnelle. On constate, en effet, souvent mais pas toujours, une impossibilité presque absolue des mouvements du doigt correspondant. Celui-ci, en effet, est maintenu en crochet, et n’est redressé que très difficilement par le malade.
Certains auteurs, et Chéron dans sa thèse, ont signalé la sensation de craquement nettement perçuë par le malade.
Dans les fractures à type mobile, outre les symptômes que nous venons d'énumérer, s'ajoutent -la déformation, la crépitation, le raccourcissement et la mobilité anormale.
La déformation consiste en une saillie osseuse qui siège, en général, sur le dos de la main et sur la continuité d’un ou plusieurs métacarpiens. C’est un des meilleurs signes de fracture et des plus constants. En effet, le voisinage des autres métacarpiens empêche, dans beaucoup de cas, le déplacement latéral et très rarement le fragment mobile vient faire saillie dans la paume de la main. En outre de la saillie dorsale, la déformation métacarpienne se
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complique d'une déformation digitale, qui eët caractérisée par le raccourcissement du doigt supporté par le métacarpien brisé. Pour constater cette déformation, dit Le Dentu, il faut comparér la longueur du doigt, correspondant à la fracture, non pas à celle des doigts voisins, mais à celle du doigt homo: logue du côté opposé. La différence, quelque minime qu'elle soit, est facilement appréciable, et met sur la voie du diagnostic.
Pour Polaillon, la mobilité anormale est peut-être le signe le plus constant. Pour la constater, il faut, comme le dit Malgaigne, attirer fortement le doigt
‘dans la flexion et à l’aide de ce levier on exécute des mouvements qui se transmettent aisément au fragment. Il faut, dans ce cas, agir avec ménagement de peur d'augmenter le déplacement ou d'en produire un qui n’existait pas. En exécutant cetle manœuvre, si on cherche à réduire la déformation, on obtient la sensation de la touche de piano:
En cherchant la mobilité on trouve souvent la crépitalion qui vient confirmer le diagnostic.
On rencontre parfois. dit Le Dentu, une déviation des tendons extenseurs en dedans ou en dehors de la saillie formée par les fragments; c’esl encore un signe qui à une certaine importance.
Il ne faut pas espérer trouver constamment l’ensemble de ces symptômes dans les fractures des métacarpiens. Boyer rapporte une observation dans laquelle tous les symptômes physiques manquaient. « Ce ne fut guère, dit-il, qu’au douzième jour qu’en
su (BU te pressant sur l'extrémité inférieure du quatrième métacarpien, je m’aperçus à la crépitation et à la mobilité des fragments que Fos était fracturé. Ce qui prouve qu’un certain nombre de signes n'apparaissent que tardivement et viennent ainsi lever tous les doutes.
Ce que nous venons de dire s’applique aux frac-
tures dela diaphyse des métacarpiens. Dansles fractures des extrémités de ces os les.signes sont un peu différents.
Dans les fractures de l'extrémité. inférieure on retrouve la douleur, l’irmpotence fonctionnelle et le gonflement, mais le signe caractéristique c'est la: saillie de la tête à la face palmaire de la main. On recherchera la mobilité de cette petite tumeur et en méme temps ‘souvent on constatera que les mouvements s’accompagnent de crépitation. Dans les fractures de la tête du cinquième métacarpien chez les boxeurs il ne faut aucunement se fier à la douleur, car ces gens s’habituent d’une façon étonnante aux traumatismes. |
Les fractures de la base des métacarpiens présentent outre les signes décrits, quelques symptômes particuliers.
Dans la fracture dela base du troisième métacarpien, on constate quelquefois un grand déplacement, qui s'explique par ce fait que le fragment détaché du métacarpien est entraîné par le tendon du deuxième radial auquel il reste attaché. La fracture de la base du cinquième s'accompagne d’une
douleur névralgique spéciale. Elle s'explique, dit Duroux, par les rapports de voisinage immédiat qui existent entre lapophyse de la base du cinquième métacarpien et la branche cutanée dorsale du cubital ou le rameau collatéral dorsal interne du petit doigt. Le pincement du nerf ou son irritation suflisent à expliquer les élancements douloureux, les fourmillements ou les phénomènes auesthésiques dont se plaignent les blessés.
. Dans la fracture de Bennett le gonflement, la gêne fonctionnelle et la douleur ne font jamais défaut, mais la crépitation et l’ecchymose sont souvent inconstantes. Il y a toujours une déformation de la base et un raccourcissement du pouce. On constate, dans ces cas, un signe décrit par Dorny, c’est le choc métacarpien, analogue au choc rotulien. Mais le caractère le plus important de celte lésion c’est la subluxation qui, facilement réductible, se reproduit spontanément. |
Les complications des fractures des métacarpiens sont heureusement peu fréquentes, et surtout les complications primitives. Les plaies extérieures ne sont pas à proprement parler des complications, et du reste les lésions des parties molles sont rares; plus importantes sont les fractures compliquées de luxation, comme le malade de Roux atteint de luxation du troisième métacarpien en arrière et de fracture du deuxième.
Les complications tardives sont plus nombreuses. Une fracture mal réduite, peut, par un cal difforme
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provoquer une impotence fonctionnelle presque complète. Nous rapportons une observation de la thèse d’Espagnon, dans laquelle il s’agit d’un malade de M. Mouchet qui dut subir une ostéotomie modelante suivie d’un bon résultat.
Ordinairement aisée la réduction ne se maintient que difficilement. Quand néanmoins le traitement vient à bout de cet obstacle tout n’est pas fini pour cela. « La fracture des métacarpiens peut être suivie de douleurs persistantes et d'une impotence prolongée de la main » (Tillaux). Cette considération, ajoute Dorny, devient plus sérieuse lorsque le premier métacarpien est en jeu. |
On a observé quelquefois de l’anesthésie et des. douleurs névralgiques dans les doigts correspondants.
Il peut se faire que si la fracture est abandonnée à elle-même, la consolidation ne se produise pas, et que.les deux fragments soient unis au trapèze par des adhérences fibreuses. Il peut se produire aussi des phénomènes d’ostéo-arthrite. Dorny en cite plusieurs cas. Ces arthrites ont d’autant plus d'importance que souvent elles siègent au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne de l'index ou du pouce-et que, par ce fait, elles gênent notablement les mouvements de préhension.
On a signalé également des cas de pseudarthrose.
Pichon en rapporte un cas intéressant le cinquième métacarpien.
Signalons enfin qu'il peut se produire des cals | exhubérants pouvant prod ire une déviation des